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Union nationale FAIL

Chez FailFaf, nous ne sommes pas amateurs des rasseblements post attentats. En novembre comme en janvier on ne cotoira pas la marseillaise et les drapeaux bleu blanc rouge. En novembre comme en janvier, nous trouvons à ces rassemblements un goût rance d’union nationale, de grande illusion. L’illusion que face à la barbarie abjecte de ces attentats, pourrait exister une solidarité entre prolos et patrons, entre migrants victimes des guerres et dirigeants menant ces guerres, entre fachos et antifascistes, entre oppresseurs et opprimés.

Pour autant hors de question de blâmer ou mettre dans le même sac toutes celles et tous ceux qui se rendent à ces rassemblement, souvent par instinct de solidarité collective, par besoin de ne pas affronter l’horreur seul-e.

Pourtant, les fachos y croient eux à l’effet « unité nationale ». Ils ont cru qu’ils pourraient en profiter pour débarquer avec leurs amalgames et qu’ils seraient les bienvenus auprès de tous les français pour faire payer les attentats de leurs alliés objectifs à tous les musulmants, tous les immigrés, les racisés…

Ce qu’il est advenu à Lille et à Metz leur prouve qu’ils ont eu tord et nous prouve qu’il y a des raisons d’éspérer et de se battre.

Les identitaires se pointent au rassemblement à Metz...

Les identitaires se pointent au rassemblement à Metz…

... et se font dégager par les manifestants ! Union nationale, mon cul.

… et se font dégager par les manifestants ! Union nationale, mon cul.

Pas de pause dans la lutte antifasciste, solidarité internationale avec toutes les victimes de ce système dégueulasse, de Paris à Homs. Guerre de classe.

Rassemblement Anti-racailles FAIL

Le 22 juin, quelques incidents ont éclaté à la suite de la victoire de l’équipe de football d’Algérie face à la Corée du sud. Des incidents, on l’a vu, totalement gonflés par l’intox d’extrême-droite et bien souvent provoqués par les flics eux-mêmes, comme à Roubaix, ou comme relaté ici, à Lyon où les flics n’ont pas supporté l’idée que les supporters pauvres et souvent issus de l’immigration sortent de leur quartier ghetto pour rejoindre le centre ville. Encouragés par leur succès d’estime sur internet, mais un peu vexés par le résultat de leur tentative d’agir dans la vraie vie qui ne fut pas de tout repos pour eux (voir la fin de l’article de La Gale), les identitaires ont voulu ratisser large en organisant un  » rassemblement anti-racailles  » lors du match Algérie-Russie, 3 jours plus tard.

Initié par Génération Identitaires (qui fait du buzz médiatique son unique marque de fabrique), son porte parole en tête, l’initiative est vite relayée par l’ensemble de l’extrême-droite, de l’UMP à jeune nation, comme nos amis Frank Guiot et Gabriac, en passant par des membres du FN, des cathos intégristes …

Exemples de comptes twitter ayant relayé l'appel au rassemblement anti-racailles.

Exemples de comptes twitter ayant relayé l’appel au rassemblement anti-racailles.

Comme on pouvait s’y attendre, l’initiative a rencontré un succès indéniable … sur internet, la page Facebook comptant actuellement 9000 Like.

Mais du virtuel au réel, le pas à franchir est parfois un pas de géant pour nos touts petits fachos. Pour juger de la réussite de leur rassemblement, le mieux est encore de laisser la parole aux fachos eux-mêmes.

Rassemblement anti-racailles : nous partîmes des milliers et nous arrivâmes à 8 ou 10.

Nous partîmes des milliers et nous arrivâmes à 8 ou 10.

Ils le disent eux-mêmes, malgré une couverture médiatique tout à fait injustifiable (le JT de TF1, rien que ça), leur initiative a été un flop total. Et désolé pour Sami Leretour, ce n’est pas que la page Facebook qui perd toute crédibilité, ce sont les fachos dans leur ensemble.

Une fois n’est pas coutume, les antifa sont plus cléments avec les fachos que les fachos eux-mêmes puisque le GALE parle d’une vingtaine de fachos en tout (mais éparpillés en plusieurs groupes). Pour le reste, ils confirment une humiliation totale de quelques fachos noyés dans une masse déterminée, obligés de courir et se cacher bien souvent. Plus de détails ainsi que le récit de la répression policière du 25 juin (car contrairement aux assertions des fafs, les violences policières sont au RdV) par La Gale.

Alerte antifasciste lundi 30 juin !

Ne gâchons pas notre plaisir, il y a de quoi rigoler de ce Fail magistral. Cependant, ce serait un grand tord que de considérer comme acquis que tout ira bien. Tout d’abord, le premier risque pour celles et ceux qui souhaiteront dans les temps à venir descendre dans la rue pour soutenir une équipe qui a le malheur non seulement de ne pas être la France, mais qui plus est d’être « arabe », vient bien entendu des forces de l’État. La répression a déjà tourné plein pot, mais la suite risque d’être encore bien pire, le préfet  annonçant par exemple pour ce lundi une réelle militarisation de Lyon.

Mais même des guignols nazillons, il faudra toujours se méfier tant qu’ils ne seront pas exterminés. Tout d’abord, même en étant peu nombreux, leur tactique peut évoluer et on n’est jamais à l’abri d’une petite ratonnade dont ils sont amateurs qui frapperait des personnes isolées et vulnérables. De plus, on sait que les mobilisations ont un côté aléatoire et peuvent vite passer de l’échec cuisant à la réussite (et vice-versa). Or, s’il est une qualité (?) qu’il faut reconnaître aux fafs, c’est un certain entêtement.

Dans le cas présent, ils persistent et appellent à des rassemblements le lundi 30 juin non seulement à Lyon, mais aussi à Lille, Roubaix, Maubeuge, Lens, Paris Champs-Élysées, Paris Barbès, Marseille et Nantes comme nous l’indique leur médium favori.

Pour l’occasion, à Lyon les fachos ont revu leur communication et n’appellent plus à un  » rassemblement anti-racailles  » (trop évidemment synonyme de volonté de ratonnade) mais à fêter le parcours de l’équipe de France. De même, à Roubaix, ils essayent de faire croire qu’ils sont contre les casseurs en général, publiant même des articles donnant la parole à des algériens qui condamnent les violences, à Babès, ils tentent le très consensuel « contre la violence ». Cela dit, les visuels utilisés et les commentaires sur les pages FB ne laissent aucun doute ni sur le public visé et le racisme inhérent aux initiatives, ni sur l’envie d’en découdre (enfin plutôt sur le fantasme d’en découdre en ayant largement le dessus !). Sans compter que leur camarades d’autres villes n’ont pas pris les mêmes gants.

Au final, le visuel et le mot d’ordre laissant le plus clairement voir la volonté des fachos sont encore ceux des lyonnais dont l’ironie sans aucune finesse laisse clairement entendre les velléités de ratonnade.

Ils ne se fouteraient pas un peu de notre gueule les anges de la cyber-réalité nazillone ?

Ils ne se fouteraient pas un peu de notre gueule les anges de la cyber-réalité nazillone ?

Il est primordial de ne pas laisser le moindre espace aux fachos ce lundi soir, les laisser agir en toute impunité serait leur offrir une occasion de reprendre la confiance, ce qu’on ne peut pas se permettre. A Lyon, leur échec du 25 tient en partie à l’important travail des antifascistes qui ont préalablement sensibilisé la population par voie de tractages, discussions… et qui par leur présence (d’ailleurs largement diffusée par les fachos qui tentent de faire croire à une manipulation des populations ignares par de machiavéliques antifascistes qui sont les vrais fascistes) ont aidé à repérer les fachos et à les interdire de séjour.

La coordination libertaire antifasciste de Lyon appelle à la mobilisation contre les violences policières et les menaces des fachos.

Ce lundi, partout en France et principalement dans les villes sus-citées, les antifascistes doivent s’organiser entre eux et se mobiliser massivement auprès de la population afin d’aider les personnes descendues dans la rue à ne pas se faire arrêter ni blesser par les flics, à faire respecter leurs droits, à débusquer et chasser les fachos !

Colère réactionnaire FAIL, antifascisme révolutionnaire WIN

En janvier, ils étaient environ 16 à 20 000 à défiler dans les rues de Paris au son de slogans antisémites et racistes, agressant les journalistes… Forts de cette réussite, les fachos de jour de colère avaient annoncé « une deuxième saison » pour ce week-end du 5 et 6 avril. Le but était cette fois-ci de décentraliser la mobilisation en organisant des manifestations dans 8 villes de province (ils entendent par là les autres régions que l’Île-de-France) afin de pouvoir mobiliser plus de monde. Le résultat est sans appel, la tôle des fachos ce week-end est comparable à celle des socialos le weekend précédent, c’est pour dire. En effet, sur neuf initiatives, ils n’ont pas rassemblé 1000 personnes. L’organisation regroupait pourtant tout ce que la France peut compter de fachos, dans toute leur diversité. On y retrouvait des ultra libéraux se revendiquant des mouvements « pigeons » ou « bonnets rouges », des antisémites à la mode Pétain de jeune nation (resucée des Jeunesses Nationalistes soit-disant dissoutes), des antisémites plus modernes (et parfois même issus de l’immigration, quelle horreur aux yeux des précédents), soutien de Dieudonné, des électoraliste du FN et des boneheads du MAS, des royalistes, des cathos intégristes, des identitaires… Sur l’ensemble des villes, l’échec est cuisant, sans exception. L’autre constante, c’est le mal que s’est encore et toujours donné la police pour protéger les nazillons. Petit tour de France des Fail des fachos de ce weeekend.

Jour de colère à Tours ?

La manifestation antifasciste à Tours, le 6 avril

La manifestation antifasciste à Tours, le 6 avril

Comment ça un cortège antifasciste ? Et pas la moindre photo de fachos tourangeaux pour illuster cet article ? Pas même Pierre Louis Mériguet s’adonnant au lancé de chaise, son sport préféré ? Il n’y a pas de photo du Jour de colère saison 2 à Tours, tout simplement parce que la manifestation initialement prévue n’a pas eu lieu. Quelques jours avant la manifestation, Jour de Colère 37 a finalement annoncé qu’ils annulaient leur manifestation et appelaient à rejoindre celle de Nantes. Les raisons données ? Les craintes liées à un appel à contre-manifester et à leur incapacité à assurer leur propre sécurité. Un premier Fail pour les fachos donc, mais aussi et avant tout contre tou-te-s celles et ceux qui disent régulièrement que la mobilisation antifasciste ne sert à rien, que les manifs et contre-manifs, c’est inutile.

Les antifascistes tourangeaux auraient pu se contenter de cette première victoire et rester au chaud chez eux. Mais ils ont choisi de maintenir la mobilisation prévue et ont occupé la ville en l’absence des fachos partis gouter l’air nantais. Un cortège de 150 antifascistes a mené une manifestation dynamique, émaillée de violences policières qui ont causé deux blessés. Voir le compte-rendu du Collectif Antifasciste Tourangeau.

Jour de colère à Bordeaux

Bordelais, craignez leur colère !

Bordelais, craignez leur colère !

Ok, on va être honnête, nos deux valeureux militants en colère (et féminine mais pas féministe) ont reçu le renfort de quelques congénères, ce qui leur a permis de défiler dans les rues … à au moins 40 !

Jour de colère à Caen

Jour de colère 2, à Caen

Jour de colère 2, à Caen

Cette fois, pas de blague. On vous promet que cette photo montre bien l’ensemble des fachos mobilisés pour le jour de colère à Caen. Si on excepte les passants dans le fond et les fonctionnaires de police (ce qui est certes très discutable, mais comme ils sont payés pour y être, ça ne compte pas), le décompte précis n’atteint pas 20 manifestants ! Nous ne nous étendrons pas sur l’unique slogan inscrit sur leur banderole.

Jour de colère à Dijon

« Sans fachos, la fête est plus folle »

Le défilé facho dijonnais parait vivant à côté du tableau caennais. Il y avait dans l’est de nombreuses banderoles et drapeaux, presque autant que de manifestants. La seule banderole siglée était celle du Parti de la France, derrière laquelle défilait un manifestant portant d’ailleurs fièrement le T-Shirt de génération identitaires, probablement la version faf du métissage. Parmi les drapeaux, outre ceux de la manif pour tous, on dénombrait aussi des drapeaux français, un drapeau floqué du cœur vendéen et un drapeau breton, sûrement l’internationalisme à la mode fachos. Les slogans étaient aussi hétéroclites, des slogans antisémites (visant entre autres Rebsamen, le maire de Dijon), des slogans racistes (visant Valaud-Belkacem, Désir et surtout Taubira), des slogans homophobes, d’autre contre les francs-maçons… Pour un peu, les fachos auraient presque pu s’estimer satisfaits. Sauf qu’en fait, ils étaient à peine 50. Sauf qu’en face, les festivités antifascistes ont réuni plus de 500 personnes place Wilson. Sauf que nos glorieux combattants en colère n’ont pu défiler que grâce à la très forte présence policière qui a maintenu à distance la contre manifestation antifasciste qui se serait fait un plaisir de les dégager de là !

Les CRS ont parfois payé de leur personne pour protéger les fachos

Les CRS ont parfois payé de leur personne pour protéger les fachos

Jour de colère à Lille

A Lille, la mobilisation était organisée par un militant frontiste. Civitas, les identitaires et surtout un « gros » cortège d’une vingtaine de militants du Mouvement d’Action Sociale (MAS) étaient visibles. En tout une centaine de personnes, plutôt déçues de ne pas être plus.

Jour de colère à Lyon

Alexandre Gabriac est-il caché derrière ce drap ?

Alexandre Gabriac est-il caché derrière ce drap ?

Lyon se veut un peu ces derniers temps la capitale de l’extrême-droite radicale. Accordons-le leur, au jeu de « qui a la plus grosse », les lyonnais ont battu leurs camarades des autres villes (normal pour la capitale des gaules). En même temps, c’est surtout inquiétant pour les autres villes. Car, loin des milliers de manifestants espérés, le GUD, les identitaires, Jeune Nation etc… n’étaient pas plus de 300, tout compris !

Jour de colère à Montpellier

A Montpellier, ce n'est clairement pas l'extrême-droite qui tenait la rue !

A Montpellier, ce n’est clairement pas l’extrême-droite qui tenait la rue !

Montpeul, c’est le pays de la ligue du midi, et donc le bastion du Réseau Identité. C’est aussi à quelques kilomètres de Béziers qui a connu récemment la victoire électorale de Robert Ménard sous les couleurs bleues marine. Le Front National ainsi que la famille Roudier et ses troupes identitaires étaient bien présents, et ont ainsi pu partager la débâcle d’une centaine de fachos dans une ville où défilaient plus d’un millier d’antifascistes !

Jour de colère à Nantes

Nantes a donc reçu le renfort des fachos tourangeaux. La capitale bretonne accueillait donc toute l’extrême-droite de Bretagne, des Pays-de-la-Loire, du Centre… Malgré cela, ils n’étaient pas 150 à brailler leurs obscénités. Les hommens se sont donc caillé les miches pour pas grand chose et les nationalistes pas très fixés (la banderole de tête proclamait « français en colère » mais n’était suivie que de drapeaux bretons) ont tout le temps de réfléchir à leurs paradoxes. Pendant ce temps, la police a su faire régner l’ordre (demain l’ordre nouveau ?) en interpelant « préventivement » une quinzaine de militants antifascistes pour éviter que ne soit perturbée la marche fascisante.

Jour de colère à Paris

Si on était sympa, on ne parlerait pas de Paris. Il faut dire que cette saison deux (et mon petit doigt me dit que ça devrait être la dernière) était consacrée à la province. Pourtant, des appels à se rassembler devant l’hôtel de ville et les mairies d’arrondissement (pour y jeter du PQ, waouh…) existaient. Rien devant les mairies d’arrondissement, une quinzaine de supporters de Dieudonné venus prendre la pose avec leur ananas et en faisant des quenelles, le ridicule ne tue pas… on confirme !

Jour de colère à Toulouse

Mais si, regardez bien, il y a une manif derrière le SO, loin dans le fond !

Mais si, regardez bien, il y a une manif derrière le SO, loin dans le fond !

20 fachos cagoulés à faire le service d’ordre autour d’un capitole vide. Au fond, même pas autant de fachos rassemblés derrière leurs banderoles illisibles du public. Le voilà l’immense jour de colère toulousain, celui qui devait servir aux masses populaires à s’élever contre la dictature socialiste.

En face, un cortège antifasciste coloré et animé a réuni 250 toulousains et toulousaines. Ils ont pu affirmer l’espoir révolutionnaire face au « parti du désespoir contre-révolutionnaire » qu’incarne le fascisme de jour de colère. Mais que les lecteurs fachos (et ils sont nombreux, je les vois) se rassurent pour leurs amis toulousains : cette fois, les flics sont intervenus suffisamment tôt et avec suffisamment d’ampleur pour leur éviter la moindre confrontation, puis les ont généreusement exfiltré, comme au bon vieux temps. La répression policière se solde par 9 interpellations, 5 gardes-à-vue et 2 blessés chez les antifascistes, à suivre pour la répression judiciaire. Compte-rendu détaillé sur le blog de l’UAT.

Le cortège antifasciste à Toulouse

Le cortège antifasciste à Toulouse

En guise de conclusion provisoire :

1. Contrairement aux fantasmes dystopiques de certains, les fachos ne sont pas emportés par une spirale de réussite croissante sans limite. La période leur réussit et ils savent se servir des possibilités qui leurs sont offertes, pour autant, ils sont loin de devenir hégémoniques, sont eux aussi confrontés à leur manque de perspectives claires, à leur dissensions, leurs difficultés stratégiques…

2. Là où les antifascistes ont réellement organisé la mobilisation, elle fut réussie, nettement plus que celle des fachos. En soit, c’est déjà une victoire, pas uniquement symbolique, qui va leur faire perdre un peu d’assurance et donc d’initiative. En plus, comme on le voit à Tours, la mobilisation antifasciste n’est pas inutile, il y a moyen par notre entêtement à renvoyer les fachos chez eux. Nous devons à tout prix occuper le terrain, être à l’offensive sur tous les fronts, être porteurs de valeurs et de projets. Leurs avancées sont faites de nos reculs, heureusement nos avancées font aussi leurs reculs.

3. On le répète sans cesse, mais les flics ne sont et ne seront jamais de notre côté. Le fait qu’ils aient gazés trois fachos homophobes au moment des manifs pour tous n’en fait pas des alliés. Sur le chemin de notre combat antifasciste se dressera toujours l’État et son bras armé. Nous devons le savoir et préparer notre combat contre les fachos et contre l’État et ses serviteurs. Serviteurs qui ne peuvent donc pas être nos alliés, on ne peut à la fois militer dans des collectifs avec les organisations au pouvoir, combattre leur politique raciste et leur flicaille.

22 mars : tour du monde antifasciste WIN

Bim, un article de CR de la journée internationale de lutte antifasciste du 22 mars … plus de 15 jours après ! Désolé, on sait que les internet vous ont habitué à l’information immédiate, mais ici, ce n’est pas BFN-TV. On travaille à son rythme et on livre ce qu’on veut quand on le peut. Alors, si il y a des infos que vous aviez déjà, sautez 3 lignes, on vous a quand même trouvé quelques infos et photos sympas, et puis l’avantage d’un compte-rendu, c’est que ce n’est jamais dépassé. Deux ou trois semaines après, ça n’a pas changé et il y a toujours nécessité à essayer d’en tirer des conclusions et analyses.

Le 22 mars 2014, une journée internationale de lutte antifasciste était appelée par les militants grecs de Keerfa (voir leur appel). L’idée d’une journée où les antifascistes passent de l’internationalisme symbolique à sa transposition en acte en montrant qu’au delà des frontières les antifascistes sont unis dans un même combat contre de mêmes ennemis était plus qu’intéressante. De plus, la situation spécifique grecque (Aube dorée, puissance des mobilisations sur place…) donnait aux antifascistes de ce pays une sorte de légitimité les rendant plus aptes à voir leur mot d’ordre repris à l’échelle mondiale.

Pour autant, la difficulté à réussir ce genre d’appel réside dans les agendas et donc les rythmes de mobilisations qui sont différents d’un pays à l’autre et même, au sein des pays, d’une ville à l’autre. Il suffit pour s’en convaincre de faire le tour des principales mobilisations antifascistes qui ont eu lieu dans la semaine précédent le 22 pour s’en convaincre.

Par exemple, à Tokyo, le 16/12, le mouvement d’extrême-droite nationaliste et raciste (particulièrement envers les coréens) Zaitokukai organisait une parade et les antifascistes japonais ont décidé de les contrer en organisant un « mur humain antifasciste » inspiré de ce qui se fait tous les ans à Dresde. A une échelle évidemment moindre qu’en Allemagne, la mobilisation antifasciste fut une victoire puisqu’ils étaient trois fois plus nombreux que les fachos.

Manifestation antifasciste à Tokyo le 16/3

Manifestation antifasciste à Tokyo le 16/3

Manifestation antifasciste à Tokyo le 16/3

A Londres, United British Patriot espérait asseoir sa position de nouvelle première organisation faf britannique (profitant des multiples scissions de l’EDL) en organisant une « marche sur le parlement » sous le nom d’ English Volounteer Force (EVF). Réunissant à peine 100 personnes, les fachos ne doivent leur relative intégrité physique qu’à la protection policière qui a préféré s’en prendre aux 150 antifascistes présents qu’aux fachos qui voulaient soit-disant marcher sur le parlement. On dénombre 13 arrestation chez les antifascistes, mais on ne fera pas même semblant d’être surpris (compte-rendu plus complet ici).

Contre-manifestation antifa à Londres le 15/03

Contre-manifestation antifa à Londres le 15/03

Flicaille dépêche toi, les fachos ont besoin de toi

Flicaille dépêche toi, les fachos ont besoin de toi

Dans la série mort aux vaches (ou plutôt de la paradoxale mais néanmoins structurelle collusion des clowns fascistes et de la police républicaine, soi-disant ennemis), on peut glisser deux mots sur le bar franquiste Casa Pepe à Santa Elena, en Andalousie, qui n’a compté pour rester entier que sur un impressionnant dispositif policier lors du passage de la Columna Andaloucia (nom d’une des marches qui a convergé vers Madrid où 2 Millions de personnes ont manifesté contre l’austérité et le capitalisme le 22/03. Ce nom est un hommage à la milice anarchiste du même nom pendant la guerre civile de 36-37).

Le bar franquiste Casa Pepe lourdement protégé par la garde civile

Le bar franquiste Casa Pepe lourdement protégé par la garde civile

Aux états-unis, les nazis appelaient sur internet à une grande marche suprématiste le 15 mars, décentralisée dans chaque État et intitulée « White Man March » à laquelle ils prétendaient même donner une importance mondiale dans la lutte contre le métissage qui menacerait la race blanche.

La première leçon qu’on peut en tirer, c’est que leur mobilisation a été microscopique. Six connards à un carrefour à Birmingham,  en Alabama, deux pour tenir une banderole le temps d’une photo à diffuser sur internet dans le Kentucky et à Branson dans le Missouri …

L'immense manifestation suprématiste de Branson, Missouri

L’immense manifestation suprématiste de Branson, Missouri

La deuxième leçon, c’est que par contre dans plusieurs États, les antifascistes se sont très bien mobilisés et ont humilié les néonazis. En Arizona, les nazis devaient manifester à Tempe, dans la banlieue de Phoenix. Deux cortèges antifascistes, l’un de type black bloc, l’autre plus familial, ont massivement convergé vers le lieu prévu par les nazis qui ont du annuler.

Manifestation antifasciste à Tempe, Arizona

Manifestation antifasciste à Tempe, Arizona

Scénario similaire dans l’Oregon

Dans l’Illinois, les antifascistes attendaient les nazis qui avaient RDV à 16h à Centralia. A l’heure dite, un seul nationaliste s’est pointé et a du repartir comme il a pu sous les coups de poings et les gaz lacrymogènes. Brandon Lashbrook, l’organisateur, affirme pour sa part être venu et avoir défilé … à 18h et seul avec sa copine (résumé ici) !

A Istanbul, l’heure était à la rage mais pas à la fête pour les antifascistes qui participaient le 15 mars aux funérailles de Berkin Elvan, jeune antifasciste de 15 ans assassiné par les flics. 2 Millions de personnes ont célébré ses obsèques la rage au ventre. Loin de faire profil bas, la flicaille turque a été fidèle à elle même, arrêtant 417 personnes, en blessant 52.

2 Millions de manifestants aux obsèques de Berkin Elvan

2 Millions de manifestants aux obsèques de Berkin Elvan

En Suède aussi, l’ambiance était à la tristesse autant qu’à la combattivité. Suite à l’agression par des néo-nazis de plusieurs militants féministes, antifascistes et socialistes le 8 mars à Malmö plusieurs d’entre eux ont été gravement blessés à l’arme blanche. Parmi eux, Showan Shattak ultra supporter de Malmö FF, particulièrement engagé dans la lutte antifasciste et contre l’homophobie dans les stades, a été poignardé et est toujours plongé dans le coma. Dimanche 16 mars, ce ne sont pas moins de 10.000 personnes qui ont manifesté leur solidarité et leur haine antifasciste à Malmö.

Des manifestations ont également eu lieu au Danemark, à Hambourg et dans différentes villes suédoises comme Göteborg, Luleå ou Umeå…

Le 16 mars, 2000 manifestants antifascistes à Goteborg, #KampäShowan

Le 16 mars, 2000 manifestants antifascistes à Goteborg, #KampäShowan

En France la principale cause de manifestation cette semaine là peut paraître plus futile, mais il était nécessaire de ne pas laisser le Front National faire sa campagne tranquillement sans riposter. De plus, comme à Lille où les antifascistes ont relayé le mot d’ordre Kampä Showan, ces manifestations contre le FN étaient aussi l’occasion de mener d’autres campagnes.

Manifestation antifasciste lors de la venue de Marine Le Pen à Lille le 20/03/2014

Manifestation antifasciste lors de la venue de Marine Le Pen à Lille le 20/03/2014

Bref, on ne va pas passer des plombes à lister toutes les mobilisations qui ont eu lieu de par le monde cette semaine là, ces quelques exemples suffiront à montrer qu’elles ont été nombreuses et chacun comprendra bien l’inconvénient ; les forces mises dans la préparation de ces mobilisations éparses n’étaient pas mises dans la construction de la journée internationale du 22 mars. Pourtant, malgré cet éparpillement, la date du 22 mars a été prise en charge rigoureusement dans de nombreuses villes du monde entier.

Affiches d'appel à quelques unes des manifestations pour le 22 mars

Affiches d’appel à quelques unes des manifestations pour le 22 mars

Vous trouverez ci-dessous quelques chiffres et photos des différentes manifs dans le monde, triées par pays, dans l’ordre alphabétique. Il n’y a pas de quoi crier victoire, la mobilisation, très inégale, était globalement très insuffisante. Les initiatives prises le même jour n’étaient pour autant pas réellement coordonnées ni coorganisées d’un pays à l’autre. Mais la proximité des thèmes abordés, la nécessité partout affichée de devoir s’en prendre à la main qui le nourrit (le capitalisme) pour un jour tuer le fascisme, les dizaines de milliers de manifestants au travers le monde… sont un signe d’encouragement à faire mieux chaque jour. Derrière le fascisme, se cache le capital, la lutte antifasciste, est internationale !

Allemagne

A Berlin, une manifestation dynamique et combattive a réuni un millier d’antifascistes sur lesquels une violente répression policière s’est abattue.

Angleterre

A Londres, environ 6000 antifascistes ont défilé jusque Trafalgar Square

A Londres, environ 6000 antifascistes ont défilé jusque Trafalgar Square

Brésil

Les antifascistes brésiliens étaient surtout mobilisé par la grande journée antifasciste du 1er avril, 50ème anniversaire du coup d’état fasciste. ça ne les a pas empêché d’organiser des manifs plus ou moins importantes le 22 à São Paulo, Rio de Janeiro, Florianopolis, Campinas, Bauru, Cuiaba, Recife, Fortaleza, Sobral, ou encore Criciuma. La plupart de ces manifestations portaient soit sur l’anniversaire du coup d’état, soit étaient des contre-manifestations face à des « marches des familles » organisées par des fachos (toute ressemblance avec des évènements survenus en France…).

Ils n’étaient que quelques dizaines à Campinas :

ou encore à Fortaleza :

Mais plus de 1500 à São Paulo :

A Rio de Janeiro, les flics ont attaqué le cortège antifa, sous l’œil ravi des fachos qui réclamaient le retour de la dictature :

(plein de photos et vidéos ici).

Catalogne

"Unité contre le sexisme et le racisme" Ils étaient 5000 à défiler à Barcelone malgré la concurrence de la manif centrale à Madrid qui a regroupé 2Millions de personnes.

Corée du sud

En Corée du sud aussi, le 22 mars a mobilisé

En Corée du sud aussi, le 22 mars a mobilisé

Danemark

A Copenhague, un millier d'antifascistes ont tenu le pavé

1000 manifestants contre le fascisme et le racisme à Glasgow
1000 manifestants contre le fascisme et le racisme à Glasgow

Euskadi

Ils étaient plusieurs centaines d'antifascistes dans les rues de Bilbao

Ils étaient plusieurs centaines d’antifascistes dans les rues de Bilbao

La manifestation devant la prison de Baiona (Bayonne)

La manifestation devant la prison de Baiona (Bayonne)

États-Unis

A Chicago (1ère photo) et à New-York (2ème photo) des antifascistes ont manifesté vers le consulat de Grèce.

Bilinguisme de rigueur pour la manif antifa de Chicago

Bilinguisme de rigueur pour la manif antifa de Chicago

 France

A Avignon aussi, les slogans antifascistes ont résonné malgré une pluie battante !

A Avignon aussi, les slogans antifascistes ont résonné malgré une pluie battante !

A Nantes, ils étaient 200 derrière cette magnifique banderole

A Nantes, ils étaient 200 derrière cette magnifique banderole

Une centaine de personne a défilé derrière la banderole du Bloc AntiFasciste de Nancy

Une centaine de personne a défilé derrière la banderole du Bloc AntiFasciste de Nancy

A Paris, l’Union Nationale des Sans-Papiers a été à l’initiative d’un appel assez large. La préparation a été prise en charge assez rigoureusement par certains groupes. Par exemple, outre les traditionnels tracts et affiches, la communication des semaines précédentes s’est appuyée sur des supports plus inhabituels : banderoles, tags …

Banderole déployée la semaine précédent la manif

Banderole déployée la semaine précédent la manif

 

A Paris, ils étaient 3000 à manifester à l'initiative de l'Union Nationale des Sans-Papiers

A Paris, ils étaient 3000 à manifester à l’initiative de l’Union Nationale des Sans-Papiers

(On trouvera un compte-rendu complet ici, ainsi qu’une vidéo et quelques photos).

La coordination sans-papier Bretagne s’est saisie de la date du 22 pour organiser un rassemblement devant le Centre de Rétention Administrative de Saint-Jaques-de-la-Lande, à côté de Rennes. 250 à 300 personnes sont venues y dénoncer toutes les expulsions et le principe même de la rétention administrative.

Manifestation contre toutes les expulsions devant le CRA de Saint-Jaques-de-la-Lande

Manifestation contre toutes les expulsions devant le CRA de Saint-Jaques-de-la-Lande

La manifestation antifa du 22 mars à Strasbourg

La manifestation antifa du 22 mars à Strasbourg

A Strasbourg, malgré les tentatives de magouilles et de division des réformistes plusieurs centaines de manifestants ont pu faire entendre la voix d’un véritable antifascisme radical (explications, photos et nombreuses vidéos ici)

A Toulouse, ils étaient environ 300 à 400.

A Toulouse, ils étaient environ 300 à 400.

Grèce

A Athènes, ils étaient plusieurs milliers de migrants et antifascistes (au moins 4000).

Ils étaient un millier à défiler dans la ville Crète de La Canée.

Manifestation antifasciste à Cork, également dans le sud de l'Irlande

Manifestation antifasciste à Cork, également dans le sud de l’Irlande

Plus de 200 manifestants contre le racisme à Dublin également.

Plus de 200 manifestants contre le racisme à Dublin aussi.

 Italie

Cortège des étudiants antifascistes lors de la manif de Naples.

Cortège des étudiants antifascistes lors de la manif de Naples.

Grosse ambiance lutte des classes à Rimini, pour les quelques centaines d'antifascistes présents

Environ 700 personnes ont défilé à Cardiff (pays de Galles) contre le racisme et le fascisme

Environ 700 personnes ont défilé à Cardiff (pays de Galles) contre le racisme et le fascisme

Toutes les manifestations ne sont pas recensées ici. Il y avait par exemple des manifestations dans plusieurs villes de Grèce, à Lyon, en Italie, à Melbourne, à Séville, en Amérique du sud … Cela dit, ces quelques reports donnent déjà une idée. Mais la mobilisation ne s’est pas cantonnée à des manifestations. Dans plein de villes se sont également tenus des débats, ateliers pratiques, repas de solidarité, projections de films, concerts, expos …. les idées n’ont pas manqué.

Au Pays Basque, Baiona (Bayonne) et Kanbo (Cambo-les-bains) se sont répartis manif, repas, débat et concerts

Au Pays Basque, Baiona (Bayonne) et Kanbo (Cambo-les-bains) se sont répartis manif, repas, débat et concerts

A Bruxelles, plusieurs organisations organisaient un débat à 18h, suivi d’un concert.

 

A Marseille, le collectif MSED a tenu toute la journée un festival au programme chargé. Le soir, l’AFA Marseille organisait un super concert.

Du Punk et du Hip Hop antifa le 22 au soir à Marseille.

Du Punk et du Hip Hop antifa le 22 au soir à Marseille.

 

Journée antifasciste chargée à Strasbourg !

Journée antifasciste chargée à Strasbourg !

https://rebellyon.info/?Mobilisation-contre-la-montee-du-fascisme

 

 

Veilleurs FAIL (2)

La banderole des veilleurs de Lille

« Allo les veilleurs? Ici les antifa lillois, je crois que vous avez perdu une banderole… »

Le mardi 28 mai à Lille, les veilleurs (sortes de salafistes chrétiens) ont été empêché de faire une prière de rue afin d’imposer leur charia (« chemin pour respecter la voie de Dieu ») à la république par une bande de fans de Sardou. Pour y voir un peu plus clair allez lire cet article de l’excellent site lutte en nord.