Archives par étiquette : islamophobie

Union nationale FAIL

Chez FailFaf, nous ne sommes pas amateurs des rasseblements post attentats. En novembre comme en janvier on ne cotoira pas la marseillaise et les drapeaux bleu blanc rouge. En novembre comme en janvier, nous trouvons à ces rassemblements un goût rance d’union nationale, de grande illusion. L’illusion que face à la barbarie abjecte de ces attentats, pourrait exister une solidarité entre prolos et patrons, entre migrants victimes des guerres et dirigeants menant ces guerres, entre fachos et antifascistes, entre oppresseurs et opprimés.

Pour autant hors de question de blâmer ou mettre dans le même sac toutes celles et tous ceux qui se rendent à ces rassemblement, souvent par instinct de solidarité collective, par besoin de ne pas affronter l’horreur seul-e.

Pourtant, les fachos y croient eux à l’effet « unité nationale ». Ils ont cru qu’ils pourraient en profiter pour débarquer avec leurs amalgames et qu’ils seraient les bienvenus auprès de tous les français pour faire payer les attentats de leurs alliés objectifs à tous les musulmants, tous les immigrés, les racisés…

Ce qu’il est advenu à Lille et à Metz leur prouve qu’ils ont eu tord et nous prouve qu’il y a des raisons d’éspérer et de se battre.

Les identitaires se pointent au rassemblement à Metz...

Les identitaires se pointent au rassemblement à Metz…

... et se font dégager par les manifestants ! Union nationale, mon cul.

… et se font dégager par les manifestants ! Union nationale, mon cul.

Pas de pause dans la lutte antifasciste, solidarité internationale avec toutes les victimes de ce système dégueulasse, de Paris à Homs. Guerre de classe.

Pegida France : lancement FAIL

Nous avions déjà évoqué ici les mobilisations fascistes HoGeSa, en Allemagne. Ces mobilisations surfant sur l’islamophobie avaient d’abord connu un gros succès avant de marquer le pas. Les initiateurs ont su tirer les conclusions qui s’imposaient tant du potentiel révélé que de ses limites. Ils ont donc décidé de faire muer leur mouvement vers quelques choses visant un plus large public que les hooligans et HoGeSa est devenu PEGIDA (patriotes européens contre l’islamisation de l’occident).1

Parti de Dresde, Pegida a connu d’emblée un réel succès. Le pari des organisateurs est de faire de la question de l’islamophobie un catalyseur en vue d’une recomposition du champs politique réactionnaire allemand vers l’extrême droite. Les manifs pour tous, dont des représentants étaient allés manifester sans succès en Allemagne et y rencontrer des néonazis locaux, figurent évidemment parmi les inspirations du mouvement, l’islamophobie jouant ici le rôle de l’homophobie alors.

Forts dans leur bastion de l’ex-RDA, le défi pour PEGIDA réside dans sa capacité à s’étendre sur tout le territoire allemand. Mais pas seulement. Car le nom du mouvement annonce la couleur, l’ambition des fachos est supra-nationale ; leur but est de créer un grand mouvement de tout l’occident (enfin, l’occident blanc, chrétien, hétérosexuel, cis, capitaliste … faut pas exagérer non plus !). Ainsi, si les fascistes anglais, trop habitués aux déculottées sur leur territoire, préfèrent rejoindre leurs camarades allemands (voir impression d’écran infra), des mouvements PEGIDA se lancent en Suisse, en France et en Belgique notamment.

L'ex leader de l'English Defense League annonce la venue de fachos anglais aux manifs PEGIDA allemandes du 5 janvier.

L’ex leader de l’English Defense League annonce la venue de fachos anglais aux manifs PEGIDA allemandes du 5 janvier.

Comme le signalaient nos voisins de plateforme de Bordeaux Bordel, c’est à Libourne que l’offensive française était lancée sous l’égide de  Christine Waneukem. Si on n’était pas matérialistes, on pourrait penser que la date choisie était de mauvaise augure. En effet, si la date était choisie pour s’aligner sur la mobilisation allemande, cette dernière pourrait bien être un point de bascule vers la pente descendante. En réalité, dès la précédente mobilisation du 22 décembre, les choses n’allaient plus si bien pour les fachos allemands. Dans plusieurs villes, les fachos étaient jusque 10 fois moins que les contre-manifestants antifascistes : 250 contre 2500 à Bonn, 200 contre 2000 à Bonn, sans compter les 12000 antifascistes réunis à Munich… et le pitoyable échec de la première tentative de manif à Berlin où ils n’étaient … que 3, rapidement chassés par les antifascistes ! Pour autant, les organisateurs restaient optimistes pour la rentrée 2015. Le bras de fer était lancé entre fachos et antifascistes pour ce 5 janvier, et ils sembleraient que les guerriers de l’occident chrétien ne l’ont pas gagné ! Si dans le fief de Dresde, ils étaient entre 15 et 20 000, soit autant voir plus que le 22 décembre, partout ailleurs ils ont été écrasés sous le nombre.

A Berlin, les fachos avaient beaucoup misé pour laver l’affront ayant clos 2014. Las, leurs 300 à 500 manifestants ont été littéralement bloqués par 5 à 6 000 antifascistes et ont du plier bagage sans avoir pu manifester.

A Berlin, les fachos de PEGIDA n'ont pas pu manifester, encerclés et bloqués par les antifascistes.

A Berlin, les fachos de PEGIDA n’ont pas pu manifester, encerclés et bloqués par les antifascistes.

A Marburg, Stuttgart, Rostock ou  Munich les fachos n’ont pas mobilisé plus de quelques centaines de personnes, chaque fois face à des milliers d’antifascistes. Le cortège antifasciste le plus impressionnant était à Cologne, où il a regroupé plusieurs dizaines de milliers de manifestants !2

Plusieurs dizaines de milliers de manifestants antifascistes à Cologne (20 000 à 50 000 )

Plusieurs dizaines de milliers de manifestants antifascistes à Cologne (20 000 à 50 000 )

A Cologne face à la forte mobilisation antifasciste, les quelques fachos présents replient piteusement bagages sous bonne protection policière.

A Cologne face à la forte mobilisation antifasciste, les quelques fachos présents replient piteusement bagages sous bonne protection policière.

Bref revenons en aux émules françaises, et à leur fer de lance aquitain. Afin d’éviter de paraitre trop impartiaux, nous laisserons l’organisatrice faire elle-même le compte-rendu de la mobilisation d’hier.

Mouarf !

Hélas, d’autres mobilisations sont en préparation dans différents pays dont la France où une manifestation est prévue à Paris le dimanche (habitus manif pour tous) 18 janvier à l’initiative de Riposte Laïque « pour exiger l’expulsion de tous les islamistes de France » (sic). On ne peut malheureusement pas compter sur le fait de n’avoir qu’un seul facho à se mobiliser cette fois, et pour être sûr de nettement les inférioriser, il faudra être beaucoup plus que trois à aller les contrer. Pour vous tenir au courant des initiatives PEGIDA et des contre initiatives, consultez régulièrement la page Facebook (oui, oui, on sait) NON a Pegida en France.

  1. même si officiellement, Pegida est une initiative individuelle sans aucun lien avec HoGeSa, poussant même l’hypocrisie jusque jouer les antinazis en adoptant un logo où la croix gammée est jetée à la poubelle. La réalité est bien différente de cette façade virginale et les nazis d’HoGeSa sont évidemment présents dans et derrière les manifs PEGIDA. []
  2. Si l’échec est cuisant pour les fachos, nous nous gardons cependant de tout triomphalisme, tout d’abord la très grosses mobilisation à Dresde montre combien le problème est ancré dans une partie des couches populaires. Surtout, la contre-mobilisation antifasciste a été en grande partie phagocytée par le SPD (les socio-libéraux locaux) et tenait du grand front républicain laissant la part belle aux patrons, aux institutions, aux Églises… Il est évident que si l’irruption des masses populaires pour faire barrage aux fachos est incontestable et salutaire, une telle mobilisation sans le moindre contenu ne résoudra aucun problème et ne permettra pas de battre l’extrême droite à plus long terme []

Conte de noël FAIL

Messages codés

Ces dernières années, les fachos aiment jouer aux messages codés. Ce jeu consiste à remplacer un mot par un autre, ainsi on ne dit plus qu’on n’aime pas « les juifs » mais « les sionistes », on ne dit pas qu’on lutte contre les « arabes » (les crouilles, les bicots…) mais contre « les islamistes » et on ne dit pas « je suis islamophobe » mais « je défend la laïcité » (ce jeu du message codé existe aussi en version mime Marceau, ne faites plus un salut nazi mais une quenelle).

La laïcité sauce facho

Ce qui facilite grandement le jeu des messages codés version facho, c’est leur connerie indéfectible. Ils sont en effet incapables de ne pas se dévoiler (il semblerait que ce soit une obsession chez eux). C’est par exemple le cas du soralien qui affirme deviner le sionisme d’une personne à cause de la consonance de son nom de famille ! Au mois de novembre, c’est Riposte Laïque qui n’a pas résisté à nous dévoiler le sens profond du mot de code laïcité.

Affiche de Riposte laïque

Affiche de Riposte laïque

Sur cet appel à manifestation de Riposte Laïque paru courant novembre, un gentil internaute que je ne sais plus qui c’est a eu la gentillesse de nous entourer la solution. La laïcité, c’est la défense des fêtes chrétiennes, en clair, la défense de la laïcité c’est la défense de la chrétienté contre ceux qui la mettraient en péril (en l’espèce les musulmans).

Venant de Riposte laïque, on ne peut ni être vraiment choqué (même les plus bigleux ont fini par comprendre que c’était un groupe de fachos quand ils ont commencé à bosser avec le Bloc Identitaire), ni vraiment surpris (tout le monde sait qu’ils sont stupides, il n’y a qu’à lire la prose de Tasin par exemple pour s’en persuader !).

Là où le jeu se pimente un peu (la langue française est une aberration gastronomique puisque d’une histoire qui  se pimente, on dit qu’elle ne manque pas de sel), c’est quand les institutions étatiques jouent au même jeu que Riposte Laïque avec les mêmes codes. Quand on parle d’institutions étatiques, on parle ici de l’archétype même de l’institution républicaine, celle qui représente le plus les valeurs de la république : l’École Publique !

Un noël laïc et républicain …

L’histoire suivante s’est déroulée le 21 novembre, au moment même où l’appel de Riposte Laïque commençait à circuler, à Meru, un village que personne ne penserait à qualifier de charmant, situé dans l’Oise. Dans cette école, comme dans presque toutes les écoles publiques de France, était prévu un goûter de Noël. Une maman est venue filer un coup de main à la préparation comme d’autres parents bénévoles. Sauf que cette maman là était musulmane et portait le voile ! Horreur malheur ! La directrice de l’école, ni une ni deux, lui a donné l’ordre de retirer ce voile qu’on ne saurait voir, au nom de la défense de la laïcité … de ce goûter organisé pour célébrer noël ; la naissance de Jésus Christ !

La mère voilée a refusé et la directrice a tout bonnement ajourné le gouter, désolé les enfants, vous ne fêterez finalement pas Noël aujourd’hui parce que la maman du petit untel n’est pas de la bonne religion, c’est contraire à la laïcité ! Ainsi, les écoles républicaines aussi militent pour la laïcité en défendant les fêtes chrétiennes !

English Defence League à Exeter FAIL

Le seul avantage avec l’EDL, c’est que si on s’amuse à suivre leurs Fails, on découvre l’ensemble de l’Angleterre sans avoir besoin de payer un guide touristique. Après Brighton, Birmingham ou l’est londonien, nous découvrirons donc aujourd’hui Exeter où l’English Defence League a organisé une manifestation nationale le 16 novembre dernier.

Exeter, charmante ville de 115 000 habitants dans le comté de Devon, au nord de Plymouth, sa cathédrale, ses deux ports anciens … et son université d’études islamiques et son centre de recherches musulman qui déplaisent tant à l’EDL et qui leur a servi de prétexte à leur manifestation du 16 novembre dernier.

Sur le site de l'English Defence League, le caractère national et important de la manif du 16/11 est évident.

Sur le site de l’English Defence League, le caractère national et important de la manif du 16/11 est évident.

Comme on le voit sur cette capture d’écran, l’EDL misait beaucoup sur ce qu’ils nomment eux-mêmes la dernière manifestation nationale de l’année. Cette manifestation faisait l’objet d’un bandeau spécial sur leur site national et l’English Defence League comptait bel et bien sur des arrivées de partout puisqu’ils prennent la peine de guider les autocars (« coaches ») et les minibus.

Avec leur goût (douteux ?) du spectacle, ils avaient prévus des animations cool et pleine d’islamophobie comme ils les aiment, avec des militants en burqa et des slogans géniaux tels que « Mohamed is a pedo ».

Pourtant, à l’heure des bilans, il n’y a pas de quoi pavoiser. Certes, protégés par 400 flics, ils ne se sont pour une fois pas fait casser la gueule (ce qui est pour eux un exploit), certes deux des leurs, un peu agités, ont été interpelés ce qui leur permet de jouer les martyrs, mais on s’arrête là pour les bonnes nouvelles les concernant.

Selon les divers observateurs (militants, média mainstreams…), les troupes de l’EDL, acheminées en autocars et minibus de tout le pays … représentaient environ 200 personnes (la police parle précisément de 225 personnes). C’est faible pour une organisation qui affirme être la voix des anglais et dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas. Le nombre absolu de militant est très faible, mais il y a plus humiliant pour l’English Defence League, le nombre relatif.

Le nombre de leurs manifestants relativement aux contre manifestants, car une contre-manifestation s’est organisée. Comme il ne peut en être autrement, la contre-manifestation s’est organisée suite à l’annonce de la marche de l’EDL, donc avec moins de temps de préparation. De plus, alors que l’ampleur nationale de l’initiative des fafs était évidente et revendiquée, cette contre-manifestation était à l’appel d’un collectif local, Exeter Toghether (certes un collectif très large, allant du SWP à des libdem). Bref, il n’y aurait rien eu de surprenant à ce que la contremanifestation soit moins massive que la marche de l’English Defence League. Dans les faits, c’est exactement l’inverse. La majorité des observateurs parlement de 800 antifascistes présents (soit 4 fois plus que l’EDL),  la police en annonce 700 (soit plus de trois fois plus que l’EDL). ça fait mal ! Histoire d’enfoncer le clou, rappelons que les images sont souvent les plus parlantes :

Les marches fascistes et antifascistes à Exeter le 16/11.

Les marches fascistes et antifascistes à Exeter le 16/11.

Promis, la photo de gauche montre  bien sur leur trottoir l’ensemble des manifestants de l’EDL, après que tous leurs membres soient arrivés !

De leur fondation en 2009 à leur plus grosse manif en 2011 (plus de 2000 personnes à Luton, fief des fondateurs), l’English Defence League était présentée comme le renouveau de l’extrême-droite en Europe, surfant sur les buzz, dissimulant ses côtés les plus ouvertement fascistes, remplaçant le vocabulaire raciste traditionnel par celui de l’islamophobie… Tout le monde les annonçait comme voués à une emprise croissante non seulement sur l’Angleterre mais même sur l’Europe dont ils seraient devenus les leaders de l’extrême-droite. Deux ans plus tard, on en est loin, très loin. Leur seule grande initiative européenne en Hollande s’est avérée un fiasco total, eux qui se prennent pour de grands hooligans mordent la poussière une manif sur deux de par la réaction énergique des populations locales, la plupart des orgas européennes qui leur léchaient les orteils s’en sont détournées ou ont elles-mêmes périclité… Les deux fondateurs de l’EDL Tommy Robinson et Kevin Carroll, principaux artisans de la politique de dédiabolisation sont partis il y a deux mois dénonçant ce qu’ils passaient leur temps à nier (une EDL servant d’abris à de nombreux néonazis, une orga basée sur la violence physique…). La manif d’Exeter était la première initiative de grande envergure suite à leur départ et devait servir aux actuels dirigeants de l’EDL a prouver que leur organisation n’était pas marginalisée pour autant, d’où tous les efforts concentrés sur cette manifestation organisée deux mois à l’avance.

Le résultat ne leur donne pas raison et annonce sûrement une amplification du déclin de l’English Defence League. Les militants antifascistes qui ont passé leur temps à dénoncer le discours fasciste que l’EDL tentait de masquer derrière une phraséologie populiste et pseudo-progressiste (dénonçant par exemple l’antisémitisme et l’homophobie des islamistes), qui ont harcelé l’EDL pour leur montrer que la rue n’était pas à eux, qui ont partout mobilisé la population, n’y sont évidemment pas pour rien et on ne peut se réjouir de ce déclin. Pour autant, il ne faut pas oublier que les conditions sociales et idéologiques qui ont favorisé leur émergence sont toujours là et le combat antifasciste, plus que jamais lié au combat anticapitaliste, doit s’amplifier sans cesse. Comme disait l’autre, « le ventre est encore fécond d’où a surgi la bête immonde » …

Départ vers le FN FAIL

On l’a vu, il y a les candidats FN aux municipales qui se font virer, et ceux qui partent d’eux même ! Parmi ces derniers, il y en a pourtant dont l’arrivée avait été remarquée parce que médiatisée par le FN lui même; les fameux transfuges ! Le Front National a en effet misé une grande part de sa communication sur ses candidats qui viennent d’un autre parti. On n’avait déjà évoqué le cas de l’un d’eux, André Kornmann, ex-Modem, ex-candidat FN à la mairie de Strasbourg ayant été destitué, on va cette fois-ci causer de deux autres transfuges, venus de deux autres partis.

Le ralliement d’ Anna Rosso-Roig avait fait du bruit. Il faut dire que la dame à la bougeote rapide ! Elle était candidate aux législatives  du 10 juin 2012 dans la 6ème circonscription des Bouches-du-Rhône sous l’étiquette du Front de Gauche (PCF). Moins d’un an plus tard, en mai 2013, elle annonçait son ralliement au FN et son intention d’être sur les listes du Rassemblement Bleu Marine aux municipales de 2014 à Marseille. Le pire, c’est que les propos de l’ancienne conseillère prudhommale CGT lui donne effectivement toute sa place au FN : propos contre les immigrés, propos islamophobes, propos homophobes… A se demander comment son ancien camarade communiste René Olmeta peut déclarer « Jamais au cours de nos discussions, je n’ai pu déceler un quelconque rapprochement de ses idées avec celles du Front national ».

Anna Rosso-Roig, candidate du Front de Gauche en 2012

Mais Anna Rosso-roig a été encore plus rapide pour repartir du FN, puisque moins de 6 mois se sont écoulés entre l’annonce de son ralliement et celle de son départ. Reprenant les mêmes termes que ceux qu’elle avait eu vis-à-vis de Mélenchon, elle accuse le FN (et particulièrement Stéphane Ravier, tête de liste aux futures municipales à Marseille) de ne pas être conforme à l’image dédiabolisée donnée par Marine Le Pen et Gilbert Collard et d’être « trop brutal ». L’ensemble des propos n’a aucun sens, encore moins de cohérence politique, on y apprend cependant que la double ex-frontiste veut maintenant militer dans la « mouvance associative issue de la lutte contre le mariage pour tous », bref elle quitte le front mais reste facho !

La transfuge Anna Rosso-Roig au côté de Antoine Rechagneux, candidat FN à la mairie de Clermont-Ferrand lors de l'Université d'été du Front National à Marseille en septembre 2013.

La transfuge Anna Rosso-Roig au côté de Antoine Rechagneux, candidat FN à la mairie de Clermont-Ferrand lors de l’Université d’été du Front National à Marseille en septembre 2013.

Le ralliement d’Arnaud Cléré avait fait moins de bruit. Peut-être en partie parce que les municipales à Gamaches (80) passionnent moins que celles à Marseille, mais surtout parce que le passage de l’UMP au FN surprend moins que celui du FdG au FN tant la proximité idéologique est ténue !  En mai 2013, le militant UMP a décidé de s’allier au FN (dont les militants « n’ont ni la lèpre ni la gale« ) afin de « battre l’équipe socialo-communiste« . Le 30 mai, il était pour cela exclu de son parti, il annonçait donc sans se soucier son adhésion à Souveraineté Indépendance Et Liberté (SIEL), parti de Paul-Marie Coûteaux associé au FN, et son intention de mener une liste Rassemblement Bleu Marine pour les élections municipales. Encore une fois, il n’a pas fallu 6 mois avant que le bonhomme ne fasse marche arrière. Dimanche 24, non seulement il annonçait rompre avec les frontistes, mais il mangeait intégralement son chapeau allant jusqu’à expliquer qu’il avait écrit une lettre à Jean-François Copé pour demander sa réintégration à l’UMP ! Ses explications ? Tatouages nazis, propos homophobes et xénophobes… On dirait un disque rayé tant ce qui est incriminé est redondant !

L'alliance d'Arnaud Cléré, UMP, et du Rassemblement Bleu Marine n'a pas duré 6 mois.

L’alliance d’Arnaud Cléré, UMP, et du Rassemblement Bleu Marine n’a pas duré 6 mois.

Diversité FAIL

Au Front National, les jours se suivent et se ressemblent. La liste des candidats aux municipales de 2014 déstitués de leur investiture par la direction du parti pour propos racistes et autres « dérapages » (entendre par là dire tout haut ce que le FN n’assume pas de penser) ne semblent pas près de cesser de s’allonger. Ainsi, la semaine dernière, on apprenait que c’est le candidat à la mairie de Rixheim qui ne l’était plus, candidat. Racisme, homophobie, blague pas drôle sur l’occupation nazie (enfin quand même un peu drôle puisqu’il compare la victoire électorale du FN à Brignoles à l’occupation par les nazis, il tire un peu contre son camp, mais faut dire que côté neurones, le jeune Joris Hanser ne semble pas avoir été gâté)… on ne va pas s’étendre sur les causes de cette éviction tant elles ressemblent aux cas précédent ! Et puis, il faut rendre justice au FN, il y a au moins une candidate à qui le parti n’aura pas à retirer son investiture, celle à la mairie de Saint-Alban (31). Nadia Portheault (Nadia Djelida, de son nom de jeune fille) a en effet démissionné du parti ainsi que son compagnon, Thierry Portheault. Racisme, menaces, apologie du nazisme… les raisons sont toujours les mêmes au FN. Sauf que cette fois, l’ex-candidate « de la diversité » n’a pas tenu ces propos mais les a subi. La jeune femme d’origine Algérienne était entrée au FN sur la base du discours « dédiabolisé » de Marine Le Pen, un discours qu’elle a du plus fantasmer qu’entendre sur le rassemblement de tous les français. Elle se dit donc surprise de s’être heurtée à tant de racisme et d’homophobie dans le FN 31 lorsqu’elle a commencé sa campagne.

Ce n’est pas la première fois que le FN tente de jouer la carte de la diversité en mettant en avant une personne « issue de l’immigration », comme si ça pouvait leur donner un certificat de non-racisme. Il y a eu ainsi Stéphane Durbec, le « monsieur black » du FN, d’origine Antillaise. Pendant 25 ans, le FN l’a agité comme symbole, regardez on a un militant noir. Mais en 2012, celui-ci a claqué la porte du FN estimant en avoir marre d’ « être un faire valoir du FN » et jugeant que Marine Le Pen avait insufflé une orientation islamophobe au FN.

Par le passé, Durbec avait quand même présenté à Jean-Marie Le Pen (alors président mais pas encore d’honneur du FN) à Omar Djellil. Cet ancien de SOS racisme pouvait ainsi servir de caution Beur au Front National. Cependant, si cet homme se définissant comme « patriote musulman » a gardé de très bons liens avec le vieux président et quelques élus locaux du FN, il s’est très vite brouillé avec la génération au pouvoir au sein du FN, traitant, lui aussi, les Marine Le Pen, Philippot, Aliot, Rochedy & co d’islamophobes. Les deux dernières fois où Djellil a fait parler de lui dans la presse nationale, ce n’était pas vraiment en faveur du FN : la dernière fois c’est quand il a affirmé que Laurent Lopez, vainqueur frontiste de la cantonale partielle de Brignoles était antisémite et admirateur de Hitler. La fois précédente, c’est quand Julien Rochedy, chefaillon du FNJ, avait voulu lui casser la gueule en pleine université d’été du parti. Bref, on ne peut pas dire que le rapprochement Djellil / Front National soit une grande réussite.

Avant Omar Djellil, il y avait déjà eu un Monsieur « Beur » au FN. Farid Smahi rencontre Jean-Marie Le Pen en 1997. En 1998, il rentre au FN et, la même année, est élu conseiller régionnal PACA pour ce parti dont il sera au bureau politique… jusqu’à son départ du front avec fracas en 2011, en plein congrès de Tours. Certes, ce départ semble avant tout motivé par le fait que les marinistes n’aient pas reconduit le Gollnischien Farid Smahi au bureau politique, certes, une partie de l’argumentation de Smahi semble revenir à ne pas trouver MLP suffisamment antisémite. Cela dit, la phrase qu’a eu Smahi avant de se faire virer par le DPS semble significative « j’en ai marre d’être le bougnoule de service« .

La sensation d’être utilisé en tant que symbole par le FN (« être un faire valoir du FN » pour Durbec, « être le bougnoule de service » pour Smahi), le ras-le-bol des propos racistes pour Nadia Portheault et islamophobes pour Durbec et Djellil, ce sont décidément toujours les mêmes écueils qui s’opposent aux opérations de comm’ du FN visant à le faire passer comme implanté chez les noirs et les arabes. Peut-être en fin de compte le Front National est-il juste purement raciste?

Marche arrière FAIL

« Manifestement, je me suis exprimée de manière maladroite »

Ce n’est pas souvent qu’on a ainsi l’occasion d’entendre Marine Le Pen faire amende honorable (enfin, honorable, façon de parler hein, il s’agit quand même de Marine Le Pen ! ). Il faut dire qu’une fois n’est pas coutume, la présidente du Front National s’est lancée dans une polémique qu’elle ne maitrisait plus. C’est évidemment au sujet des otages d’Arlit. Sur Europe 1 le 31 octobre 2013, elle avait créé un tollé en affirmant que l’apparence et l’attitude des otages fraichement libérés créait « un malaise » et en laissant entendre qu’ils pourraient avoir été « islamisés ». Devant le bruit que ça a fait, Marine Le Pen  a donc prudemment préféré faire marche arrière, plaidant plus tard dans la matinée (cette fois au micro de RTL) la maladresse.

Voilà un prompt rétropédalage qui semble assez pertinent et qui, s’il n’a pas totalement fait taire la polémique, aura au moins circonscrit l’incendie (et non pas circoncis, papa n’aimerait pas !). Mais c’est sans compter sur l’effet de cette déclaration sur ses troupes. Ainsi, Jean-Claude Otto-Bruc, secrétaire départemental du FN 974 a très bien perçu le signal qu’il pouvait se lâcher sur le thème des otages islamisés mais semble par contre n’avoir pas perçu la marche arrière de sa chef. Le lundi 4 novembre, il était interrogé dans l’émission Devant la Réunion sur Réunion 1ère radio et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il a exprimé très clairement ce que sa présidente s’était montré réticente à dire autrement que par allusion.

« Moi-même, comme des millions de Français, j’ai été surpris aussi de voir arriver des islamistes fondamentalistes au lieu de Français« 

Et oui, Monsieur Otto-Bruc n’y va pas par quatre chemins et n’avance pas par sous-entendus lui. Il le dit clairement, pour lui c’était des « islamistes », et des fois que ça ne fasse pas assez peur, il précise « des islamistes fondamentalistes ». Et des fois que les choses ne soient pas assez claires, il précise « au lieu de Français » des fois qu’il y en ait qui croient que la France est laïque et qu’on peut être fondamentaliste d’une religion non chrétienne et quand même être français.  En plus d’une crise de paranoïa aigüe, il s’agit évidemment là d’une islamophobie pleinement assumée (d’ailleurs, ni Le Pen, ni Otto-Bruc ne s’étaient inquiétés de voir Ingrid Betancourt tripoter un chapelet à sa libération).

FNJ : chevaliers blancs FAIL

Autocollant du FNJ

Autocollant du FNJ

Voilà l’autocollant qu’un de nos valeureux reporters a trouvé et arraché aujourd’hui (sans l’inscription FAIL, bien sûr). Professionnalisme oblige, il s’est empressé de chercher sur le net, ce qui pouvait amener nos chers défenseurs de la patrie en danger à ce nouveau combat et a trouvé l’explication pour laquelle on ne mettra pas de lien mais que vous retrouverez sur le site du FNJ, rubrique documents – visuels.

Bon, disons que notre éminent reporter était un peu pressé et n’a lu l’explication qu’en diagonale.

« Parce que nous en avons marre qu’en France tous les jours des filles se fassent emmerder »

« Parce qu’il y a de plus en plus d’agresseurs, ne respectant ni les femmes »

« – Parce que toutes ces insultes et menaces, parfois accompagnées de violences, font que les filles dans notre pays ne peuvent souvent plus s’habiller comme elles le souhaiteraient, ni sortir seules dans certaines rues à certaines heures

– Parce que ceux qui agressent les filles ne sont souvent jamais inquiétés par la justice »

Notre reporter qui commençait à se dire que ça n’était pas si mal et se préparait à quitter la maison FailFaf pour rejoindre l’écurie Rochedy sursaute brusquement, se frotte les yeux, remonte un peu et relit :

« Parce que toutes ces insultes et menaces, parfois accompagnées de violences, font que les filles dans notre pays ne peuvent souvent plus s’habiller comme elles le souhaiteraient« 

Aussitôt, il saute sur son smart-phone et appelle son rédac’ chef (moi) en braillant « putain, j’y crois pas, le FNJ engage une campagne de soutien aux femmes voilées! ».

Dès que j’ai réussi à calmer mon collaborateur (non messieurs-dames les fachos, ne vous excitez pas) et à lui fait dire de quoi il parlait, je vais donc voir ce dont il retourne. Je lis plus attentivement le texte d’explication que mon collègue et reprends les phrases suivantes:

« – Parce que nous en avons marre qu’en France tous les jours des filles se fassent emmerder par des racailles

– Parce qu’il y a de plus en plus d’agresseurs, ne respectant ni les femmes ni la moindre politesse et qui font honte à la culture française de la courtoisie et même de la séduction populaire, traditionnelle et si attrayante en France »

Voilà deux locutions en gras qui changent largement le sens des phrases. Ce ne sont pas les gens qui agressent les filles qui sont des merdes, ce sont les racailles qui agressent les filles. Et qui sont ces racailles ? Ceux qui n’ont pas la culture française, sa séduction si attrayante. Comme toujours dans la prose de l’extrême-droite, les racailles, ce sont les immigrés et les enfants d’immigrés, ceux qui ont été mal assimilés et n’ont pas intégré les valeurs française. Parce que la « culture française » (par exemple les gros beaufs bien BBR qui pincent les tétons des filles ou leurs foutent la main au cul en chantant la chenille et en buvant du rouge qui tâche), la « courtoisie » (comme laisser passer les jeunes filles devant pour leur mater le cul) et la « séduction traditionnelle »  française (les connards de patrons et de cadres qui font valoir leur droit de cuissage sur les stagiaires et les secrétaires), ce ne sont pas des agressions contre les filles, c’est « si attrayant ».

Bien évidemment, les connards de fachos qui tabassent les femmes voilées à Argenteuil, à Reims où ailleurs, les flics qui les violentent à Trappes, tout ça, ce ne sont pas des agressions. D’ailleurs, vous ne lirez sur le site du FNJ nul communiqué de soutien à ces femmes agressées par ce qu’elles ne portent pas le textile comme il faut. Les femmes voilées, le FNJ ne les considère pas comme des femmes mais comme des racailles (puisqu’elles sont musulmanes, elles ne peuvent pas faire partie de leur France à eux qui est blanche et chrétienne), la preuve leur revendication les concernant est la même: dehors.

Pour le FNJ, les femmes voilées sont des envahisseuses venues d'ailleurs (ici d'Algérie)!

Pour le FNJ, les femmes voilées sont des envahisseuses venues d’ailleurs (ici d’Algérie)!

Du coup, les femmes voilées, c’est des racailles, faut les foutre dehors!

Évidemment que cet autocollant du FNJ n’a pas pour objet de défendre les femmes voilées, mais en réalité il n’a pas non plus pour objet de défendre les femmes françaises qui ne sont qu’un cache sexe pour mieux diffuser leur message raciste. D’ailleurs si les racailles étrangères ne doivent pas agresser nos braves femmes françaises, ce n’est pas pour leur bien, mais tout simplement qu’au FNJ, on veut se les garder pour soit tout seul, les femmes françaises, comme le montre cet ancien visuel du FNJ;

Quand le FNJ déclarait les femmes françaises chasse gardée

Quand le FNJ déclarait les femmes françaises chasse gardée

Racistes et sexistes, voilà la réalité des fachos du FNJ. Cependant, on dit toujours que les avancées des fafs sont faites de nos reculs. C’est on ne peut plus vrai sur la question des femmes. En effet, si le FNJ choisit une situation bien réelle subie par les femmes qui se font agresser, insulter, traiter comme des bouts de viande quotidiennement pour essayer d’avancée, c’est bien la preuve qu’il y a un déficit du mouvement social sur cette question. Peut-être qu’ils essayeraient moins de squatter l’espace si les militants progressistes ne le délaissaient pas autant et si les femmes avaient moins l’impression que tout le monde s’en fout. Quant aux femmes agressées par des Merdes, que ces merdes soient françaises ou étrangères, des flics ou des « délinquants », il y a urgence à ce qu’elles organisent leur autodéfense, sans rien attendre de chevaliers blancs mâles, encore moins des chevaliers de la race blanche du FNJ qui sont les premiers à combattre leur émancipation!