Archives par étiquette : identitaires

Union nationale FAIL

Chez FailFaf, nous ne sommes pas amateurs des rasseblements post attentats. En novembre comme en janvier on ne cotoira pas la marseillaise et les drapeaux bleu blanc rouge. En novembre comme en janvier, nous trouvons à ces rassemblements un goût rance d’union nationale, de grande illusion. L’illusion que face à la barbarie abjecte de ces attentats, pourrait exister une solidarité entre prolos et patrons, entre migrants victimes des guerres et dirigeants menant ces guerres, entre fachos et antifascistes, entre oppresseurs et opprimés.

Pour autant hors de question de blâmer ou mettre dans le même sac toutes celles et tous ceux qui se rendent à ces rassemblement, souvent par instinct de solidarité collective, par besoin de ne pas affronter l’horreur seul-e.

Pourtant, les fachos y croient eux à l’effet « unité nationale ». Ils ont cru qu’ils pourraient en profiter pour débarquer avec leurs amalgames et qu’ils seraient les bienvenus auprès de tous les français pour faire payer les attentats de leurs alliés objectifs à tous les musulmants, tous les immigrés, les racisés…

Ce qu’il est advenu à Lille et à Metz leur prouve qu’ils ont eu tord et nous prouve qu’il y a des raisons d’éspérer et de se battre.

Les identitaires se pointent au rassemblement à Metz...

Les identitaires se pointent au rassemblement à Metz…

... et se font dégager par les manifestants ! Union nationale, mon cul.

… et se font dégager par les manifestants ! Union nationale, mon cul.

Pas de pause dans la lutte antifasciste, solidarité internationale avec toutes les victimes de ce système dégueulasse, de Paris à Homs. Guerre de classe.

Rassemblement Anti-racailles FAIL

Le 22 juin, quelques incidents ont éclaté à la suite de la victoire de l’équipe de football d’Algérie face à la Corée du sud. Des incidents, on l’a vu, totalement gonflés par l’intox d’extrême-droite et bien souvent provoqués par les flics eux-mêmes, comme à Roubaix, ou comme relaté ici, à Lyon où les flics n’ont pas supporté l’idée que les supporters pauvres et souvent issus de l’immigration sortent de leur quartier ghetto pour rejoindre le centre ville. Encouragés par leur succès d’estime sur internet, mais un peu vexés par le résultat de leur tentative d’agir dans la vraie vie qui ne fut pas de tout repos pour eux (voir la fin de l’article de La Gale), les identitaires ont voulu ratisser large en organisant un  » rassemblement anti-racailles  » lors du match Algérie-Russie, 3 jours plus tard.

Initié par Génération Identitaires (qui fait du buzz médiatique son unique marque de fabrique), son porte parole en tête, l’initiative est vite relayée par l’ensemble de l’extrême-droite, de l’UMP à jeune nation, comme nos amis Frank Guiot et Gabriac, en passant par des membres du FN, des cathos intégristes …

Exemples de comptes twitter ayant relayé l'appel au rassemblement anti-racailles.

Exemples de comptes twitter ayant relayé l’appel au rassemblement anti-racailles.

Comme on pouvait s’y attendre, l’initiative a rencontré un succès indéniable … sur internet, la page Facebook comptant actuellement 9000 Like.

Mais du virtuel au réel, le pas à franchir est parfois un pas de géant pour nos touts petits fachos. Pour juger de la réussite de leur rassemblement, le mieux est encore de laisser la parole aux fachos eux-mêmes.

Rassemblement anti-racailles : nous partîmes des milliers et nous arrivâmes à 8 ou 10.

Nous partîmes des milliers et nous arrivâmes à 8 ou 10.

Ils le disent eux-mêmes, malgré une couverture médiatique tout à fait injustifiable (le JT de TF1, rien que ça), leur initiative a été un flop total. Et désolé pour Sami Leretour, ce n’est pas que la page Facebook qui perd toute crédibilité, ce sont les fachos dans leur ensemble.

Une fois n’est pas coutume, les antifa sont plus cléments avec les fachos que les fachos eux-mêmes puisque le GALE parle d’une vingtaine de fachos en tout (mais éparpillés en plusieurs groupes). Pour le reste, ils confirment une humiliation totale de quelques fachos noyés dans une masse déterminée, obligés de courir et se cacher bien souvent. Plus de détails ainsi que le récit de la répression policière du 25 juin (car contrairement aux assertions des fafs, les violences policières sont au RdV) par La Gale.

Alerte antifasciste lundi 30 juin !

Ne gâchons pas notre plaisir, il y a de quoi rigoler de ce Fail magistral. Cependant, ce serait un grand tord que de considérer comme acquis que tout ira bien. Tout d’abord, le premier risque pour celles et ceux qui souhaiteront dans les temps à venir descendre dans la rue pour soutenir une équipe qui a le malheur non seulement de ne pas être la France, mais qui plus est d’être « arabe », vient bien entendu des forces de l’État. La répression a déjà tourné plein pot, mais la suite risque d’être encore bien pire, le préfet  annonçant par exemple pour ce lundi une réelle militarisation de Lyon.

Mais même des guignols nazillons, il faudra toujours se méfier tant qu’ils ne seront pas exterminés. Tout d’abord, même en étant peu nombreux, leur tactique peut évoluer et on n’est jamais à l’abri d’une petite ratonnade dont ils sont amateurs qui frapperait des personnes isolées et vulnérables. De plus, on sait que les mobilisations ont un côté aléatoire et peuvent vite passer de l’échec cuisant à la réussite (et vice-versa). Or, s’il est une qualité (?) qu’il faut reconnaître aux fafs, c’est un certain entêtement.

Dans le cas présent, ils persistent et appellent à des rassemblements le lundi 30 juin non seulement à Lyon, mais aussi à Lille, Roubaix, Maubeuge, Lens, Paris Champs-Élysées, Paris Barbès, Marseille et Nantes comme nous l’indique leur médium favori.

Pour l’occasion, à Lyon les fachos ont revu leur communication et n’appellent plus à un  » rassemblement anti-racailles  » (trop évidemment synonyme de volonté de ratonnade) mais à fêter le parcours de l’équipe de France. De même, à Roubaix, ils essayent de faire croire qu’ils sont contre les casseurs en général, publiant même des articles donnant la parole à des algériens qui condamnent les violences, à Babès, ils tentent le très consensuel « contre la violence ». Cela dit, les visuels utilisés et les commentaires sur les pages FB ne laissent aucun doute ni sur le public visé et le racisme inhérent aux initiatives, ni sur l’envie d’en découdre (enfin plutôt sur le fantasme d’en découdre en ayant largement le dessus !). Sans compter que leur camarades d’autres villes n’ont pas pris les mêmes gants.

Au final, le visuel et le mot d’ordre laissant le plus clairement voir la volonté des fachos sont encore ceux des lyonnais dont l’ironie sans aucune finesse laisse clairement entendre les velléités de ratonnade.

Ils ne se fouteraient pas un peu de notre gueule les anges de la cyber-réalité nazillone ?

Ils ne se fouteraient pas un peu de notre gueule les anges de la cyber-réalité nazillone ?

Il est primordial de ne pas laisser le moindre espace aux fachos ce lundi soir, les laisser agir en toute impunité serait leur offrir une occasion de reprendre la confiance, ce qu’on ne peut pas se permettre. A Lyon, leur échec du 25 tient en partie à l’important travail des antifascistes qui ont préalablement sensibilisé la population par voie de tractages, discussions… et qui par leur présence (d’ailleurs largement diffusée par les fachos qui tentent de faire croire à une manipulation des populations ignares par de machiavéliques antifascistes qui sont les vrais fascistes) ont aidé à repérer les fachos et à les interdire de séjour.

La coordination libertaire antifasciste de Lyon appelle à la mobilisation contre les violences policières et les menaces des fachos.

Ce lundi, partout en France et principalement dans les villes sus-citées, les antifascistes doivent s’organiser entre eux et se mobiliser massivement auprès de la population afin d’aider les personnes descendues dans la rue à ne pas se faire arrêter ni blesser par les flics, à faire respecter leurs droits, à débusquer et chasser les fachos !

« Guerre d’Algérie » FAIL

La coupe du monde de football, ce n’est évidemment pas terrible pour les 170 000 familles expulsées de leur logement (dont 250 000 personnes carrément mises à la rue), pour les manifestants réprimés ou pour tous les brésilliens qui vivent dans une pauvreté entretenue et qui voient 8.5 milliards d’euros de fonds publics filer pour l’organisation de cette coupe du monde (voir : la coupe est pleine) … mais c’est vraiment génial pour les petits fachos de tous les pays.

Il y a bien évidemment les quelques fachos qui ont la chance d’avoir pu se rendre au Brésil pour y répandre leur haine.

On a ainsi pu admirer un streaker néonazi allemand, des supporters racistes adeptes du blackface, des banderoles de fachos, sans compter racisme, sexisme et homophobie qui s’entendent quotidiennement dans les tribunes.

Supporters moscovites avec leur banderole représentant un totemkopf et une croix celtique pendant le match Russie-Belgique.

Supporters moscovites pendant le match Russie-Belgique.

Supporters allemands durant le match Allemagne-Ghana

Supporters allemands durant le match Allemagne-Ghana

Bien sûr, la majorité des fachos sont restés chez eux et doivent se contenter de regarder les matchs à la TV. Qu’à cela ne tienne, ça ne les empêche pas de s’amuser comme des petits fous. Regardez nos beaux nationalistes français, quand l’équipe de France gagne, ils peuvent enfin assumer leurs « vive la France » en agitant le drapeau tricolore partout, si la France se remet à perdre, ce sera évidemment la faute à ces jeunes de banlieues issus de l’immigration et sans éducation qui composent l’équipe de France.

Et même quand l’équipe de France ne joue pas, les fachos trouvent toujours le moyen de s’amuser. Ainsi, le maire UMP de Roubaix, Guillaume Delbar, a trouvé l’occasion de tester ses tous nouveaux pouvoirs de police en prenant un arrêté municipal permettant d’interdire la circulation dans le centre ville durant les matchs joués par la France et l’Algérie. Évidemment, cet arrêté n’a été appliqué durant aucun des deux premiers matchs joués par l’équipe de France mais l’a été pendant les deux matchs de l’Algérie, avec une présence policière démesurée.

Les CRS bloquent l'accès au centre ville de Roubaix pendant le match Belgique-Algérie.

Les CRS bloquent l’accès au centre ville de Roubaix pendant le match Belgique-Algérie.

La provocation a produit les résultats qu’on pouvait attendre, dimanche 22 juin, Roubaix est la commune qui a connut les plus gros incidents (voitures et poubelles brulées, abribus cassés) alors que presque partout ailleurs les supporters algériens fêtaient dans la joie la victoire de leur équipe nationale contre la Corée du sud (quelques incidents ont également eut lieu dans les agglomérations de Maubeuge et Lyon).

La fachosphère, toujours prête à instrumentaliser l’actualité avait vraisemblablement anticipé et gardé un œil sur les matchs de l’Algérie.  Dès que le match a été terminé et que les premiers klaxons ont retenti, encore plus quand les premiers incidents ont été connus, nos petits cybercombattants patriotes se sont mis à l’ouvrage pour exploiter au maximum l’évènement sportif ; ils ont alors pu s’adonner à leur sport préféré : la désinformation éhontée, le mensonge le plus basique…

Par exemple ce roubaisien, pris en flagrant délit de bidonnage a été massivement rediffusé par l’extrême droite pour jeter de l’huile sur le feu et faire monter la tension dans la ville en reprenant une photo d’une voiture qui brûle … prise à Strasbourg en 2008 !

Elias Duchemin tente d'attribuer au supporters algériens de Roubaix l'incendie d'une voiture qui a eu lieu 6 ans plus tôt à Strasbourg !

Elias Duchemin tente d’attribuer au supporters algériens de Roubaix l’incendie d’une voiture qui a eu lieu 6 ans plus tôt à Strasbourg et se fait griller par @Sened!

Vers 22h30, un bruit commence à courir sur twitter, immédiatement répercuté de tous côtés : une église serait en feu à Lyon. Toute l’extrême-droite se déploie pour multiplier les centaines de messages qui relaient l’information, mais les plus actifs sont les identitaires qui rapidement vont préciser l’information (il s’agirait de l’église Notre-Dame de la Sauvegarde, à la Duchère dans le 9è), des photos sont mêmes publiées par les militants d’extrême-droite.

En réalité, il y a bien eu un incendie dans cette église … en novembre 2006. Dès 23h, le maire d’arrondissement dément l’information, aucune église n’est en feu. Pourtant, il en faut plus aux identitaires pour abandonner leur œuvre de désinformation et le lundi matin, nombreux sont ceux qui continuent à diffuser l’intox. Quand on leur rappelle qu’ils diffusent un mensonge, certains se rattrapent en faisant comme si de rien n’était, arguant qu’une voiture a bien été brûlée dans les parages pour justifier leur mensonge.

Mais chez les identitaires, le plus drôle hier soir était clairement Damien Rieu, le porte parole de Génération Identitaires qui nous a gratifié d’un vrai documentaire en direct, digne d’un reporter de guerre. Le courageux guerrier, au péril de sa vie, a ainsi parcouru Lyon, pour twitter, entre deux remarques racistes, des photos des violences. Nous en avons sélectionné deux ou trois pour vous montrer le travail, âmes sensibles attention !

Pour commencer, Damien le preux, s’est rendu personnellement à la Duchère, là où certains informateurs laissaient pourtant entendre qu’on massacrait les bons chrétiens comme lui et mettait le feu aux églises. Il dut bien reconnaitre que d’église brulant il n’y avait point, mais il n’a pas fait le trajet pour rien puisqu’il peut cependant nous montrer les terribles débordements qu’il y a dans le quartier.

L'excellente qualité artistique de la photo rend parfaitement hommage à ce terrible incendie qui n'est pas sans rappeler celui de Rome en 64.

L’excellente qualité artistique de la photo rend parfaitement hommage à ce terrible incendie qui n’est pas sans rappeler celui de Rome en 64.

Damien Rieu ne peut être partout à la fois, heureusement que génération identitaire, c’est mieux que BFM. De la Duchère, il peut nous poster une photo prise par des correspondants situés à la Guillotière, cadre d’émeutes sanguinaires.

Voyez, ces hommes armés, ces cocktails molotov et ces blessés gisant au sol...

Voyez, ces hommes armés, ces cocktails molotov et ces blessés gisant au sol…

On peut regretter que le Capa identitiaire n’ait pas poussé son expédition jusqu’au communes voisines, mais c’est qu’il n’était pas possible de sortir de Lyon ce dimanche soir, la ville étant en état de siège !

2 camionnettes et une voiture de patrouille, la ville en état de siège !

2 camionnettes et une voiture de patrouille, la ville en état de siège !

Les fachos ont fait courir dans la nuit bien d’autres rumeurs, basées sur bien d’autres « preuves » bidons annonçant des scènes terribles dans bien d’autres lieux (notamment sur les champs Elysées et Barbès), mais on ne va pas les citer toutes. D’ailleurs, comme le montre le blog « Les décodeurs » ils avaient déjà bien commencé dès le match (perdu) de la sélection algérienne contre l’équipe belge. Parmi les hoax les plus remarquables qui avaient alors été diffusés, on peut retrouver ce tweet de notre vieille connaissance de l’UMP Franck Guiot… qui fait passer une photo prise à Cherchell (Algérie) pour une vue de Barbès, sans avoir même le soupçon d’intelligence nécessaire pour supprimer la légende qui localise clairement la photo !

« Cesar Cherchell », place bien connue du Quartier Barbès selon les intellos de l'UMP

« Caesar Cherchell », place bien connue du Quartier Barbès selon les intellos de l’UMP

Bref, on a encore eu un petit aperçu des méthodes utilisées par les fachos et racistes de tout poil pour faire progresser leurs idées ; il ne s’agit évidemment pas d’argumenter pour convaincre rationnellement mais de jouer sur le mensonge le plus grossier pour flatter les peurs et les atavismes les plus rétrogrades, de manipuler les évènements pour modeler l’ambiance d’une société, pour modifier les thématiques en vue…

Face à ce type de méthodes, il n’y a évidemment pas à argumenter, les fachos se combattent, on ne discute pas avec eux. Par contre, il y a urgence pour le mouvement ouvrier et antifasciste à approfondir ses liens avec la classe ouvrière, à multiplier les outils d’information réelle.

Mais il y a bien eu des incidents ?

Quelques uns, oui. Ce matin, la presse bourgeoise fait évidemment ses choux gras des quelques voitures brulées. Reconnaissons-le, plusieurs média signalent et démontent également la rumeur de la Duchère. Mais qui ce matin propose réellement une analyse de ce qui peut amener les jeunes d’origine algérienne à être bien souvent plus fier de leur drapeau que la plupart des algériens ? Qu’est ce qui peut créer la colère et l’envie de destruction chez des personnes précaires, exploitées, rejetées, victimes d’un racisme toujours plus odieux ? Qu’est-ce qui peut bien différencier la fierté nationale des colonisés victimes quotidiennes du racisme, de celle des puissances coloniales (question pour Mariani) ? Bruler quelques dizaines de voitures est-il plus violent que le simple fait d’agiter devant eux le drapeau de la république française, celle qui a colonisé leur pays, torturé leurs grands-parents, bousillé leurs parents dans des boulots de merde, qui les exclut chaque jour, le drapeau de la république policière et ses bavures, le drapeau dont se revendiquent les racistes qui les humilient chaque jour ?

Nous ne revendiquons ni de bruler les bagnoles des prolos ni d’agiter un drapeau national quel qu’il soit, mais ce qui nous révolte, c’est le système qui créé cette situation, ce sont tous les fachos qui créent des tensions vraies ou fausses et exploitent le résultat de leurs propres saloperies pour les justifier. Le racisme et le capitalisme créent une situation qu’on utilise par la suite pour justifier ce système et ce racisme, la ficelle est un peu grosse.

Dernier petit cadeau pour la route, on avait déjà montré ici que le compte twitter officiel de Marine Le Pen est abonné à des comptes bien peu en accord avec l’image de la dédiabolisation, regardons donc ce doux message d’un autre compte suivi par elle :

Colère réactionnaire FAIL, antifascisme révolutionnaire WIN

En janvier, ils étaient environ 16 à 20 000 à défiler dans les rues de Paris au son de slogans antisémites et racistes, agressant les journalistes… Forts de cette réussite, les fachos de jour de colère avaient annoncé « une deuxième saison » pour ce week-end du 5 et 6 avril. Le but était cette fois-ci de décentraliser la mobilisation en organisant des manifestations dans 8 villes de province (ils entendent par là les autres régions que l’Île-de-France) afin de pouvoir mobiliser plus de monde. Le résultat est sans appel, la tôle des fachos ce week-end est comparable à celle des socialos le weekend précédent, c’est pour dire. En effet, sur neuf initiatives, ils n’ont pas rassemblé 1000 personnes. L’organisation regroupait pourtant tout ce que la France peut compter de fachos, dans toute leur diversité. On y retrouvait des ultra libéraux se revendiquant des mouvements « pigeons » ou « bonnets rouges », des antisémites à la mode Pétain de jeune nation (resucée des Jeunesses Nationalistes soit-disant dissoutes), des antisémites plus modernes (et parfois même issus de l’immigration, quelle horreur aux yeux des précédents), soutien de Dieudonné, des électoraliste du FN et des boneheads du MAS, des royalistes, des cathos intégristes, des identitaires… Sur l’ensemble des villes, l’échec est cuisant, sans exception. L’autre constante, c’est le mal que s’est encore et toujours donné la police pour protéger les nazillons. Petit tour de France des Fail des fachos de ce weeekend.

Jour de colère à Tours ?

La manifestation antifasciste à Tours, le 6 avril

La manifestation antifasciste à Tours, le 6 avril

Comment ça un cortège antifasciste ? Et pas la moindre photo de fachos tourangeaux pour illuster cet article ? Pas même Pierre Louis Mériguet s’adonnant au lancé de chaise, son sport préféré ? Il n’y a pas de photo du Jour de colère saison 2 à Tours, tout simplement parce que la manifestation initialement prévue n’a pas eu lieu. Quelques jours avant la manifestation, Jour de Colère 37 a finalement annoncé qu’ils annulaient leur manifestation et appelaient à rejoindre celle de Nantes. Les raisons données ? Les craintes liées à un appel à contre-manifester et à leur incapacité à assurer leur propre sécurité. Un premier Fail pour les fachos donc, mais aussi et avant tout contre tou-te-s celles et ceux qui disent régulièrement que la mobilisation antifasciste ne sert à rien, que les manifs et contre-manifs, c’est inutile.

Les antifascistes tourangeaux auraient pu se contenter de cette première victoire et rester au chaud chez eux. Mais ils ont choisi de maintenir la mobilisation prévue et ont occupé la ville en l’absence des fachos partis gouter l’air nantais. Un cortège de 150 antifascistes a mené une manifestation dynamique, émaillée de violences policières qui ont causé deux blessés. Voir le compte-rendu du Collectif Antifasciste Tourangeau.

Jour de colère à Bordeaux

Bordelais, craignez leur colère !

Bordelais, craignez leur colère !

Ok, on va être honnête, nos deux valeureux militants en colère (et féminine mais pas féministe) ont reçu le renfort de quelques congénères, ce qui leur a permis de défiler dans les rues … à au moins 40 !

Jour de colère à Caen

Jour de colère 2, à Caen

Jour de colère 2, à Caen

Cette fois, pas de blague. On vous promet que cette photo montre bien l’ensemble des fachos mobilisés pour le jour de colère à Caen. Si on excepte les passants dans le fond et les fonctionnaires de police (ce qui est certes très discutable, mais comme ils sont payés pour y être, ça ne compte pas), le décompte précis n’atteint pas 20 manifestants ! Nous ne nous étendrons pas sur l’unique slogan inscrit sur leur banderole.

Jour de colère à Dijon

« Sans fachos, la fête est plus folle »

Le défilé facho dijonnais parait vivant à côté du tableau caennais. Il y avait dans l’est de nombreuses banderoles et drapeaux, presque autant que de manifestants. La seule banderole siglée était celle du Parti de la France, derrière laquelle défilait un manifestant portant d’ailleurs fièrement le T-Shirt de génération identitaires, probablement la version faf du métissage. Parmi les drapeaux, outre ceux de la manif pour tous, on dénombrait aussi des drapeaux français, un drapeau floqué du cœur vendéen et un drapeau breton, sûrement l’internationalisme à la mode fachos. Les slogans étaient aussi hétéroclites, des slogans antisémites (visant entre autres Rebsamen, le maire de Dijon), des slogans racistes (visant Valaud-Belkacem, Désir et surtout Taubira), des slogans homophobes, d’autre contre les francs-maçons… Pour un peu, les fachos auraient presque pu s’estimer satisfaits. Sauf qu’en fait, ils étaient à peine 50. Sauf qu’en face, les festivités antifascistes ont réuni plus de 500 personnes place Wilson. Sauf que nos glorieux combattants en colère n’ont pu défiler que grâce à la très forte présence policière qui a maintenu à distance la contre manifestation antifasciste qui se serait fait un plaisir de les dégager de là !

Les CRS ont parfois payé de leur personne pour protéger les fachos

Les CRS ont parfois payé de leur personne pour protéger les fachos

Jour de colère à Lille

A Lille, la mobilisation était organisée par un militant frontiste. Civitas, les identitaires et surtout un « gros » cortège d’une vingtaine de militants du Mouvement d’Action Sociale (MAS) étaient visibles. En tout une centaine de personnes, plutôt déçues de ne pas être plus.

Jour de colère à Lyon

Alexandre Gabriac est-il caché derrière ce drap ?

Alexandre Gabriac est-il caché derrière ce drap ?

Lyon se veut un peu ces derniers temps la capitale de l’extrême-droite radicale. Accordons-le leur, au jeu de « qui a la plus grosse », les lyonnais ont battu leurs camarades des autres villes (normal pour la capitale des gaules). En même temps, c’est surtout inquiétant pour les autres villes. Car, loin des milliers de manifestants espérés, le GUD, les identitaires, Jeune Nation etc… n’étaient pas plus de 300, tout compris !

Jour de colère à Montpellier

A Montpellier, ce n'est clairement pas l'extrême-droite qui tenait la rue !

A Montpellier, ce n’est clairement pas l’extrême-droite qui tenait la rue !

Montpeul, c’est le pays de la ligue du midi, et donc le bastion du Réseau Identité. C’est aussi à quelques kilomètres de Béziers qui a connu récemment la victoire électorale de Robert Ménard sous les couleurs bleues marine. Le Front National ainsi que la famille Roudier et ses troupes identitaires étaient bien présents, et ont ainsi pu partager la débâcle d’une centaine de fachos dans une ville où défilaient plus d’un millier d’antifascistes !

Jour de colère à Nantes

Nantes a donc reçu le renfort des fachos tourangeaux. La capitale bretonne accueillait donc toute l’extrême-droite de Bretagne, des Pays-de-la-Loire, du Centre… Malgré cela, ils n’étaient pas 150 à brailler leurs obscénités. Les hommens se sont donc caillé les miches pour pas grand chose et les nationalistes pas très fixés (la banderole de tête proclamait « français en colère » mais n’était suivie que de drapeaux bretons) ont tout le temps de réfléchir à leurs paradoxes. Pendant ce temps, la police a su faire régner l’ordre (demain l’ordre nouveau ?) en interpelant « préventivement » une quinzaine de militants antifascistes pour éviter que ne soit perturbée la marche fascisante.

Jour de colère à Paris

Si on était sympa, on ne parlerait pas de Paris. Il faut dire que cette saison deux (et mon petit doigt me dit que ça devrait être la dernière) était consacrée à la province. Pourtant, des appels à se rassembler devant l’hôtel de ville et les mairies d’arrondissement (pour y jeter du PQ, waouh…) existaient. Rien devant les mairies d’arrondissement, une quinzaine de supporters de Dieudonné venus prendre la pose avec leur ananas et en faisant des quenelles, le ridicule ne tue pas… on confirme !

Jour de colère à Toulouse

Mais si, regardez bien, il y a une manif derrière le SO, loin dans le fond !

Mais si, regardez bien, il y a une manif derrière le SO, loin dans le fond !

20 fachos cagoulés à faire le service d’ordre autour d’un capitole vide. Au fond, même pas autant de fachos rassemblés derrière leurs banderoles illisibles du public. Le voilà l’immense jour de colère toulousain, celui qui devait servir aux masses populaires à s’élever contre la dictature socialiste.

En face, un cortège antifasciste coloré et animé a réuni 250 toulousains et toulousaines. Ils ont pu affirmer l’espoir révolutionnaire face au « parti du désespoir contre-révolutionnaire » qu’incarne le fascisme de jour de colère. Mais que les lecteurs fachos (et ils sont nombreux, je les vois) se rassurent pour leurs amis toulousains : cette fois, les flics sont intervenus suffisamment tôt et avec suffisamment d’ampleur pour leur éviter la moindre confrontation, puis les ont généreusement exfiltré, comme au bon vieux temps. La répression policière se solde par 9 interpellations, 5 gardes-à-vue et 2 blessés chez les antifascistes, à suivre pour la répression judiciaire. Compte-rendu détaillé sur le blog de l’UAT.

Le cortège antifasciste à Toulouse

Le cortège antifasciste à Toulouse

En guise de conclusion provisoire :

1. Contrairement aux fantasmes dystopiques de certains, les fachos ne sont pas emportés par une spirale de réussite croissante sans limite. La période leur réussit et ils savent se servir des possibilités qui leurs sont offertes, pour autant, ils sont loin de devenir hégémoniques, sont eux aussi confrontés à leur manque de perspectives claires, à leur dissensions, leurs difficultés stratégiques…

2. Là où les antifascistes ont réellement organisé la mobilisation, elle fut réussie, nettement plus que celle des fachos. En soit, c’est déjà une victoire, pas uniquement symbolique, qui va leur faire perdre un peu d’assurance et donc d’initiative. En plus, comme on le voit à Tours, la mobilisation antifasciste n’est pas inutile, il y a moyen par notre entêtement à renvoyer les fachos chez eux. Nous devons à tout prix occuper le terrain, être à l’offensive sur tous les fronts, être porteurs de valeurs et de projets. Leurs avancées sont faites de nos reculs, heureusement nos avancées font aussi leurs reculs.

3. On le répète sans cesse, mais les flics ne sont et ne seront jamais de notre côté. Le fait qu’ils aient gazés trois fachos homophobes au moment des manifs pour tous n’en fait pas des alliés. Sur le chemin de notre combat antifasciste se dressera toujours l’État et son bras armé. Nous devons le savoir et préparer notre combat contre les fachos et contre l’État et ses serviteurs. Serviteurs qui ne peuvent donc pas être nos alliés, on ne peut à la fois militer dans des collectifs avec les organisations au pouvoir, combattre leur politique raciste et leur flicaille.

Les antifa du coeur WIN

Nous avions commencé à lister les premiers ravalements de façades antifa ici, les Ty Pennington de l’antifascisme poursuivent leur œuvre.

A Vannes par exemple, le Front National a investi dans du verre feuilleté pour la vitrine de leur permanence. Il faut savoir que visuellement, rien ne distingue le verre feuilleté d’un verre classique. Heureusement, pour cette section du parti qui tente un laborieux lifting, un passant à la fibre antifasciste a eu la gentillesse de rentabiliser l’investissement du FN. Après 13 coups de marteau, la vitrine était enfin émaillée des décorations en étoiles caractéristiques du verre feuilleté.

La permanence du FN dégradée à Vannes. Le suspect vu de dos.

La permanence du FN dégradée à Vannes. Le suspect vu de dos.

Mais à la différence de la téléréalité, il arrive dans la vraie vie que les bénéficiaires ne soient pas satisfaits du service rendu. En octobre 2013, le FN inaugure en grande pompe sa nouvelle permanence de Clermont-Ferrand. Pas très doués, les fachos locaux ne font rien pour mettre en valeur la nouvelle utilité de cet ancien restaurant marocain. Heureusement divers antifascistes se sont aussitôt mis au travail. Tapisseries et peintures annonçant la couleur, nouvelles aérations et ouverture du locale sur la rue… les décorateurs n’ont pas lésiné sur l’huile de coude ! Pourtant, à peine un mois plus tard, le Front National, sûrement insatisfait du résultat, quittait ingratement sa permanence.


Municipales 2014 : le local du candidat FN à… par France3Auvergne

[MAJ du 14/03]

Décidément il semblerait que plus on est généreux, moins on est récompensé. Deux personnes auraient en effet, selon les identitaires lyonnais, été placées en Garde à vue à Lyon soupçonnées d’avoir tagué la permanence du FN ainsi que le local des identitaires.

Permanence du FN lyonnais repeinte par les antifa.

Permanence du FN lyonnais repeinte par les antifa.

Local lyonnais des identitaires

Local lyonnais des identitaires

Identitaire à l’université Rennes 2 FAIL

De FdeSouche à Breizh-info, la fachosphère s’agite autour d’un « fait divers : Philippe Perchirin a été « agressé » à l’Université Rennes 2 où il donnait une conférence. On ne s’étonnera pas de les voir s’indigner et diffuser l’information à une telle vitesse avec une telle vigueur, tout en niant que Perchirin soit des leurs, non, on ne s’en étonnera pas. On connait le sens de la cohérence identitaire.

On ne s’étonnera pas non plus que l’Université Rennes 2 laisse un intervenant lié à la mouvance identitaire intervenir sur le campus, trois fois. Après tout, on savait déjà que le progressisme de la direction de cette université s’arrêtait là ou commence la liberté syndicale.

On pourrait éventuellement s’étonner de l’insistance du sieur Perchirin à nier son appartenance à l’Extrême-droite identitaire. Ainsi dans la vidéo diffusée par ouest-france (qui ose appeler « reportage » 1’30 de bla-bla du seul Perchirin, sans rien d’autre, ni commentaire, ni contextualisation ni rien), celui-ci explique être effrayé par le fait que les individus l’ayant agressé (juste un jet d’ammoniac, regardez comme il va bien dès le lendemain) n’aient rien compris à ce qu’il dit et ce qu’il est, se soient basé sur deux liens trouvés sur internet sans en lire le contenu.

 
Perchirin conférencier aspergé d’ammoniac… par OuestFranceFR

C’est tout de même déroutant car effectivement internet laisse des traces. Or ces traces indiquent clairement les liens réguliers de Philippe Perchirin avec la mouvance identitaire, liens qui s’inscrivent qui plus est dans la durée. En novembre 2010, il publiait un premier article sur le site de Riposte laïque, le mois suivant, il participait à Paris à un colloque identitaire. En 2011 cette fois on le retrouve aux coté des identitaires bourguignons. Toujours en 2011, on le retrouve à l’université d’été du bloc-identitaire comme intervenant1. En mars 2012, il était intervenant aux islamophobes assises de la nationalité … organisées par le bloc identitaire. En juin 2012, il écrivait un nouvel article pour riposte laïque…

Alors pas besoin d’aller chercher plus loin ! Toutes les dénégations, toutes les contorsions, tous les débats de fond que l’on veut n’y changeront rien, on a affaire à un gars qui a l’habitude de s’exprimer pour la mouvance identitaire, évidemment pas  pour y porter la contradiction mais qui appartient « au mouvement identitaire »  dont il est « orateur » ! Être Facho, c’est mal, mais ne même pas l’assumer ne sert à rien.

C’est enfin sur un site identitaire breton qu’on trouve ce qu’ils présentent comme le tract de revendication laissé sur les lieux de la conférence. C’est évidemment un pur hasard si ces fachos avec lesquels il n’a aucun lien produisent ce document dès le lendemain des faits !

Le tract de revendication

Le tract de revendication

  1. on notera que le bloc ne cite pas Philippe Perchirin parmi les « invités extérieurs » mais parmi les « orateurs du mouvement identitaire », cette présentation qui est celle de la brochure qu’avait diffusé le bloc identitaire se trouve partout sur le net, sans que Perchirin n’ait rien trouvé à y redire []