Colère réactionnaire FAIL, antifascisme révolutionnaire WIN

En janvier, ils étaient environ 16 à 20 000 à défiler dans les rues de Paris au son de slogans antisémites et racistes, agressant les journalistes… Forts de cette réussite, les fachos de jour de colère avaient annoncé « une deuxième saison » pour ce week-end du 5 et 6 avril. Le but était cette fois-ci de décentraliser la mobilisation en organisant des manifestations dans 8 villes de province (ils entendent par là les autres régions que l’Île-de-France) afin de pouvoir mobiliser plus de monde. Le résultat est sans appel, la tôle des fachos ce week-end est comparable à celle des socialos le weekend précédent, c’est pour dire. En effet, sur neuf initiatives, ils n’ont pas rassemblé 1000 personnes. L’organisation regroupait pourtant tout ce que la France peut compter de fachos, dans toute leur diversité. On y retrouvait des ultra libéraux se revendiquant des mouvements « pigeons » ou « bonnets rouges », des antisémites à la mode Pétain de jeune nation (resucée des Jeunesses Nationalistes soit-disant dissoutes), des antisémites plus modernes (et parfois même issus de l’immigration, quelle horreur aux yeux des précédents), soutien de Dieudonné, des électoraliste du FN et des boneheads du MAS, des royalistes, des cathos intégristes, des identitaires… Sur l’ensemble des villes, l’échec est cuisant, sans exception. L’autre constante, c’est le mal que s’est encore et toujours donné la police pour protéger les nazillons. Petit tour de France des Fail des fachos de ce weeekend.

Jour de colère à Tours ?

La manifestation antifasciste à Tours, le 6 avril

La manifestation antifasciste à Tours, le 6 avril

Comment ça un cortège antifasciste ? Et pas la moindre photo de fachos tourangeaux pour illuster cet article ? Pas même Pierre Louis Mériguet s’adonnant au lancé de chaise, son sport préféré ? Il n’y a pas de photo du Jour de colère saison 2 à Tours, tout simplement parce que la manifestation initialement prévue n’a pas eu lieu. Quelques jours avant la manifestation, Jour de Colère 37 a finalement annoncé qu’ils annulaient leur manifestation et appelaient à rejoindre celle de Nantes. Les raisons données ? Les craintes liées à un appel à contre-manifester et à leur incapacité à assurer leur propre sécurité. Un premier Fail pour les fachos donc, mais aussi et avant tout contre tou-te-s celles et ceux qui disent régulièrement que la mobilisation antifasciste ne sert à rien, que les manifs et contre-manifs, c’est inutile.

Les antifascistes tourangeaux auraient pu se contenter de cette première victoire et rester au chaud chez eux. Mais ils ont choisi de maintenir la mobilisation prévue et ont occupé la ville en l’absence des fachos partis gouter l’air nantais. Un cortège de 150 antifascistes a mené une manifestation dynamique, émaillée de violences policières qui ont causé deux blessés. Voir le compte-rendu du Collectif Antifasciste Tourangeau.

Jour de colère à Bordeaux

Bordelais, craignez leur colère !

Bordelais, craignez leur colère !

Ok, on va être honnête, nos deux valeureux militants en colère (et féminine mais pas féministe) ont reçu le renfort de quelques congénères, ce qui leur a permis de défiler dans les rues … à au moins 40 !

Jour de colère à Caen

Jour de colère 2, à Caen

Jour de colère 2, à Caen

Cette fois, pas de blague. On vous promet que cette photo montre bien l’ensemble des fachos mobilisés pour le jour de colère à Caen. Si on excepte les passants dans le fond et les fonctionnaires de police (ce qui est certes très discutable, mais comme ils sont payés pour y être, ça ne compte pas), le décompte précis n’atteint pas 20 manifestants ! Nous ne nous étendrons pas sur l’unique slogan inscrit sur leur banderole.

Jour de colère à Dijon

« Sans fachos, la fête est plus folle »

Le défilé facho dijonnais parait vivant à côté du tableau caennais. Il y avait dans l’est de nombreuses banderoles et drapeaux, presque autant que de manifestants. La seule banderole siglée était celle du Parti de la France, derrière laquelle défilait un manifestant portant d’ailleurs fièrement le T-Shirt de génération identitaires, probablement la version faf du métissage. Parmi les drapeaux, outre ceux de la manif pour tous, on dénombrait aussi des drapeaux français, un drapeau floqué du cœur vendéen et un drapeau breton, sûrement l’internationalisme à la mode fachos. Les slogans étaient aussi hétéroclites, des slogans antisémites (visant entre autres Rebsamen, le maire de Dijon), des slogans racistes (visant Valaud-Belkacem, Désir et surtout Taubira), des slogans homophobes, d’autre contre les francs-maçons… Pour un peu, les fachos auraient presque pu s’estimer satisfaits. Sauf qu’en fait, ils étaient à peine 50. Sauf qu’en face, les festivités antifascistes ont réuni plus de 500 personnes place Wilson. Sauf que nos glorieux combattants en colère n’ont pu défiler que grâce à la très forte présence policière qui a maintenu à distance la contre manifestation antifasciste qui se serait fait un plaisir de les dégager de là !

Les CRS ont parfois payé de leur personne pour protéger les fachos

Les CRS ont parfois payé de leur personne pour protéger les fachos

Jour de colère à Lille

A Lille, la mobilisation était organisée par un militant frontiste. Civitas, les identitaires et surtout un « gros » cortège d’une vingtaine de militants du Mouvement d’Action Sociale (MAS) étaient visibles. En tout une centaine de personnes, plutôt déçues de ne pas être plus.

Jour de colère à Lyon

Alexandre Gabriac est-il caché derrière ce drap ?

Alexandre Gabriac est-il caché derrière ce drap ?

Lyon se veut un peu ces derniers temps la capitale de l’extrême-droite radicale. Accordons-le leur, au jeu de « qui a la plus grosse », les lyonnais ont battu leurs camarades des autres villes (normal pour la capitale des gaules). En même temps, c’est surtout inquiétant pour les autres villes. Car, loin des milliers de manifestants espérés, le GUD, les identitaires, Jeune Nation etc… n’étaient pas plus de 300, tout compris !

Jour de colère à Montpellier

A Montpellier, ce n'est clairement pas l'extrême-droite qui tenait la rue !

A Montpellier, ce n’est clairement pas l’extrême-droite qui tenait la rue !

Montpeul, c’est le pays de la ligue du midi, et donc le bastion du Réseau Identité. C’est aussi à quelques kilomètres de Béziers qui a connu récemment la victoire électorale de Robert Ménard sous les couleurs bleues marine. Le Front National ainsi que la famille Roudier et ses troupes identitaires étaient bien présents, et ont ainsi pu partager la débâcle d’une centaine de fachos dans une ville où défilaient plus d’un millier d’antifascistes !

Jour de colère à Nantes

Nantes a donc reçu le renfort des fachos tourangeaux. La capitale bretonne accueillait donc toute l’extrême-droite de Bretagne, des Pays-de-la-Loire, du Centre… Malgré cela, ils n’étaient pas 150 à brailler leurs obscénités. Les hommens se sont donc caillé les miches pour pas grand chose et les nationalistes pas très fixés (la banderole de tête proclamait « français en colère » mais n’était suivie que de drapeaux bretons) ont tout le temps de réfléchir à leurs paradoxes. Pendant ce temps, la police a su faire régner l’ordre (demain l’ordre nouveau ?) en interpelant « préventivement » une quinzaine de militants antifascistes pour éviter que ne soit perturbée la marche fascisante.

Jour de colère à Paris

Si on était sympa, on ne parlerait pas de Paris. Il faut dire que cette saison deux (et mon petit doigt me dit que ça devrait être la dernière) était consacrée à la province. Pourtant, des appels à se rassembler devant l’hôtel de ville et les mairies d’arrondissement (pour y jeter du PQ, waouh…) existaient. Rien devant les mairies d’arrondissement, une quinzaine de supporters de Dieudonné venus prendre la pose avec leur ananas et en faisant des quenelles, le ridicule ne tue pas… on confirme !

Jour de colère à Toulouse

Mais si, regardez bien, il y a une manif derrière le SO, loin dans le fond !

Mais si, regardez bien, il y a une manif derrière le SO, loin dans le fond !

20 fachos cagoulés à faire le service d’ordre autour d’un capitole vide. Au fond, même pas autant de fachos rassemblés derrière leurs banderoles illisibles du public. Le voilà l’immense jour de colère toulousain, celui qui devait servir aux masses populaires à s’élever contre la dictature socialiste.

En face, un cortège antifasciste coloré et animé a réuni 250 toulousains et toulousaines. Ils ont pu affirmer l’espoir révolutionnaire face au « parti du désespoir contre-révolutionnaire » qu’incarne le fascisme de jour de colère. Mais que les lecteurs fachos (et ils sont nombreux, je les vois) se rassurent pour leurs amis toulousains : cette fois, les flics sont intervenus suffisamment tôt et avec suffisamment d’ampleur pour leur éviter la moindre confrontation, puis les ont généreusement exfiltré, comme au bon vieux temps. La répression policière se solde par 9 interpellations, 5 gardes-à-vue et 2 blessés chez les antifascistes, à suivre pour la répression judiciaire. Compte-rendu détaillé sur le blog de l’UAT.

Le cortège antifasciste à Toulouse

Le cortège antifasciste à Toulouse

En guise de conclusion provisoire :

1. Contrairement aux fantasmes dystopiques de certains, les fachos ne sont pas emportés par une spirale de réussite croissante sans limite. La période leur réussit et ils savent se servir des possibilités qui leurs sont offertes, pour autant, ils sont loin de devenir hégémoniques, sont eux aussi confrontés à leur manque de perspectives claires, à leur dissensions, leurs difficultés stratégiques…

2. Là où les antifascistes ont réellement organisé la mobilisation, elle fut réussie, nettement plus que celle des fachos. En soit, c’est déjà une victoire, pas uniquement symbolique, qui va leur faire perdre un peu d’assurance et donc d’initiative. En plus, comme on le voit à Tours, la mobilisation antifasciste n’est pas inutile, il y a moyen par notre entêtement à renvoyer les fachos chez eux. Nous devons à tout prix occuper le terrain, être à l’offensive sur tous les fronts, être porteurs de valeurs et de projets. Leurs avancées sont faites de nos reculs, heureusement nos avancées font aussi leurs reculs.

3. On le répète sans cesse, mais les flics ne sont et ne seront jamais de notre côté. Le fait qu’ils aient gazés trois fachos homophobes au moment des manifs pour tous n’en fait pas des alliés. Sur le chemin de notre combat antifasciste se dressera toujours l’État et son bras armé. Nous devons le savoir et préparer notre combat contre les fachos et contre l’État et ses serviteurs. Serviteurs qui ne peuvent donc pas être nos alliés, on ne peut à la fois militer dans des collectifs avec les organisations au pouvoir, combattre leur politique raciste et leur flicaille.

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