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FailFaf : Tirer le bilan, se tirer WIN

Après presque un an sans publication sur FailFaf, il est amplement temps d’assumer cette cessation d’activité et d’en donner quelques explications en forme de bilan.

S’il n’y a pas eu de nouveaux articles depuis Auteur de polar engagé FAIL, ce n’est pas faute d’idées d’article à rédiger. Les excuses habituelles et notamment le manque de temps, ne suffisent pas non plus à expliquer ce silence. Il faut admettre un manque de motivation, une perte d’envie d’avoir envie.

Nous allons en analyser un peu les différentes raisons, de manière à s’expliquer, un peu comme un du au lecteur, mais aussi parce que les RetEx (retours d’expérience) sont une forme de solidarité et de travail collaboratif qui nourrit la production futur des différentes personnes s’impliquant dans les tâches antifascistes, notamment sur internet.

Quel rôle pour FailFaf ?

Les lecteurs et lectrices les plus assidu-e-s de FailFaf ont pu noter de régulières évolutions dans sa forme et son contenu.

C’est un poncif maintes fois rabattu que de dire que les antifascistes sont en retard sur le net comparé à leurs adversaires d’extrême-droite. Pour autant, à la création de FailFaf, il existait déjà pas mal de blogs et de sites antifascistes. Le but de FailFaf n’était pas de refaire ce qui existait déjà. Non que l’idée soit totalement à proscrire. Si on observe un peu la fachosphère, on note que de nombreux sites tiennent le même rôles. Certains articles sont ainsi reproduits des dizaines de fois sur des sites différents. Parfois en citant la source et en y renvoyant par un lien (il s’agit alors principalement de faire du réseautage, d’agrandir et d’intensifier la toile pour en améliorer la visibilité et principalement de booster le référencement du site source, généralement un site clé de la fachosphère), d’autre fois l’article est publié sans autre référence, comme s’il était la production du site ou du blog, parfois sa rédaction (et ou son illustration) est même retravaillée pour en modifier le ton, le champs sémantique… Il s’agit alors de diffuser la même info, intox, ou argumentation vers un nouveau public qui n’ira pas forcément lire d’autres sources avec le même fond. Ainsi un article publié dans la sphère royaliste avec un vocabulaire sur la Ripoublique et les nègres, s’il est ré-écrit avec le même fond mais en parlant d’empire et des suédois sur un site soralien touchera un autre public, avec un même but. Sauf que comme nous sommes très en retard sur l’extrême-droite, il nous a semblé que ce travail ne correspondait pas au stade de développement de notre présence sur le net. Autrement dit, notre analyse se fondait plus sur un besoin immédiat de diversifier l’offre que d’étoffer l’offre existante.

L’idée fut donc de rompre avec le ton purement militant mais aussi avec l’intellectualisme d’une partie du milieu militant antifasciste. De faire des billets s’adressant à celles et ceux ne lisant pas les longs articles existant. L’image nous a semblé un outil adéquat pour faire passer un message en un rien de temps, sans compter que le référencement des images sur les moteurs de recherche est un atout à ne pas négliger. Toujours dans une quête de simplicité et de message immédiat, ne demandant ni recherche ni réflexion aux lecteurs et lectrices, le choix s’est porté sur la binarité du jeu des Fail et des Win, assez en vogue alors (surtout les Fail) dans les divertissements sur internet.

Comme indiqué dans cet article à l’arrivée de Failfaf sur la plateforme antifa-net, le but était aussi de rompre avec un certain victimisme inhérent à l’antifascisme. Comment attirer des gens à nous (et non les jeter dans le camp d’en face) quand une grande partie de l’expression antifasciste revient à d’interminables plaintes pignouses en mode « les fachos, ils sont partout », « attention l’extrême-droite ne fait que progresser », « les fachos nous ont encore agressé », etc. Surtout qu’en réalité, malgré une période clairement difficile, il n’y a pas une progression homogène des fachos, ni une impuissance homogène des antifa. Bien souvent, les fachos se loupent lamentablement et régulièrement les antifascistes réalisent de belles choses (pas uniquement à coups de poings, même si ça fait partie intégrante de l’antifascisme). Une image et hop « regardez ces merdes de faf », une autre image et hop « regardez ces antifa s’ils n’ont pas la classe ». Le concept n’était pas forcément totalement idiot, ni dénué de possibilités de réussites. Ainsi, une pauvre image de l’Action Antifasciste Paris Banlieue (disons 2 minutes de travail) a pu attirer 20000 internautes (IP différentes) en deux jours après l’assassinat de Clément Méric, sur un pauvre blog blogger moche, sans aucun travail de référencement et de promotion. Sauf que…

Nos buts ne sont pas ceux de l’extrême-droite : forme et fond.

Si l’antifascisme n’était qu’une guerre de territoire face aux fachos, que le but n’était que d’occuper le territoire du net pour le disputer à l’extrême-droite comme certains réduisent l’antifascisme de terrain à tenir physiquement une rue, le concept aurait peut-être pu être suffisant. Sauf que ce n’est pas le cas. L’antifascisme a pour but de battre en brèche les idées faisant le terreau de l’extrême-droite et d’imposer en échange un certain nombre de valeurs.

Le premier écueil de FailFaf a été celui de la source et de l’information vérifiable. L’extrême-droite ne s’embarrasse pas de tel soucis, elle balance une image ou une info sans dire de quoi il s’agit, de ce que ça signifie, sans en permettre la vérification de la véracité (et pour cause, les trois-quarts de ce que publient les fafs est totalement bidon). Mais nos idées et nos buts n’étant pas les mêmes que ceux des fachos, ils ne peuvent progresser par les mêmes méthodes. La démagogie et la désinformation ne peuvent armer les opprimés contre l’extrême-droite, ne peuvent pas favoriser la prise en main du champs politique par les masses, leur auto-organisation. Si beaucoup de questions restent en débat sur les modalités de l’antifascisme, celle-ci n’est pas discutable : l’antifascisme ne saurait être le négatif du fascisme.

Dans un premier temps, la solution trouvée fut d’adjoindre aux images une légende et une simple phrase de contextualisation, comportant généralement un lien pour permettre d’en apprendre plus sur le thème abordé sans alourdir la publication. Cet entre-deux s’est provisoirement révélé relativement satisfaisant. Mais rapidement insuffisant. Quand il s’agit de dire que des fachos se sont fait démontés la gueule, ont planté leur initiative, qu’une initiative antifa a été réussie ou a empêché une initiative faf, la méthode fonctionne. Mais quand il s’agit de démontrer que tel type de discours citoyenniste fait le lit des fafs, que souvent la gauche sensée être antifasciste sert de propulseur à l’extrême-droite, ou parler d’un groupe facho ou d’un groupe antifa méconnu, qu’une organisation de prime-abord progressiste et aux buts intéressants est en fait un nid à fafs… le modus operandi rencontre rapidement ses limites. Nous nous sommes alors lancés dans des rédactions plus longues, plus théoriques… Il n’y a pas de regrets, souvent l’article était pertinent et utile, il n’empêche que le blog s’éloignait grandement de ses buts et formes initiales, perdait de son originalité et de son homogénéité.

Nos buts ne sont pas ceux de l’extrême-droite : les valeurs.

L’autre limite pure de la méthode de l’image brute (ou presque) et du ton humoristique, réside dans les valeurs qu’elles transmettent. Moins il y a de discours, plus on est dans le simplisme, et plus on est dans le simplisme, plus on risque de faire appel aux valeurs oppressives dominantes. Par exemple on peut mettre en valeur les antifascistes à l’aide d’une simple image ou de vannes en montrant la qualité artistique de leurs réalisations, ou en montrant leur force du nombre, mais souvent le plus simple ramène quand même à une imagerie folklorique (nous prônons la diversité de l’antifascisme et sa capacité à inclure largement, à ce titre, nous n’avons rien contre les groupes largement masculins, tout en noir, visage masqués et fumis à la main qui ont toute leur place dans l’antifascisme, mais n’y voyons certainement pas le B-A-Ba de l’antifascisme, encore moins sa représentation exhaustive) voir bien souvent viriliste. De même se foutre de la gueule des fachos en une image et deux vannes peut se faire avec de l’humour pertinent, mais souvent on sombre dans « ils se croient forts mais ne savent pas se battre » ou « ah ces fachos incultes et analphabètes » (même si l’article s’en défend, il n’y échappe pas totalement). Cela ne signifie pas qu’il ne faut pas faire d’humour quand on est antifa ou qu’il faut renoncer aux messages simples et illustrés, c’est au contraire une nécessité à sans cesse travailler, mais c’est tout de même une difficulté indéniable. Il y a donc les valeurs qu’on veut surtout éviter de transmettre, mais il y a aussi celles qu’on voudrait faire passer. L’antifascisme, c’est évidemment de combattre les fachos, mais c’est aussi d’y opposer des valeurs de solidarité, de diversité, de métissage, d’émancipation, d’auto-organisation des opprimés, d’anticapitalisme… Or, là, s’il est possible de faire passer ces valeurs sous la forme initiale du blog, nous n’en avons pas trouvé le moyen. Autre limite plus spécifique à l’utilisation de l’humour, surtout quand il se veut non oppressif, voir progressiste, est de tomber dans un référentiel limité et fermé (en gros, bien que ce soit totalement suggestif, nous pensons que le défaut de pas mal de blagues du blog n’est pas de n’être intrinsèquement pas drôle mais de ne faire rire qu’un très petit cercle fermé de personnes ayant les mêmes références et univers). Or l’entre-soi est justement une des valeurs que l’antifascisme se doit de combattre et un défi à relever.

Nos buts ne sont pas ceux de l’extrême-droite : nuance et vérité.

FailFaf n’a jamais voulu renoncer à un angle optimiste, à renverser l’image ressortant majoritairement du net (que ce soit des productions gauchos ou fachos) d’une extrême-droite toute puissante et d’un camp adverse paralysé et incapable. Pour autant, seule la vérité est révolutionnaire. Il n’était pas question de faire passer des échecs pour des victoires et vice-versa. Une solution est évidemment de sélectionner ce dont on parle. Mais à un moment donné, la nécessité s’est fait sentir avec force de parler de certaines choses qui ne sont pas à l’honneur du camp se disant antifasciste, ce fut le début de l’utilisation des Fail non plus pour les fafs mais pour leurs adversaires, comme ici. Un dévoiement du principe de départ qui n’a pas cessé de poser question. De même, la vie n’est pas faite de noir et de blanc. Il y a des faits intéressants à analyser sans pour autant pouvoir dire que ces faits soient positifs ou négatifs. Ces questions se posent avec d’autant plus d’acuité si on veut coller un peu à l’actualité, il n’est alors plus possible de sélectionner le thème abordé pour le faire coller à une case WIN ou FAIL. Or, il y a toujours eu sur FailFaf un refus de céder à une dictature de l’actualité immédiate. Le principe du web (et a fortiori des réseaux sociaux) créé un phénomène très déplaisant d’emballement collectif sur ce qui vient de se passer, sans prendre le temps d’en mesurer l’importance réelle, ni d’en analyser les tenants et les aboutissants, amenant donc à une superficialité de l’information… et à un oubli tout aussi immédiat de ce qui est « dépassé » entrant en contradiction avec toute logique matérialiste historique et même avec toute logique politique et analytique. Pour autant, quand il se passe quelque chose et que la faible sphère du net antifa ne le traite pas, fallait-il laisser les média mainstream ou la fachosphère comme seule source d’info ? Et si la sphère militante progressiste délaisse un angle d’attaque ou une information complémentaire ? Ainsi FailFaf, a là encore cédé à la pression et fait des articles d’actualité. Il n’est toujours pas question de le regretter en soi, ces articles ont pu avoir leur utilité. Pour autant, ils n’ont pas échappé aux dangers de l’immédiateté. Certains articles a chaud ont pu par la suite amener à réviser ou nuancer leur jugement, ou à être rendus partiellement caduques par des infos ultérieures. À l’inverse, les tergiversations ont pu, en retardant la parution d’articles, en limiter l’impact comme ce fut le cas avec le billet sur la Gaza Firm, qui pour autant a eu son utilité comme on le verra.

Production personnelle et travail collectif

La naissance de FailFaf fut un acte purement individuel. Le rédacteur de ces lignes a ouvert un blog sur blogger (choix uniquement dicté par la simplicité apparente de la plate-forme google), foutu quelques photos avec un titre, et FailFaf était né. Par la suite différentes formes de travail collectif ont vues le jour à des échelles différentes. Des personnes ont contribué juste en donnant des infos, des idées, proposant des photos. Quelques articles ont été écrits à quatre mains, mais globalement cela restait majoritairement un projet individuel, avec une personne seule faisant les choix éditoriaux, donnant la ligne politique… Ce fut aussi une constante source d’interrogation, la liberté et l’indépendance du travail quasi solo contre la force de frappe du travail collectif… Il y a eu un tournant important dans l’histoire de FailFaf puisqu’en juin 2013, il a quitté son nid de serpent google pour rejoindre la plate-forme antifasciste antifa-net. Cela répondait à la fois à une volonté purement consumériste de n’être plus hébergé par une multinationale mais par des militants, et à la volonté de participer de ce projet collectif. Pour autant, il n’était pas question d’investir de l’énergie et du temps dans le développement de la plate-forme elle-même (question de temps, mais aussi de compétences, de priorités…). Or c’est une question qui s’est posée au sein des différents participants du projet antifa-net de savoir si les blogueurs se contentaient d’être hébergés ou faisaient vivre collectivement le projet. Les blogs de la plate-forme gardaient leur indépendance tant qu’ils respectaient la charte de base, délimitant notamment un antifascisme radicalement anticapitaliste et révolutionnaire, indépendant des organisations notamment politiques (ce qui n’empêchait nullement l’appartenance des blogueurs à une orga). Cette indépendance des différents blogs a été parfaitement respectée et il est important de noter que FailFaf, seul blog citant régulièrement du Lénine ou du Trotsky sur une plate-forme à la tonalité clairement anar et autonome, n’a jamais eu à subir la moindre pression sur sa ligne politique. Pour autant, tout indépendants qu’ils soient, l’appartenance des blogs à un projet ne pouvait pas être sans incidence. Chaque blog pouvait être invectivé et tenu de se justifier par rapport aux publications d’autres blogs, aux agissements d’autres blogueurs. Pendant un temps, je trouve qu’antifa-net a rempli son rôle. Indépendance et grande complémentarité des blogs (certains basés sur l’esthétique des photos, d’autres sur la musique, d’autres sur des thématiques plus précises comme l’anarchist black cross, sur l’angle plus local d’une ville, ou au contraire abordant des questions plus larges que l’antifascisme stricto sensu comme le serpent à plume ou Brasiers et Cerisiers) mais une solidarité certaine (assistance technique, promotion de ses voisins de plate-forme…). Au bout d’un temps, pour différentes raisons sur lesquelles je ne compte pas m’étendre, la plate-forme a décliné. Certains blogs ce sont retirés, d’autres n’ont plus été actifs, des projets n’ont pas vu le jour… Par ailleurs, les blogs continuant de vivre l’ont surtout fait de manière totalement déconnectée des autres et, mais c’est un avis purement personnel, la qualité globale de la production a plutôt baissé. Rien qui ne justifie de se retirer de la plate-forme, ce pourquoi d’ailleurs FailFaf y est resté jusqu’au bout, mais des interrogations et des difficultés, des évolutions qui ont aussi joué sur la perte de motivation.

De véritable coproduction, il n’y en a eu qu’une. Il s’agit de l’article sur Sea Shepherd qui après avoir été co-réalisé, a été simultanément diffusé sur les enragés et sur FailFaf. À différents points-de-vue, cette coproduction a été une réussite, tout d’abord parce que le résultat est plutôt bon, mais aussi parce que les fortes divergences politiques n’ont nullement empêché un travail en bonne intelligence, que les auteurs ont su mettre en commun leurs savoir-faire et connaissances respectives… Pour autant, ce n’était pas non plus la vocation de FailFaf de faire de ce coup ponctuel une habitude de fonctionnement.

Sécurité sur internet

Dans le milieu militant, la sécurité internet on en parle beaucoup mais on ne fait pas grand chose. Quand on tient un blog, on peut s’interroger sur sa propre sécurité. Les deux principaux dangers sont de se faire casser la gueule par des fachos prenant mal ce qu’on écrit sur eux et surtout d’essuyer des plaintes en justice, courantes contre les auteurs de blogs antifa (en réalité, le principal soucis de sécurité pour qui publie sur le net, c’est de se prémunir contre les incessantes attaques informatiques contre le site, mais cette partie était assurée, avec brio, par les gérants de la plate-forme antifa-net). Le premier cas pose la question de l’anonymat qui au-delà des risques physiques, prémuni aussi de différents désagréments auxquels on peut être exposés (emmerdes dans le milieu professionnel par exemple). Sans s’appesantir, ça n’a pas été un problème majeur dans le cadre de FailFaf, tout juste, à deux reprises, des infos n’ont pas été publiées car leur provenance paraîtrait trop évidente (en réalité, le travail de terrain est souvent une exposition bien plus importante). À noter que parmi les rares menaces de venir casser les genoux de l’auteur d’un article, une des plus directe émanait de gens d’une organisation se disant de gauche, mécontents de voir leur antifascisme mis en cause). Pour ce qui est du risque de plainte, il faut avoir en tête qu’il est impossible de tenir un blog antifasciste et révolutionnaire sans jamais franchir les limites de la Loi, qui rappelons-le, est faite par et pour la classe au pouvoir. Cependant, là non-plus FailFaf n’était pas le plus exposé des sites antifa. Le fait de ne rien écrire sans donner la source de l’info diminue sérieusement le risque d’attaque pour diffamation (il est d’ailleurs a noté que la seule menace d’un avocat de déposer une telle plainte est restée lettre morte, malgré le refus évident de modifier ou supprimer les deux publications évoquant Nathalie Krier). L’autre plainte courante, c’est celle pour incitation à la haine, pour menaces, outrage… Clairement, un certain nombre d’articles pourraient prêter à ce type de plainte dont on n’est jamais à l’abri. Cependant, il existe suffisamment de publications moins subtiles pour que FailFaf, dont le but n’a jamais été d’éructer « mort aux flics et aux fachos » ou « untel on va te péter la gueule », ne soit pas la plus exposée.

Mais il y a une chose que beaucoup d’internautes ne parviennent pas à comprendre, c’est que dès que tu publies sur internet (et parfois même sans y publier), ce n’est pas que ta propre sécurité qui est en jeu, mais également celle d’autres personnes n’ayant rien demandé. C’est à ce niveau que la sécurité a posé le plus d’interrogations car il est extrêmement difficile de se rendre compte de si on met quelqu’un en danger ou non. Parfois, une simple formulation, une phrase sans importance, peut se révéler être utilisée lors d’un procès. C’est évidemment la section WIN qui a le plus eu à pâtir de cette problématique. Tout d’abord les photos de groupes d’antifascistes. Il y a eu, ces dernières années, plusieurs cas de militants arrêtés après avoir été reconnus sur des photos qu’ils avaient eux-même postées sur internet, sans compter les fafs qui y nourrissent leurs fichiers1. Bien entendu, FailFaf n’a publié de photos rapprochées que quand elles avaient été diffusées par les intéressés eux-mêmes. Cependant, ça ne signifie pas grand chose, le hasard peut très bien faire qu’un flic pointilleux ou un facho tombe sur la photo qu’on a publié sans être tombé sur la publication originale. Le cas de conscience sur cette question s’est vraiment révélé une fois ou nous nous sommes rendu compte que les antifascistes avaient retiré la photo de leur compte Facebook le lendemain de sa diffusion sur FailFaf, qui restait donc la seule source publique de cette photo. Bien entendu, l’article a été immédiatement supprimé de FailFaf, mais l’incident a porté à réflexion, d’autant plus que l’auteur de ces lignes, dans son militantisme de terrain, a toujours été intransigeant dans le refus de telles photos de groupes et de diffusion d’infos sur les camarades antifascistes sur internet. Plus subtil, le risque de donner des infos ou tout simplement de tenir des propos susceptibles d’être utilisés à charge lors d’une instruction judiciaire. Là encore, on ne peut jamais être à l’abri, il est simplement question de doser le ratio prise de risque / intérêt. Certains articles ont été publiés alors qu’ une instruction était encore en cours. Il a plusieurs fois été question d’en supprimer. En effet, si des antifascistes avaient été arrêtés dans ce cadre, le seul fait qu’un blog antifasciste se félicite de l’action aurait pu, quand bien même les personnes arrêtées et les auteurs du blog n’avaient aucun liens et n’appartenaient pas aux mêmes sphères militantes, pu être utilisé contre les inculpés.

Cette partie sur la sécurité sur internet n’a pas pour but d’inciter les antifa a une paranoïa paralysante dont la seule conclusion possible serait de ne plus écrire sur internet. Le but est simplement double : d’une part prendre conscience des implications de ce qu’on fait sur le net, pour soi comme pour les autres, d’autre part calculer les prises de risques en fonction de l’intérêt réel de la chose. Courir un risque judiciaire pour un article qui vous fait plaisir à écrire mais n’apporte pas grand chose sur le fond et ne sera lu que par 1000 pelé dont 500 antifa déjà au courant de tout ce qu’il contient et 200 fachos convaincus faisant de la veille est de peu d’intérêt. Courir le même risque pour un article travaillé, révélant des choses que peu de gens connaissent et visant les centaines de milliers de vues, dont une majorité de personnes sincères susceptibles d’évoluer dans leurs positions ou leur comportement se considère évidemment d’une toute autre manière.

Le marigot de l’antifascisme

Le fourre-tout de ceux se réclamant de l’antifascisme est d’une hétérogénéité absolue. Mais même en réduisant le cercle à l’antifascisme radical (non pas à celles et ceux qui savent cogner, mais à un antifascisme conséquent, antisexiste, anticapitaliste et révolutionnaire), la diversité est encore reine. Il y a bien sûr là une des forces de l’antifascisme, diversité de cultures, de cultures politiques, de pratiques… Mais il y a aussi là sa principale faiblesse car la diversité cache également des guerres de chapelles, des guerres d’ego, et surtout des divergences qui peuvent s’avérer primordiale dans certaines circonstances, qu’il s’agisse de divergences théoriques ou dans la pratique. Dès sa création, FailFaf s’est voulu non pas au-dessus de la mêlée mais en dehors de ces histoires. Il y a à cela deux raisons principales. La première, c’est que FailFaf, par sa simplicité et son ton léger, ne voulait pas s’adresser aux petits cercles de l’antifascisme radical, ce qui rendait moins nécessaire de prendre position sur ses divisions. La deuxième, c’est que le pari de FailFaf était de considérer que malgré toute sa diversité, l’antifascisme radical constituait un milieu suffisamment exsangue, assiégé de toute part, que ce soit par les fachos, les flics, les racistes non assumés, la classe bourgeoise au pouvoir, les tenants de l’antiracisme moral, les citoyennistes, on en passe et des pires, que cet antifascisme radical malgré ses divergences et différences pouvait malgré tout être considéré comme un camp unique a défaut d’être uni, qui pouvait être défendu et promu en bloc face à ses ennemis déclarés ou non. Force est de constater que ces deux postulats de base on petit à petit laissé la place au doute.

Sur l’audience de FailFaf, on y reviendra par la suite. Mais il est évident que ce type de site (et ça vaut également pour des sites plus importants) touche en premier lieu les personnes déjà les plus investies, au moins intellectuellement, dans la thématique. De plus, l’évidence publique des divergences de la scène antifa, fait que même les lecteurs et lectrices n’y appartenant pas s’interrogent sur ces divisions, demandent des prises de positions, des arguments dans un sens ou dans l’autre, des prises de distances de tels ou tels propos ou actes (et quand on est soi-même en très gros désaccord, il est bien difficile de s’abstenir). Bref, petit à petit, FailFaf ne nous a plus paru comme quelque chose d’unifiant pour l’antifascisme radical mais comme un outil bancal, entre plusieurs chaises, sans prises de positions et donc sans ligne politique nette.

Sur l’existence d’un camp antifasciste radical, il y a probablement des évolutions personnelles qui sont intervenues, mais il y a aussi une évolution objective, d’aucuns parleront d’accélération de la décomposition, non seulement du milieu antifasciste révolutionnaire mais également, sur un rythme inégal bien que combiné, de sa représentation sur internet. Il est bien rare ces derniers temps de voir l’antifascisme radical parler ou agir d’une même voix, qui trop occupé à emprunter des pentes périphériques douteuses, qui à tacler l’autre, qui à se faire mousser dans le vide… Au-delà de nos faiblesses réelles, il faut reconnaître que l’offensive adverse est d’autant plus destructrice qu’accompagnée de pièges visant sciemment à perdre les antifa dans leurs divisions comme ce fut le cas dès quelques années plutôt avec le mouvement féministe. L’autre limite absolue, c’est que derrière FailFaf, se cache un engagement et un militantisme antifa réel, avec des avis et des prises de positions tranchés. Comment ce blog pourrait-il se montrer intransigeant sur les fréquentations des réformards, sur leurs positions merdiques, dénoncer le marasme des adeptes de la république-rempart-contre-le-fascisme ou du citoyennisme apolitique et se taire quand on considère que des militants de l’antifascisme radical font ou disent tout autant n’importe quoi, se montrent tout aussi nuisibles ?! Il n’y a pas de neutralité possible en politique, ou alors elle est inconséquente et malhonnête. Dans le même temps, il n’y avait toujours pas de volonté de faire de FailFaf un outil d’une branche spécifique de l’antifascisme, de se lancer dans les débats internes et les gue-guerres qui en découlent, considérant que ce n’était ni le lieux ni la forme adéquate.

Antifascisme, technologies et marketing

Bloguer sans se faire plaisir, voilà une idée étrange. Cependant, bloguer pour soi et ses trois potes, c’est très bien quand on veut tenir un skyblog (ça existe encore?) pour parler du dernier morceau de rap avec ses potes, ça a beaucoup moins d’intérêt quand on veut créer un outil militant. Dès le début, sans aucune prétention (et aussi en tant que première tentative sérieuse de militantisme sur internet, donc de coup d’essai, d’objet de tests et de découvertes), FailFaf s’est voulu un outil militant participant à sa modeste échelle à la nécessaire contre-offensive des révolutionnaires sur le net. Ceci suppose que le blog, en plus d’être alimenté, soit vu et lu2. En plus de ça, il faut encore s’assurer que la lecture du blog apporte quelque chose, soit qu’elle donne des infos ou des arguments à des gens en cherchant, soit qu’elle convainque des lecteurs… Alors tout ça peut paraître plus proche de l’image qu’on se fait d’une agence de comm’ que de la pureté révolutionnaire romantique, et on est bien en droit de croire que le tract à la LO en interligne ½ et espacement entre caractères 0,8 est le mode de communication le plus à même de lever l’armée du prolétariat contre le capital…

Bref, il y a bien au-delà du travail de rédaction, une réflexion et une activité de communication très exigeante en temps comme en savoir-faire déployés. Or FailFaf est le bébé d’un nerd absolu, n’ayant aucune connaissance du net, aucun goût pour la vente de son produit, même pas de compte Facebook à l’époque… FailFaf est né moche, mal mis en page, sans aucun travail de référencement (le SEO, kézaco?), de promotion… Au fur et à mesure des efforts ont été faits, le débarquement sur la plate-forme antifa-net a aussi été une aide. Quelques réflexes ont été pris, quelques outils wordpress utilisés, des efforts de mise en page ont été faits. Mais il faut reconnaître que le résultat n’était pas optimal. Si on ajoute à la méconnaissance, la flemme, le manque de temps, les questions éthiques (en étudiant un peu la fachosphère ou les sites aspirateurs à clics, on peut découvrir des modes de diffusions qu’on ne s’autorise pas pour autant à utiliser, cf en supra sur les divergences de but, donc de méthodes), on est vite limité. Sur la forme du blog, on est resté avec une esthétique faible (merci quand même au camarade d’antifa-net d’avoir fait une bannière en haut du site qui a défaut d’être génialissime était propre et existante!), un mode de communication très restreint (du texte brut, des images brutes, des liens hypertextes, de rares incrustations, pas toujours réussies, de vidéos pré-existantes ou de twitts, pas de montages photos, de réalisations sons ou vidéos, de systèmes interactifs…). Le travail de promotion est resté faiblard (aucune envie de courir les forums et les commentaires des sites d’infos pour balancer des liens, ce qui peut pourtant être efficace), la présence sur les réseaux sociaux symbolique (à titre d’exemple, la page FaceBook Red & Rude qui lançait les articles de FailFaf tourne autour des 300 abonnés, pour comparer, celle de nos voisins de plate-forme les enragés qui propulse leurs articles compte ses abonnés en dizaines de milliers). L’autoformation sur le fonctionnement du référencement s’est arrêtée bien tôt, et la recherche d’amélioration de la lisibilité du blog est restée au stade de vœu pieu.

Si on veut peser un peu sur internet, il faut aussi savoir s’installer durablement dans le paysage, entrer dans les habitudes de son lectorat, le fidéliser. Cela demande une régularité de publication qui est loin d’avoir toujours été au rendez-vous, mais également une cohérence de fond qui a fait défaut. Après tout, FailFaf aurait très bien pu perdurer sur la forme de fourre-tout, traitant parfois d’actualité, d’autres d’histoire, d’autres de théorie ou avec vocation purement polémique. Simplement, l’internaute qui accroche aux billets avec une photo et deux lignes de vannes grossières n’aura pas forcément envie de se fader des développements théoriques de quinze pages et vice-versa. Or quand l’internaute tombe quatre ou cinq fois sur des articles ne l’intéressant pas, il perdra l’habitude de consulter le blog, pire, n’aura plus très envie de cliquer systématiquement sur les liens vers le blog qu’il voit passer. Il en va de même pour l’absence de ligne politique et de positionnements clairs de FailFaf. Un antifasciste tout content de lire un billet vantant une action de l’AFA-PB, se mettra à lire et à diffuser le blog. Jusqu’au jour où il tombe sur un billet s’appuyant sur les travaux (au demeurant pertinents en l’occurrence) d’un chasseur de confusionnistes, adversaire déclaré de ce qu’il considère comme des antisémites racialistes. On peut être sûr qu’il perdra toute estime et confiance dans le blog et ne le diffusera plus, voir ne le lira plus. Et toujours, vice-versa. Ce qui ne signifie pas qu’il faut orienter la ligne politique en fonction du potentiel de lecture (sinon autant taper sur les chômeurs et les immigrés, c’est toujours plus vendeur), mais qu’une espèce de neutralité interne à l’antifascisme radical déplaira toujours à tout le monde et non ne contentera chacun.

Il n’y a dans cette partie aucun mépris pour les sites confidentiels à faible impact. Simplement quand la tenue d’un site prend du temps et pose autant de questionnements et de doute, il est légitime de s’interroger sur la pertinence de continuer. Cette pertinence doit entre autre s’évaluer en terme d’efficacité, tout ça pour quel résultat ? Est-ce que je ne serai pas plus utile ailleurs, autrement ?

Ne gâchons pas notre plaisir

La lecture de cet article peut laisser un sentiment d’échec et de pessimisme. C’est logique puisqu’il vient justifier une cessation d’activité. On est pourtant loin de considérer FailFaf comme une succession de ratés et d’échecs, sinon d’ailleurs pourquoi s’être entêté pendant X-temps et X publications ?

D’un point de vue quantitatif déjà, cent-trente-sept billets et pas un dont le nombre de vuesne se compte en milliers. Qui peut en dire autant de tous les tracts à la rédaction desquels il a travaillé ?

Plus important, FailFaf n’est pas passé à côté de tous ses objectifs. Le principe d’un ton plus léger, plus divertissant et positif que beaucoup de ce qui existe dans les sites antifa par exemple. Les jeux de l’été ont connu un certain succès y compris en dehors de la sphère strictement antifasciste. Plusieurs billets ont été repris par des sites plus dédiés à l’humour qu’ils soient purement militants ou non, comme par exemple celui-ci par Graffitivre, ou celui-là par le courant anarcho-stalinien. De même, le terme FailFaf a été réutilisé par des gens sans liens avec le blog, par exemple comme hashtag sur différents réseaux sociaux.

Un autre but était de toucher des gens ne débarquant pas sur le blog en cherchant des infos antifa mais par intérêt pour un thème connexe, leur apporter des éléments antifascistes sur leurs centres d’intérêt. Nous avons ainsi la certitude que des gens ont lu et apprécié cet article sur lequel ils étaient tombés en faisant des recherches sur le foot et les tribunes. L’angle de la culture, et en particulier de la musique, nous a aussi toujours tenu à cœur. Le fait qu’un article de FailFaf se trouve cité dans le livre Pushin The Limits. Anthologie de l’extrémisme et de la transgression dans la musique moderne de Jerôme Alberola, journaliste et auteur spécialisé dans le rock, est un signe de réussite d’ouverture. La réussite n’est évidemment pas toujours au rendez-vous. Par exemple, nous n’avons pas remarqué le moindre remous dans le milieu du roman noir suite à cet article, il faut dire que nous n’avons jamais cherché à le faire, ce qui serait pourtant simple en le postant sur certains forums ou pages Facebook bien ciblés. Le travail sur les questions écologiques est par exemple difficile à évaluer, même s’il est au moins certain qu’il a touché des gens investis dans la protection animale. Mais si au milieu du déluge des personnes courroucées qu’on s’attaque à leurs idoles, plusieurs personnes nous ont remercié pour l’article sur Sea Shepherd et ont indiqué prendre leurs distances suite à sa lecture, nous avons été gêné par le fait que celui sur le CRAC soit principalement relayé par les promoteurs de la corrida, milieu pourtant lui grandement acquis à l’extrême-droite.

Par la suite, FailFaf s’est éparpillé dans différentes direction, de l’actualité à la théorie, de l’enquête à la polémique ou au rappel historique. Sans revenir sur l’avis négatif sur cet éparpillement dans son ensemble, il n’empêche que les articles individuellement ont pu fonctionner. Par exemple, cet article sur la Gaza Firm, bien qu’ayant comme expliqué plus haut, été publié trop tard pour être le plus utile et ne servant actuellement plus à rien, a en partie remplit son rôle d’éclaircissement sur un phénomène sur lequel on lisait tout et n’importe quoi et face auquel beaucoup d’antifascistes, notamment non parisiens, ne comprenaient rien (amis ou ennemis, dangereux ou non…). C’est d’ailleurs positif qu’il ait été diffusé sur la large liste mail antifasciste inter-orgas initiée par une union syndicale.

Certains articles dénonçant des liens entre GUD ou nazis et FN ou démontant le discours d’Ayoub suite à l’assassinat de Clément Méric ont alimenté la presse bourgeoise mainstream (parfois sans le mentionner ni nous prévenir, mais on a des preuves flagrantes). Ça n’a jamais été un but, mais laissons un instant de côté la robe blanche de la pureté révolutionnaire ; tant mieux si des centaines de lecteurs non-militants ont ainsi eu accès à des éléments importants. Dans les articles plus d’actualité, nous n’avons pas forcément pu rivaliser en terme de rapidité avec les spécialistes du temps réel, par contre, nous avons permis d’avoir une vision d’ensemble sur des événements qui étaient relatés de manière éparse et locale sans faire les liens, par exemple sur Jour de colère 2, sur la White Man March, ou sur la journée internationale de lutte antifasciste du 22 mars 2014.

Satisfaction aussi sur le cycle de trois articles sur des points de l’histoire de l’antifascisme anglais, bataille de cable street, bataille de Lewisham et bataille de Waterloo car ils restent parmi les seules publications du web francophone sur ces événements, notamment celui sur Lewisham un peu plus fouillé3 et on regrette un peu de n’avoir pas eu le courage de continuer sur la lancée avec d’autres pays comme prévu car il y a vraiment beaucoup à apprendre de l’histoire de l’antifascisme dans les différents pays.

Conscient de la logique de réseaux d’internet, FailFaf ne s’est pas non plus enfermé dans sa propre bulle. Nous avons participé, à notre faible échelle à des offensives de masses sur différents sujets comme les tentatives de dédiabolisation de la manif pour tous ou du FN4, ou les magouilles du front national lors des élections et de manière plus générale en tant que membres du système. FailFaf a aussi été linké, répertorié ou cité (sans toujours la source, camarades, quand on copie-colle un article, ça ne coûte quand même pas grand chose de rajouter une ligne pour dire où on l’a trouvé) par de nombreux autres sites antifascistes dont certains d’une autre envergure. La satisfaction n’est pas à chercher dans une soif de reconnaissance, mais dans le fait que le principe même du net repose sur la logique de réseau. Plus les liens entre les sites existent, mieux l’espace est occupé. À condition cependant de ne pas s’enfermer dans une boucle close (l’exemple type étant le monde du Facebook militant ou untel partage les publications de telle page … à laquelle est abonné 90% de ses contacts et où on se retrouve avec sur son mur quarante fois la même publication, mais qui tourne en fait en rond sans sortir de son lectorat de base) d’où la recherche ci-dessus de sortir de la sphère militante antifa pure.

Enfin, même si ce n’est pas le but premier, on s’est bien marré et ça compte. Les aigreurs du PRCF nous expliquant qu’on est à la solde de l’UE et de la CIA avec les mêmes termes que l’UPR, les militants du Front de Gauche nous expliquant qu’en tapant sur eux on faisait le jeu successivement du PS, du FN, de l’impérialisme, des socialos qui nous avaient insultés suite à cet article puis nous citaient contre le FN… de bons moments de rigolades. Un des summums fut peut-être quand Jeune Nation s’est cru obligé de citer cet article sur leur leader et que leurs militants écumaient d’une rage animale sur ce billet pourtant purement ludique. La révolution, oui, mais pas sans rire un peu !

Que fleurissent mille initiatives

Des fois que vous ne l’auriez pas compris, l’aventure FailFaf s’arrête ici. Il y a eu plusieurs tentations de le réanimer soit sous sa forme initiale en postant des trucs supers courts mais réguliers, soit en l’utilisant de temps en temps pour un article de fond plus fouillé. Mais toutes les réflexions portées ci-dessus, toutes les limites de l’exercice, mènent à penser que l’énergie sera plus utilement dépensées ailleurs, dans d’autres projets, que ce soit sur le net ou non. Il n’est actuellement pas question de supprimer le blog et les articles existants, qui peuvent toujours être utiles pour certains plus intemporels que d’autres, mais il ne devrait plus y avoir de mises à jour.

Pour autant, le bilan tiré est globalement positif comme dirait l’autre. Il y a beaucoup à faire sur internet. Nous réfutons au passage la traditionnelle opposition entre internet et vie réelle. Quand on voit le temps moyen passé sur internet, l’importance prise par le net comme source d’info pour beaucoup, il est indéniable que le net fait partie intégrante de la vie réelle. Il n’est pas question de promouvoir des cyber-warriors qu’on ne voit pas dans les rues, dans les boites et qui croient vivre dans une réalité virtuelle, mais occuper le net paraît aussi important que de coller des affiches, faire des tags, des chansons militantes ou distribuer des tracts.

Il faut que les gens se lancent, qu’ils maîtrisent bien le monde du net ou non, il n’y a rien à perdre à essayer à condition de le faire en réfléchissant. Il faut aussi que les groupes militants constitués prennent cette dimension en compte, il n’est pas normal que des militants aient accès à cinquante formations sur le spartakisme, la plus-value, ou le programme d’Erfurth mais aucune sur le maniement de GIMP, le codage ou le SEO. Toutes les questions abordées dans cet article de clôture ne paraîtront pas pertinentes à chacun, mais elles démontrent le nombre de problématiques à prendre en compte et aussi le nombre de choses à faire sur le net. Vous voulez parler de théorie économique ou politique, d’histoire du mouvement ouvrier, promouvoir un humour non oppressif, essayez, évaluez votre travail au fur et à mesure et partagez vos interrogations, vos réflexions, vos conclusions. Et si vous trouvez que tout ceci n’est que de la masturbation même pas intellectuelle, faites à votre manière, mélangez le tout, dites si ça marche, on sera toujours preneurs. Maintenant, si vous cherchez de saines lectures antifa sur internet… et bien cherchez, on n’aura de toute façon pas la même notion de ce qu’est un bon site. En français, sachez, qu’il y a plusieurs blogs qui tournent toujours sur la plate-forme antifa-net, que le site la horde est sûrement le projet internet de plus grande ampleur dans le milieu antifa depuis Reflexes, qu’il y a plein de groupes antifa locaux qui ont leur site comme pavé brûlant à Bordeaux, le CAR à Rennes… qu’un certain nombre d’organisations associatives, syndicales ou politiques publient sur le sujet, par exemple visa au niveau syndical, Tant qu’il le faudra chez les politiques… et qu’il y a toujours des infos à prendre aussi sur des sites réformistes mais un tant soit peu sérieux comme le blog droite(s) extrême(s)… Mais surtout, lancez le vôtre ! Pour notre part, on a plein d’autres choses en route, sur le net, dans la rue, sur la scène culturelle…

  1. et n’allez pas vous imaginer qu’une écharpe sur la gueule vous protège de toute identification, loin de là! []
  2. il s’agit de deux choses différentes, on peut être très fort en communication et en référencement et avoir un nombre de vue important mais avec un temps moyen de présence sur le site démontrant que les neuf dixièmes des personnes atterrissent là par hasard et ne lisent rien []
  3. on en profite pour se joindre à un appel à traduction d’un bouquin qui a l’air super Beating the fascists []
  4. il convient ici de préciser que cette lutte contre la dédiabolisation, si elle est nécessaire et très limitée. D’une part, elle peut parfois se retourner contre ses tenants (regardez, ils nous traitent de nazis pour mieux nous mettre de côté parce qu’on dérange) mais surtout il est inutile de prouver qu’untel est facho et raciste si on ne convainc pas d’en quoi c’est un problème et qu’untel sert en réalité les intérêts de la bourgeoisie et non des travailleurs, qu’ils soient blancs ou noirs, étrangers ou français, homme ou femme, en activité ou non, homo ou hétéro… []

Auteur de polar engagé FAIL

Nous n’avons guère eu l’occasion de parler de littérature de genre sur FailFaf, pourtant on adore, particulièrement le néo-polar. Mais il faut convenir que la thématique du blog ne s’y prête pas vraiment. Certes, on pourrait parler des vieux débris comme ADG ou Gérard de Villiers mais il n’y a pas grand chose à éclairer sur leur parcours politique dont il ne se sont jamais caché et encore moins sur l’aspect littéraire de leur œuvre dont la médiocrité ne mérite que la pénombre.

Il n’est pas question non plus pour nous d’aller prêter main forte à un Béria-Daeninckx dans sa chasse aux sorcières aux relents de vengeance contre ce qui se trouve à sa gauche dans son style littéraire1.

Nous pourrions pourquoi pas, parler de Jérôme Leroy. Il n’égalera jamais son ami Fajardie, mais ses livres sont plutôt sympas à lire, son style est énergique et rarement dénué d’humour. De prime abord, il en va un peu de même politiquement, pas la panacée mais il y a pire. Comme un certain nombre dans son petit milieu, ses affinités vont au réformisme bon teint aux bases cocos. Il est membre du PCF, conseiller littéraire de l’association Colère du présent, écrit des romans sur la nécessité d’empêcher les capitalistes d’assassiner Marx ou sur le cauchemar de l’arrivée de l’extrême-droite au pouvoir.

Extrait de la section

Extrait de la section « liens » du blog de Jérôme Leroy.

Sauf que Jérôme Leroy, c’est aussi le rédacteur en chef culture de l’ultra réactionnaire causeur, l’ancien chroniqueur dans valeurs actuelles, le signataire du manifeste des 343 salauds …

La bio de Jérôme Leroy sur le site de Causeur.

La bio de Jérôme Leroy sur le site de Causeur.

Des paradoxes qu’il assume très bien dans ses nombreuses interviews où il se définit comme « très libre ». On a déjà eu l’occasion de parler de ces personnes qui servent de passerelles entre la « gauche de la gauche » et la droite extrême. Jérôme Leroy en est un parfait exemple. De son engagement social, « communiste » dit-il, il amène facilement des prolos révoltés vers des idées bien plus glissantes. Il n’est pas question de voir en Leroy une espèce de schizophrène coco le jour et ultra réac la nuit, mais au contraire sa réaction puise ses sources au cœur même de son engagement initial.

Le néo-polar est un courant littéraire français extrêmement sympathique mais qui véhicule souvent des valeurs un peu douteuses bien que très majoritairement classé à gauche (entendons là à gauche du PS). Le plus problématique à ce niveau est probablement justement Fajardie, le défunt ami de Leroy. Problématique non pas parce que c’est le plus réactionnaire, mais parce que c’est un des plus touchant, un des plus entraînant et des plus communicatif dans ses émotions. Dans le même temps, il n’est pas besoin de creuser beaucoup pour se rendre compte que ses valeurs phares ne sont pas toutes progressistes : individualisme forcené, virilisme poussé, le sens de l’honneur et le courage individuel placés comme valeurs suprêmes, négation de tout espoir collectif … Dérangeant donc parce qu’il faut bien admettre à un moment qu’en tant que lecteur gauchiste fan de ses livres, on est à certain degré touché sans même s’en rendre compte par ces valeurs qu’on réprouve pourtant de tout notre conscient.

Cette petite digression parce qu’au final, la question des valeurs est au cœur du problème Leroy, sauf que ce dernier, lui, ne se contente pas d’être ami avec des fachos, il travaille avec eux. En réalité, Leroy est parfaitement à sa place aux côtés de Levy quand il clame sa liberté et son indépendance, qu’il dénonce la « gauche bobo-sociétale »… sauf que ça n’entre à aucun moment en contradiction avec le reste de son engagement. En réalité, c’est dans son « communisme » post-stalinien qu’on peut puiser cette caricature d’ouvriérisme rejetant les questions sociétales… De même, son amour de Chavez est un lien parfait entre son engagement rouge et ses responsabilités dans une publication notoirement nationaliste. Son amour des femmes militantes2 et des femmes en général claironné sur son blog perso de « communiste » n’a fondamentalement rien non plus d’antagonique avec sa signature du manifeste des 343 salauds. Son goût de la liberté individuelle et de l’homme fort sont hélas enfin indissociables de son genre littéraire pourtant si plaisant à bien des égards.

Capture d'écran du blog de Jérôme Leroy

Capture d’écran du blog de Jérôme Leroy

Les premiers signataires du manifeste des 343 salauds dont Jérôme Leroy.

Les premiers signataires du manifeste des 343 salauds dont Jérôme Leroy.

A noter que Jérôme Leroy sert également de passerelle d’un point de vue littéraire entre tous ses amis du néo-polar proche du Front de gauche et la clique réactionnaire des Chainas et DOA comme le note l’express.

Face aux divers Jérôme Leroy, notre réaction et notre défi sont doubles. D’un point de vue politique, toujours se rappeler du danger des passerelles, toujours interroger ses valeurs, s’assurer de ce qu’elles renferment, toujours être intransigeant vis-à-vis des autres, mais aussi vis-vis de soi-même. Mais il y a aussi un véritable défi artistique. Le néo-polar vient en fait toucher directement nos cordes sensibles. Jean-Bernard Pouy disait avec une fausse mégalomanie ironique qu’il était le Zola d’aujourd’hui et le néo-polar la nouvelle littérature réaliste au sens que pour savoir comment vit un prolo aujourd’hui, c’est vers le néo-polar qu’il faut se tourner. Il y a du vrai3 mais l’atout monstre du néo-polar va plus loin. Il exprime ce qu’on est nombreux à ne voir exprimer quasiment nul-part (si ce n’est parfois dans le rock, et ce n’est d’ailleurs pas pour rien qu’il y a tant de ponts entre rock et néo-polar), une haine certaine du système et de celles et ceux qui le font vivre, une sensation d’étouffement dans le carcan de notre société, une volonté de refuser le quotidien et de le faire péter, mais aussi une immense lassitude.

Sauf que tout ça, c’est de l’ordre du ressenti et non de valeurs intrinsèquement positives. Il y a une nécessité à écrire (mais également exprimer dans les autres arts que l’on pratique, qu’ils soient graphiques, sonores) tous ces sentiments mais en étant capable de les doubler d’autre chose de plus positif, d’y amener des notions de solidarité collective (le collectif ne pouvant être le petit groupe d’amis, de frères d’armes…. typique du néo-polar qui ne sert qu’à renforcer cette image du noyau seul contre tous et contre tout), d’espoir, en prenant garde de ne pas confondre courage et valeurs viriles, goût de l’action et testostérone. Il y a aussi une nécessité à être précis dès qu’on aborde le politique. Si on choisit une allégorie de la classe possédante on ne la fait pas sous forme de société secrète digne d’un délire complotiste comme dans à vos Marx prêt partez, quand on choisit des personnages centraux, ce ne sont pas forcément des blancs hétéros… Il y a une réelle difficulté à lier dans l’art le cynisme et le regard implacable sur les choses et les gens qu’on apprécie tant de le néo-polar avec quelque chose de plus positif mais aussi une impérieuse nécessité car dès lors qu’on produit de la culture, on a une responsabilité en terme d’influence sur l’hégémonie culturelle (certes des fois à une échelle infime, mais ce n’est pas une excuse).4. Cet équilibre est d’ailleurs au cœur de l’affect révolutionnaire. On ne peut pas être révolutionnaire en étant juste plein de bons sentiments, de bonne volonté et d’utopie mais pas plus avec uniquement la haine et le besoin de destruction. Celui qui ne haït pas le monde dans lequel il vit du plus profond de ses tripes ne risquent pas de sacrifier aux difficultés que représente la destruction de notre société mais celui qui n’est pas plein d’attentes, de projets collectifs de désir d’émancipation de l’humanité ne participera jamais à l’édification d’une société communiste.

Certes il y a nécessité à lever le voile sur ses penchants et activités réacs car bien qu’il ne s’en cache pas, beaucoup l’ignorent et le prenne pour un auteur engagé super cool (alors qu’en fait il n’y a pas d’auteur cool). Nous invitons d’ailleurs à relire du Jérôme Leroy après avoir lu cet article, il est probable qu’un certain nombre de choses devrait apparaître sous un jour nouveau dans ce que cet auteur véhicule. Mais on l’aura compris, Jérôme Leroy n’est qu’un prétexte ici, une alarme bien facile à tirer puisqu’il a clairement franchi le pas de travailler avec les pires réacs. Mais le propos va bien au-delà de sa finalement très petite personne et incite à une réelle réflexion sur les sentiments et valeurs qu’on juge positifs, dans quelles mesures, dans quelles limites et dans quelles conditions le cynisme, le goût de l’action, la droiture, la haine des bobos, le courage… sont des valeurs positives.

  1. rappelons au passage qu’il a perdu son procès en diffamation contre Dardel, tandisque Delteil a gagné le sien contre lui []
  2. femmes rouges toujours plus belles clame-t-il entre autre en citant Fajardie, suivent des photos de militantes en arme []
  3. bien qu’à de nombreux égards le néo-polar tienne autant du courant romantique que du courant réaliste, ce tour de passe-passe étant sûrement une des clés de sa force []
  4. On pourrait en dire tout à fait autant du punk par ailleurs []

Détournement de tag fasciste 2 WIN

On vous avait présenté ici un bel exemple de détournement de tag. Celui-ci est de type plus graphique mais le résultat du travail des antifascistes polonais sur un tag des nationalistes autonomes (dont l’esthétique nous rappelle curieusement celle de notre GUD national) à Varsovie est tout aussi convainquant.

Détournement de tag des nationalistes autonomes à Varsovie.

Détournement d’un tag des nationalistes autonomes à Varsovie.

Trolls antifascistes WIN

Au vu du danger représenté par les fachos et leurs idées (hélas présentes bien au delà de leurs rangs), l’antifascisme est une lutte sérieuse s’il en est. Mais le sérieux n’empêche pas de rigoler, surtout si c’est aux dépens des fafs, ce qui est d’ailleurs une des vocations initiales de FailFaf. Le rire peut très bien être une excellente manière de faire passer un message tout à fait sérieux, comme ce comique ridiculisant la pseudo théorie du racisme anti-blanc. C’est aussi un simple moyen de s’amuser tout en renvoyant ceux qui se prennent pour des surhommes au rang qui est le leur. Nous mettrons aujourd’hui quelques trolls antifascistes à l’honneur comme nous l’avions déjà fait avec ce joli détournement de tag ou cette manifestation de roms reprenant les préjugés racistes pour en montrer le ridicule.

Trolls antifascistes : la classe américaine !

Notre premier trollage de compétition date un peu puisqu’il s’agit d’une action menée par les artistes Missy Gaido et Jacob Flom à l’occasion d’un rassemblement nazi à West Allis dans le Wisconsin le 3 septembre 2011.

Les artistes trolls antifascistes Jacob Flom et Missy Gaido mettent en scène cette photographie de cette dernière devant les nazis tenant une pancarte "Hé nazis, souvenez-vous de Stalingrad".

Les artistes trolls antifascistes Jacob Flom et Missy Gaido mettent en scène cette photographie de cette dernière devant les nazis tenant une pancarte « Hé nazis, souvenez-vous de Stalingrad ».

Ce trollage n’était évidemment qu’un petit plaisir en complément d’un contre-rassemblement antifasciste de plus de 2000 personnes.

Trolls antifascistes : et hop la banderole a disparu !

Le 25 juin 2015 les racistes de PEGIDA défilaient à Nuremberg. Mais de facétieux trolls antifascistes leur avait préparé un joli numéro de prestidigitation.

 

Trolls antifascistes : Deutschland über alles

Pour terminer nous restons en Allemagne, à Berlin cette fois à l’occasion d’une manifestation anti-migrants organisée le 1er novembre 2015 par d’autres racistes, l’AFD.

L'Allemagne a décidément des trolls antifascistes de compétition (manifestation de l'AFD à Berlin le 1er novembre 2015).

L’Allemagne a décidément des trolls antifascistes de compétition (manifestation de l’AFD à Berlin le 1er novembre 2015).

Meilleurs vœux antifascistes WIN !

On peut être antifa et pour autant d’un conformisme plat. Ainsi, FailFaf désirait souhaiter à ses lecteurs et lectrices ses meilleurs vœux antifascistes pour 2016. Et comme il parait qu’on a jusque fin janvier pour le faire, on s’y met sans tarder.

Meilleurs vœux antifascistes !

Meilleurs vœux antifascistes !

Meilleurs vœux antifascistes pour 2016 !

Régulièrement, nous mettons de côté des liens ou des images en vue d’éventuels articles. La plupart du temps, ces liens et ces photos ne sont jamais utilisés, les articles auxquels ils étaient destinés étant avortés, soit par flemme, soit par manque de temps ou encore par doute sur la pertinence du projet. Pour fêter la nouvelle année, FailFaf décide de vous balancer un certain nombre de ces liens et illustrations mis de côté durant l’année écoulée. Mais attention pas question ici d’article de fond ou d’analyse, il faudra se contenter de matière brute pour un article à mi-chemin de la rétrospective Arte et du bêtisier 2015 TF1.

20 janvier 2015

Après les attentats des 7 et 9 janvier, la réponse unanime de la bourgeoisie française n’était pas encore l’État d’urgence. La mode était alors au « Patriot Act à la française ». Si on parle de mode, ce n’est pas juste que tout le monde utilisait ce terme, c’est que beaucoup le faisaient par pur mimétisme. La meilleure preuve ? Valérie Pécresse qui lors de la grande marche républicaine du 11 janvier (celle où tous les dictateurs du monde sont venus défendre la liberté d’expression pour les journalistes réacs, par contre, le droit d’être juif sans se faire tuer par des antisémites, personne n’en a trop parlé) a demandé un fameux « Patriot act à la française ». Ce même jour, son community manager a eu la gentillesse de nous le confirmer par écrit.

Valérie Pécresse réclame

Valérie Pécresse réclame « bien entendu un Patriot Act à la française ».

Mais le propre des modes, c’est de passer vite. Si l’idée de restreindre les libertés au nom de la lutte contre ceux qui s’attaquent à notre liberté est inamovible, l’expression « Patriot Act à la française » semblait déjà Has-Been 9 jours plus tard. Pécresse rétro-pédalait donc sur le terme précisant « je ne sais même pas ce qu’il y a dans le Patriot Act américain« . Bravo le Fail ! Précisons qu’après les attentats de novembre, la réponse du gouvernement fut tant réactionnaire (État d’urgence, déchéance de nationalité…) qu’il était difficile de les dépasser dans le sécuritaire sur le thème du terrorisme. Valérie Pécresse a donc décidé de faire sa campagne pour les régionales (victorieuse) sur la lutte contre la petite délinquance enfilant les perles rares comme la prison ferme pour les fraudeurs dans les transports en commun, les tests salivaires dans les bahuts…

31 janvier 2015

Parfois, on ne peut pas s’empêcher de rire ! Ce 31 janvier était prévue une manifestation des néonazis du NPD à Fribourg-en-Brisgau. Mais la manifestation a du être annulée après que les fachos… se soient trompé de train ! Véridique, on est obligé de mettre un lien sinon on nous accusera d’affabuler. A noter que cette erreur est liée à la crainte de se faire casser la gueule par les ultras de Francfort ; en Allemagne, les ultras antifascistes sont en plein essor. D’ailleurs, un peu plus tard dans l’année, ce sont des ultras de Cologne qui dégageront d’un train le dirigeant de l’AFD.

9 février 2015

Et en Suède, comment ça va pour Pegida ? A Malmö, ils appelaient à une manifestation ce 9 février. Il y avait du monde dans la rue, plus de 5000 … antifascistes, entourant 30 pauvres fachos humiliés.

Pegida humilié par les antifa à Malmö.

Pegida humilié par les antifa à Malmö.

Plus d’images (photos et vidéos) ici.

9 mars 2015

Ce jour là, la police interpelle en Picardie 16 boneheads (skinheads d’extrême droite) du White Wolf Klan, 13 d’entre eux seront mis en examen pour violences, vols, reconstitution de groupes de combat, incendies, infractions à la législation sur les stupéfiants et tentative d’homicide. Précisons que le WWK n’est autre que le nouveau label de la section locale de Troisième Voie, l’organisation dissoute en 2013 suite au meurtre de Clément Méric et que son chef, Serge Ayoub essayait alors de faire passer pour des saints victimes de la violence antifasciste.

28 mars 2015

A Manchester, c’était sensé être le White Pride Day 2015. Reconnaissons que les différences culturelles entre nazis et antifa donnent au mot un sens différent. Ainsi, pour eux la fierté consiste à courir dans les bras des flics dès qu’on a « croisé » les antifa !

6 juin 2015

2 ans : on n’oublie pas, on n’pardonne pas ! Deux ans après l’assassinat de Clément Méric par l’extrême-droite diverses manifestation étaient prévues. A Paris, un éventail assez large d’organisations appelaient à une manifestation « en hommage à Clément, et toutes les victimes du fascisme et des violences policières » (dans un contexte lourd de répression, avec notamment les évacuations musclées de migrants).

La manifestation parisienne fut cependant assez modeste, dans les 2000 manifestants. Appliquant la logique « pas de violences policières sans policiers », les flics infiltrés dans les cortèges s’en sont parfois fait dégagér en beauté !

Les flics se font sortir du cortège antifasciste le 6 juin 2015.

Les flics se font sortir du cortège antifasciste le 6 juin 2015.

On peut réécouter différentes prises de paroles ici.

18 juillet 2015

A Columbia (Caroline du sud) le KKK avait prévu une grande manifestation. Dès leur départ de leur marche, les contremanifestants leur barrent la route, vite repoussés par des policiers particulièrement virulents avec les noirs.

Les manifestants se partage un drapeau confédéré piqué au KKK.

Les manifestants se partage un drapeau confédéré piqué au KKK.

Bien que ne pouvant atteindre directement le cortège fasciste, les contremanifestants les ont suivis et harcelés. Finalement, les fachos ont du se réfugier dans un parking souterrain sous bonne garde policière et mettre fin à leur manifestation une heure plus tôt que prévu. Ceci n’a pas empêché quelques militants du Ku Klux Klan de prendre leur content de gnons et de perdre quelques drapeaux. Photos et belles vidéos sur cette page.

4 aout 2015

2015, année difficile pour les antifascistes. La crise s’aproffondit sans que la classe ouvrière ne parvienne pour l’instant à relever la tête. Il en résulte une décomposition politique fatigante, les lignes se brouillent et la confusion est générale. Cependant dans ce tableau noir, submergent de vrais halos d’espoir. Ainsi, alors que les ZAD ont tendance à être des foires au n’importe quoi en terme de politique et à abriter quelques réacs bien flippants, celle de Bure a décidé d’être claire et saine. Alors que les parasites du 14 juillet avaient décidé d’essayer d’y faire leur nid, ils se sont fait chasser dès leur arrivée ! Par ailleurs une discussion sur le confusionnisme et le complotisme a eu lieu durant le camp d’été, en voici la présentation.

15 août 2015

National Action pensait sûrement qu’en organisant sa White Man March de Liverpool un 15 août, la réaction antifasciste serait moindre et donc le fiasco moins assuré que d’habitude.

La réussite est totale. Si on oublie que la marche en question n’a jamais pu quitter la gare et qu’après avoir perdu quelques drapeaux et laissé quelques militants sur le carreau, les fachos ont du se réfugier dans l’espace des objets trouvés le temps que la police vienne les tirer de ce mauvais pas.

La White man march sur le départ

Les fachos ont cependant vite du mettre le genoux à terre.

Les fachos ont cependant vite du mettre le genoux à terre.

Ne soyons pas mauvaise langue, un des fachos a réussi à sortir de la gare.

Ne soyons pas mauvaise langue, un des fachos a réussi à sortir de la gare

Rassurez-vous, ses amis flics ont rapidement volé à son secours.

Rassurez-vous, ses amis flics ont rapidement volé à son secours.

Danni Brooks, un des leaders du National Front aura défendu son drapeau comme sa peau

Danni Brooks, un des leaders du National Front aura défendu son drapeau comme sa peau

En vain, son drapeau peut-être porté aux objets trouvés.

En vain, son drapeau peut-être porté aux objets trouvés.

Les hommes blancs fiers se sont vite replié dans la consigne de la gare pour s'y enfermer...

Les hommes blancs fiers se sont vite replié dans la consigne de la gare pour s’y enfermer…

... jusqu'à ce que leurs amis les flics viennent leur libérer la sortie.

… jusqu’à ce que leurs amis les flics viennent leur libérer la sortie.

Le bilan est tel que le leader de National Action a promis de ne plus remettre les pieds à Liverpool : amenons les fachos à la même conclusions pour tous les lieux !

16 septembre 2015

Demandez à un membre du Front National comment il qualifie un jeune qui consomme et distribue divers psychotrope, brûle des voitures, détériore les biens de membres du FN… Il y a des chances qu’il vous réponde que c’est de la racaille. Nous dirions « un militant frontiste ». C’est en effet ce pourquoi Adrien Desport a été condamné à 3 ans fermes le 16 septembre 2015.

Autocollant du FNJ pour les élections régionales 2010 en Ile de France :

Autocollant du FNJ pour les élections régionales 2010 en Ile de France.

A noter que la fédération du-dit Adrien Desport et ses complices, le FN 77, est habitué à faire parler d’elle comme l’a rappelé la horde.

22 septembre 2015

Ce jour là à Bruay-la-Buissière dans le Pas de Calais, le FN et les identitaires appelaient à un rassemblement anti-réfugiés devant la mairie. Malgré la concomitance d’une collecte de soutien aux migrants à Lille, l’Action Antifasciste NP2C s’est mobilisé dans la journée même et devancèrent les fachos avec une banderole Refugees Welcome devant la mairie, barrant ainsi la route aux fafs et empêchant leur rassemblement.

Le 22 septembre 2015 à Bruay-la-Buissière (62), l'Action Antifasciste NP2C déjoue le rassemblement raciste prévu.

Le 22 septembre 2015 à Bruay-la-Buissière (62), l’Action Antifasciste NP2C déjoue le rassemblement raciste prévu.

Les frontistes ont du abandonner dans leur fuite leur banderole, venue gonfler la liste de nos objets trouvés.

La banderole du FN portée disparue à Bruay !

La banderole du FN portée disparue à Bruay !

28 septembre 2015

A Greifswald, au nord de l’ Allemagne la manifestation raciste du jour n’a rassemblé que 30-40 personnes, qui sont parties sans leur unique banderole !

« Pour l’avenir de nos enfants » … nous ne vous laisserons pas exister !

10 octobre 2015

Tout avait bien commencé à Preston Pour les North West Infidels. Ils avaient sortis leurs plus beaux drapeaux SS, donné la parole à ce bon vieux Paul Pitt… Et puis les choses ont commencé à déraper. Il y a eu comme un rideau de fumée, et quand celui-ci s’est dissipé, il manquait aux pauvres nazis un peu de matériel !

North West Infidels

North West infidels

North West Infidels

3 décembre 2015

Pour continuer, on peut compléter encore un peu la partie Objets trouvés du site.

Par exemple peut-être l’Action Française Lyon cherche-t-elle une banderole ?

Banderole confisquée à l'Action Française par les antifascistes de Lyon.

Banderole confisquée à l’Action Française par les antifascistes de Lyon.

Camelots, ne cherchez plus votre banderole...

Camelots, ne cherchez plus votre banderole…

Bon pour votre banderole, ce n’est pas gagné, mais pour les explications, c’est par ici.

16 décembre 2015

On l’a dit pour Bouchet et ça reste vrai pour Rajoy : ce n’est pas une baffe à une crevure qui changera la situation politique, mais ça fait parfois du bien. Ici le plus plaisant ce n’est pas tant le crochet magistral asséné par ce jeune antifasciste des Ultras Pontevedra au 1er ministre d’Espagne que le fait qu’il ait été applaudit par une partie de la foule.

 

Le Fail de l’année

Ce fail d’honneur est décerné à Claude Hermant que nous avons pu suivre de janvier à décembre au fur et à mesure des progrès de l’enquête et des révélations. Les fachos prétendent souvent lutter pour l’ordre et contre la délinquance, disent se battre contre les dangereux islamistes pour notre sécurité et affichent des valeurs de camaraderie virile et indéfectible, de sens de l’honneur… Cette figure de l’extrême-droite identitaire lilloise incarne parfaitement cette vaste blague. Il est inculpé pour avoir tenu un trafic d’arme à but purement lucratif, accusé d’avoir fourni des armes au tueur antisémite Amedy Coulibaly et qui plus est il a été révélé dans l’année que c’était un indic de la gendarmerie… No comment ! Lire plus ici ou par exemple.

Claude Hermant le facho qui a armé Amedy Coulibaly.

Claude Hermant le facho qui a armé Amedy Coulibaly

Et encore une fois : Meilleurs vœux antifascistes pour 2016, nous vous souhaitons des luttes, des luttes, et surtout des luttes victorieuses !

Union nationale FAIL

Chez FailFaf, nous ne sommes pas amateurs des rasseblements post attentats. En novembre comme en janvier on ne cotoira pas la marseillaise et les drapeaux bleu blanc rouge. En novembre comme en janvier, nous trouvons à ces rassemblements un goût rance d’union nationale, de grande illusion. L’illusion que face à la barbarie abjecte de ces attentats, pourrait exister une solidarité entre prolos et patrons, entre migrants victimes des guerres et dirigeants menant ces guerres, entre fachos et antifascistes, entre oppresseurs et opprimés.

Pour autant hors de question de blâmer ou mettre dans le même sac toutes celles et tous ceux qui se rendent à ces rassemblement, souvent par instinct de solidarité collective, par besoin de ne pas affronter l’horreur seul-e.

Pourtant, les fachos y croient eux à l’effet « unité nationale ». Ils ont cru qu’ils pourraient en profiter pour débarquer avec leurs amalgames et qu’ils seraient les bienvenus auprès de tous les français pour faire payer les attentats de leurs alliés objectifs à tous les musulmants, tous les immigrés, les racisés…

Ce qu’il est advenu à Lille et à Metz leur prouve qu’ils ont eu tord et nous prouve qu’il y a des raisons d’éspérer et de se battre.

Les identitaires se pointent au rassemblement à Metz...

Les identitaires se pointent au rassemblement à Metz…

... et se font dégager par les manifestants ! Union nationale, mon cul.

… et se font dégager par les manifestants ! Union nationale, mon cul.

Pas de pause dans la lutte antifasciste, solidarité internationale avec toutes les victimes de ce système dégueulasse, de Paris à Homs. Guerre de classe.

Sea Shepherd si chépères FAIL

Paul Watson dirigeant et fondateur de Sea Shepherd

FailFaf continue à débusquer les fachos squattant nos légitimes luttes écologistes. Après avoir été accusé de défendre le lobby de la tauromachie, d’être des agents de Monsanto et déjà d’être opposés à la Protection Animale, on va maintenant se faire accuser de bosser pour les chasseurs de baleines et les massacreurs de bébés phoques. Cette fois, pour évoquer le cas de Sea Shepherd, FailFaf s’associe à nos voisins d’antifa-net Les Enragés.

Sea Shepherd? Réactionnaire mon cher Watson!

Sea Shepherd ; des camarades de luttes ?

Le groupe écologiste Sea Shepherd jouit d’une sympathie certaine dans les milieux gauchisants1.
Ce qui séduit une partie de l’extrême gauche chez Sea Shepherd, c’est leur radicalité de façade, un mode opératoire punchy, rompant avec l’image habituelle de l’écologie institutionnelle ainsi qu’une mythification de la clandestinité valant à Watson, qui a un mandat d’interpol au cul et est recherché par les polices de plusieurs pays, une certaine auréole de gloire.

Paul Watson, dit

Paul Watson, dit « capitaine Watson », fondateur et dirigeant de Sea Shepherd.

Sea Shepherd,  est ainsi connu pour ses actions d’abordage et d’éperonnage de baleiniers et thoniers. Ce n’est pas la première fois que nous attirons l’attention sur cette superficialité politique qui amène trop de camarades à juger de la pertinence à partir de la forme au détriment du fond. Or si la forme d’une action politique peut la condamner définitivement (par exemple une modalité d’action oppressive, raciste, sexiste, homophobe… ne peut être positive quels que soient son but et les revendications qu’elle promeut), elle ne peut suffire à en faire une action positive ou à définir ses auteurs comme de notre camp. C’est cette superficialité politique qui fait par exemple que de nombreux gauchistes diffusent régulièrement sur le net des images d’émeutes, de militants s’affrontant aux flics comme si cela en faisait forcément quelque chose de réjouissant, sans même savoir qu’il s’agit de fachos avérés voir de nazis (par exemple les représentants des riches propriétaires racistes au Vénézuela ou les néo-nazis en Ukraine).

Paul Watson :

En l’occurrence, Sea Shepherd a tout ce qu’il faut pour séduire qui ne veut pas y regarder de très près ; un discours écologiste et des actions pêchues à souhait.

Des amis dérangeants.

À la mi-juin 2015 un article du site d’information réunionnais zinfos974 dénonçait la présence en masse des néonazis dans les supporters facebook de Sea Shepherd. Nous ne partageons nullement les thèses de cet article sur différents points.2 et par ailleurs l’affirmation de l’auteur anonyme comme quoi la majorité des militants les plus actifs de l’organisation sont des nazis est très largement exagérée. Cependant, on trouve en effet dans ses soutiens un certain nombre de fachos en tout genre et notamment de néonazis paganistes (nous reviendrons là-dessus plus tard) et, pour ce qui est de la France, de membres de la mouvance Colibri.

De gauche à droite : Lamya Essemlali (porte parole de Sea Shepherd France), Pierre Rabhi, Paul Watson et Yana Rusinovich, sa femme et également militante de Sea Shepherd.

De gauche à droite : Lamya Essemlali (porte parole de Sea Shepherd France), Pierre Rabhi, Paul Watson et Yana Rusinovich, sa femme et également militante de Sea Shepherd.

Le guru Paul Watson

Si ces soutiens ont de quoi alerter, on nous rétorquera aisément qu’une organisation n’est pas comptable des gens qui la soutiennent, que Sea Shepherd peut se vanter de millions de soutiens et que parmi ceux-ci, on en trouve de toute obédience, y compris comme nous l’avons vu, d’extrême gauche.

Intéressons-nous donc plus particulièrement aux idées et aux amitiés entretenues volontairement par Sea Shepherd et ciblons donc pour commencer son chef et fondateur Paul Watson.

Paul Watson financé par un des créateurs des Simpson ... harponné dans South Park

Paul Watson financé par un des créateurs des Simpson … harponné dans South Park

  Rien de ce qui concerne Watson ne peut être considéré comme anecdotique, tant la personnalité de celui-ci est importante au sein de cette organisation qui voue un véritable culte à son « Capitaine Watson ».

Sea Shepherd ; Paul Watson

Cela mérite d’ailleurs de s’y attarder un petit peu. Avant de fonder la Sea Shepherd Conservation Society (SSCS) en 1977, Watson était membre de Greenpeace qu’il a quitté après un vote où l’ensemble de ses camarades partageant son navire ont voté son débarquement dans une belle unanimité. Parmi les raisons de cette éviction, on trouve comme il le dira par la suite les désaccords de Watson avec la ligne non-violente de Greenpeace, mais aussi la personnalité propre à Watson. Bob Hunter, un de ses compagnons d’alors, dit de lui :

il semblait possédé par une volonté trop débordante,un desir trop soutenu de se mettre à l’avant ou au centre de tout, écartant tout le monde sur son passage…  Il allait constamment faire le tour d’autres antennes en agissant comme un mutin. Il a créée de la division partout où il s’est rendu… Nous avons tous ressenti que nous allions être piégés dans une toile que personne ne voulait voir se développer, et une fois que ce fut le cas, il n’y avait rien d’autre à faire que d’abattre le couperet, même si cela signifiait que c’était sur le cou d’un de nos frères. »

Par ailleurs, Watson, le pseudo fugitif semi-clandestin, ne peut passer quelque part sans poser au maximum, si possible au bras de sa femme Yana Rusinovich, une grande blonde mince entrant plutôt dans les canons de beauté de la société capitalo-patriarcale.3

En France, l’organisation est totalement personnifiée par son omniprésente porte-parole Lamya Essemlali qui ne risque cependant pas de faire de l’ombre à son mentor qu’elle qualifie dans plusieurs interviews de héros et dont elle ne manque jamais une occasion de rappeler quelle chanceuse elle est de le fréquenter.

Non Lamya Essemlali n'est pas une fan girl de Paul Watson !

Non je ne suis pas une fan girl !

Brigitte Bardot

En France les antifascistes critiquant Paul Watson, le font le plus souvent pour ses liens avec Brigitte Bardot et sa fondation.

En France les antifascistes critiquant Paul Watson, le font le plus souvent pour ses liens avec Brigitte Bardot et sa fondation

En France les antifascistes critiquant Paul Watson, le font le plus souvent pour ses liens avec Brigitte Bardot et sa fondation

Paul Watson et Brigitte Bardot, c’est une histoire qui commence à dater.

Paul Watson et Brigitte Bardot

Paul Watson et Brigitte Bardot

  A dater de 1977, justement l’année du départ de Watson de Greenpeace, l’année où, préparant la fondation de sa propre organisation, Watson en recherche de médiatisation emmène BB sur la banquise canadienne pour dénoncer les massacres de bébés phoques dont elle parlera par la suite des trémolos dans la voix. Depuis lors, leur proximité tant affective que militante ne s’est jamais démentie. SSCS et la fondation Bardot ont ainsi mené nombre de campagnes communes comme la campagne Féroë en 2010 ou grind stop 2014. Surtout, la fondation Brigitte Bardot a en grande partie financé l’acquisition en 2011 d’un trimaran high tech, ancien détenteur du record de vitesse du tour du monde, qui sera rebaptisé en son nom.

Le trimaran de Sea Shepherd cofinancé par Brigitte Bardot et qui porte son nom.

Le trimaran de Sea Shepherd cofinancé par Brigitte Bardot et qui porte son nom.

Ce lien entre Watson et Bardot, antérieur aux engagements racistes et pro-FN de Bardot y a très bien survécu. Ceci peut s’expliquer par l’apolitisme revendiqué de Watson qui s’explique de cette amitié p 67 de son livre d’entretien avec Lamya Essemlali Entretien avec un pirate paru en 2012 en expliquant qu’il se fout de l’obédience politique des gens tant qu’ils sont « écologiquement correct ».
Mais cela peut surtout s’expliquer par les positions politiques de Watson lui même.

David Foreman

Dave Foreman, le mentor raciste de Paul Watson.

Dave Foreman, le mentor raciste de Paul Watson.

Pour comprendre le fond de la pensée politique de Paul Watson, il est indispensable de se pencher sur son mentor et sa principale source d’inspiration : David Foreman, co-fondateur de l’organisation écologiste Earth First ! (la terre d’abord).
Comme première approche du personnage, on lira avec profit cette interview qu’il a donné au Sun en 2005 précédée d’une présentation flatteuse. On y retrouve un David Foreman revendiquant son appartenance au parti républicain et qui, bien que dénonçant une rupture entre ce parti et l’écologie, revendique « un lien historique entre réel conservatisme et écologie » (jeu de mot entre le conservatisme au sens de réactionnaire qui se dit conservatism et l’écologie qui se dit conservation dans la langue de Bush). Affirmant mettre une grande partie de son énergie dans le fait de recréer des liens entre les conservateurs du parti républicain et l’écologie, liens brisés depuis Reagan. L’écologie de Foreman est une ode patriotique à l’Amérique sauvage du far-west. Le journaliste explique qu’ « initialement Earth First n’avait rien à voir avec l’organisation contre-culturelle qu’elle est finalement devenue. Ouvertement patriotique et basée sur la mythologie des cowboys (…) ». Cette vision est totalement corroborée par Foreman qui explique avoir quitté Earth First ! En 1989 car l’organisation aurait été négativement influencée par des membres marxistes et anarchistes.

Dave Foreman est un conservateur au sens premier du terme : pour lui, c’était toujours mieux avant. C’était mieux du temps du far-west, c’était mieux avant la révolution industrielle, c’était mieux avant la naissance de l’agriculture, c’était mieux avant le développement de l’humanité.

Selon lui, la destruction de l’écosystème ne vient pas tant de choix politiques de société, surtout pas de la recherche effrénée de profits inhérente au système capitaliste et aux rapports de production l’ayant précédé, non, le problème vient des progrès scientifiques et technologiques (et non de leur utilisation) et de l’existence même de l’humanité, et en particulier de sa croissance numérique continue. Ainsi, Foreman considère que son principal combat aura été de lutter contre la surpopulation exponentielle de la terre. Le site climat et capitalisme dans son étude de l’ouvrage de Foreman Man Swarm and the Killing of Wildlife publié en 2011, démontre que le combat théorique de Foreman contre la surpopulation se mue dans la pratique en un combat contre l’immigration. Notant que dans les faits Foreman ne propose rien de concret comme mode de lutte contre la surpopulation (nous verrons cependant dans un plus long développement sur le néo-malthusianisme que Foreman et ses amis dont Sea Shepherd ont une piste, purement réactionnaire, dans cette lutte contre la surpopulation), ils montrent, citations à l’appui que chaque fois que Foreman parle de mesures à prendre contre la surpopulation, il s’agit de lutte contre la surpopulation aux états-unis et que cette lutte se résume dans les faits à la lutte contre l’immigration, notamment la lutte contre l’immigration pauvre.

Bien que se défendant d’appartenir à « l’extrême-droite nativiste et anti-immigrée » Foreman appuie son argumentation sur différents groupes racistes ayant fait de la lutte contre l’immigration leur crédo : Center for Immigration Studies, Progressives for Information Reform, Californians for Population Stabilization, and NumbersUSA ! C’est en s’appuyant sur ce genre de sources que Foreman en arrive à dire :

« Ce que nous faisons en vérité est d’être un bassin de débordement pour les irresponsables se sur-reproduisant en Amérique centrale et au Mexique (et pour les Philippines et l’Afrique etc …). Tant que nous leur offrons ce bassin de débordement, il est moins nécessaire de baisser les taux de natalité dans ces pays … « 

Ainsi, en une phrase, il arrive à la fois à expliquer que si il y a surpopulation (et donc selon lui destruction de l’écosystème) aux USA, c’est à cause des immigrants irresponsables qui se reproduisent trop, et à expliquer que si il n’y a pas de contrôle des naissances dans les pays pauvres c’est à cause du fait que les USA ne fassent pas assez la chasse à l’immigré. Si on ose dire à Foreman que ses thèses sont racistes, il fait comme tout bon facho et s’en prend « aux gangs majoritairement de gauche du super-politiquement correct ». Et si on est écolo et qu’on critique ses thèses sur l’immigration, Foreman nous accuse tout simplement de s’en foutre dans le fond de la protection de la nature :

Si vous ne croyez pas au plafonnement de l’immigration aux États-Unis, alors vous êtes pour les États-Unis passant de 307 millions d’habitants à plus de 700 millions en 2100. Si la population américaine croît à plus de 700 millions d’habitants en seulement 90 années, nous n’aurons plus d’espoir de préserver les espaces naturels et les paysages sauvages.

Et comme de bien entendu, jamais Foreman ne se propose de lutter contre ce qui pousse des millions de personnes à quitter leur pays, leurs terres, leurs familles (comme le capitalisme, l’impérialisme, le néo-colonialisme ou le dérèglement climatique), non sa solution de redneck républicain est toujours la même : plus de répression et de lutte contre l’immigration.

Le disciple

Le terme de disciple ne semble pas exagéré tant la filiation idéologique entre Watson et Foreman est prégnante. Les deux hommes ne sont pas de simples amis ou compagnons de luttes. Ils ont les mêmes références intellectuelles, en premier lieu Coyotes and Town Dogs de Susan Zakin mais surtout The Monkeywrench Gang de Edward Abbey.
En 1993, la première édition de Earth Force! de Paul Watson est préfacée par son ami Dave Foreman.

Earthforce! Le livre de de Paul Watson préfacé par son ami Dave Foreman

Earthforce! Le livre de Paul Watson préfacé par son ami Dave Foreman

Dans les années 1980 (c’est à dire quand Earth First ! était encore l’organisation patriotique et conservatrice dirigée par Dave Foreman), Watson définit la SSCS comme la marine (au sens militaire du corps de marine d’une armée puisque Watson se considère comme un soldat en guerre) de Earth First !.

Les deux hommes ont milité ensemble au sein du Sierra Club. Fondé en 1892, le Sierra Club est une des plus anciennes et importantes organisations écologistes américaines. Apolitique, le Sierra Club penche depuis la fin des années 1990 vers un vague progressisme, ayant soutenu Obama à la présidentielle, ils ont adopté une position neutre sur les questions d’immigration. Mais dans les années 1970 et 1980, elle était dominée par les partisans de la lutte contre l’immigration, partisans parmi lesquels Watson et Foreman étaient très actifs ! Foreman et Watson ont ensemble participé aux travaux racistes de l’ultra réactionnaire sénateur Jack Metcalf (pourtant dénoncé par Foreman comme la principale influence anti-écolo à la solde du lobby industriel de Reagan). Les deux hommes ont également collaboré au livre Life on the Brink : Environmentalists confront overpopulation, recueil raciste dirigé par Philip Cafaro et Eileen Crist de textes sur la lutte contre l’immigration et la surpopulation.

Watson y développe sa thèse malthusienne et sa « solution humaine » de n’autoriser la reproduction « qu’aux personnes pouvant prouver leur capacité à subvenir financièrement et pédagogiquement aux besoins de leur progéniture. »

Pour se définir lui-même, Watson reprend d’ailleurs le jeu de mot de Foreman « conservative conservationnist ». Watson partage donc les positions de Foreman contre l’immigration. Dans cette interview par exemple, Watson explique qu’il faut limiter l’immigration pour stabiliser la population US parce que :

 » chaque année près de 3 millions de personnes s’ajoutent à la population des États-Unis et la plupart viennent de l’immigration. En fait, tout ce que nous préconisons est que le nombre d’immigrants doit être réduit à des niveaux faibles pour obtenir une stabilisation de la population. Par le seul taux de natalité aux Etats-Unis, vous n’aurez pas une telle augmentation. L’immigration est la seule responsable. «

 

Dans cette même interview, il confirme d’ailleurs que l’immigration est pour lui une question suffisamment importante, pour être une des deux qui l’ont amené à démissionner du conseil d’administration du Sierra Club quand celui-ci a abandonné la position anti-immigration pour une position neutre.
Watson a également entretenu des liens avec Willis Carto – suprémaciste blanc, antisémite et négationniste proche du KKK et des milieux skinheads néonazis – et s’est fait publié dans sa revue The Spotlight.

The spotlight, le magazine fasciste de son ami Willis Carto dans lequel Paul Watson s'est fait publier, faisant ici la promotion d'une manifestation négationniste.

The spotlight, le magazine fasciste de son ami Willis Carto dans lequel Paul Watson s’est fait publier, faisant ici la promotion d’une manifestation négationniste.

Nous pourrions disserter des pages sur le positionnement ultra-réac de Watson dans la lignée de celui de Foreman. Mais par, expérience, quand on donne tous ces arguments à des écolos français sensés être antifascistes, ils se contentent sans chercher à nier de dire que ça, c’est Watson, mais que les militants locaux n’ont pas pour autant les mêmes positions réactionnaires. Répondons donc rapidement à ce non-argument.

Et en france ?

Nous l’avons vu, le principal reproche fait par les antifascistes à SSCS, sont ses liens avec Brigitte Bardot et sa fondation.

Ah, Brigitte Bardot !

Or, s’il y a une section nationale de SSCS dans laquelle personne ne peut ignorer ces liens (d’ailleurs pas du tout dissimulés et au contraire vantés à longueur du net) et où personne ne peut ignorer le soutien de Bardot au FN et ses positions contre les immigrés, les arabes et les musulmans, c’est bien Sea Shepherd France. Les militants de Sea Shepherd France sont donc a minima des gens acceptant de collaborer régulièrement avec la fascisante Bardot, ce qui devrait suffire à les décrédibiliser totalement. Mais ce n’est pas tout.

Au-delà des nombreux soutiens fascisants individuels, il y a au moins une branche de l’extrême-droite française avec laquelle Sea Shepherd France entretient des liens organisationnels : Pierre Rabhi et ses colibris.

Vous verrez que sur les événements Facebook de Sea Shepherd France, de très nombreux participants revendiquent leur appartenance aux Colibris.

En juin 2015, Lamya Essemlali, porte-parole de Sea Shepherd France, donnait une interview au magasine Kaizen dont la devise « construire un autre monde pas à pas » comme le manifeste ne sont pas sans rappeler la prose mystico-sectaire de Rabhi et ses amis.

Bien sûr, nul ne sait vraiment ce qu'il y aurait de bon à prendre chez Pierre Rabhi.

Un Pierre Rabhi d’ailleurs omniprésent dans ce magazine. On ne sera donc nullement surpris de retrouver les Colibris en tête des partenaires du magazine. Dans les autres partenaires, on trouve la NEF (société coopérative de financement solidaire), banque anthroposophique fondée par des membres de la Section Sociale de l’Ecole de Science de l’Esprit. Bien que le mot, trop sulfureux, n’apparaisse jamais dans le magasine, Kaizen magazine est clairement un relais médiatique de l’anthroposophie.

Steiner, le père de l’anthroposophie, justifie ici sur ce croquis l’existence de « races » décadentes et destinées à disparaître pour servir les « races » élues. Et qui trouve-t-on comme par hasard parmi les « races » élues? Les blancs bien évidemment, qui semblent avoir un très bon karma pour Steiner à l’inverse des autres composantes de l’espèce humaine pour qui la disparition en masse, à commencer par celle des indiens, fut une forme d’épuration de « branches décadentes » de l’humanité.

Steiner, le père de l’anthroposophie, justifie ici sur ce croquis l’existence de « races » décadentes et destinées à disparaître pour servir les « races » élues. Et qui trouve-t-on comme par hasard parmi les « races » élues? Les blancs bien évidemment, qui semblent avoir un très bon karma pour Steiner à l’inverse des autres composantes de l’espèce humaine pour qui la disparition en masse, à commencer par celle des indiens, fut une forme d’épuration de « branches décadentes » de l’humanité.

((Sur l’anthroposophie, nous ne pouvons que conseiller la lecture d’organisations spécialisées dans la lutte contre les sectes comme SOS dérive sectaire ou prevensectes , sur les liens entre Rabhi et l’anthroposophie on peut se reporter à cet article par ailleurs, l’anthroposophie a été plusieurs fois abordée par nos voisins Les Enragés )). La promotion de l’anthroposophie est faite plus subtilement (façon de parler) via la promotion de personnes liées à l’anthroposophie comme Marleen Kaptein ou de personnes niant appartenir à l’anthroposophie mais y étant très liées comme Rabhi. Le même mois on trouve dans la presse une interview croisée de Paul Watson et Pierre Rabhi.

Pierre Rabhi, Lamya Essemlali et Paul Watson.

Pierre Rabhi, Lamya Essemlali et Paul Watson.

Cet entretien croisé a vraisemblablement été réalisé à l’occasion de la conférence organisée par le mouvement Colibri à Paris le 12 juin sur le thème « une histoire de violence, un rendez-vous à l’intérieur », dans le cadre de leur grande campagne « une (R)évolution intérieure ».

Etienne Chouard, tête de pont de toute l’extrême droite, invité à la conférence nationale de lancement de Colibri en janvier 2013.

Etienne Chouard, tête de pont de toute l’extrême droite, invité à la conférence nationale de lancement de Colibri en janvier 2013.

Le vrai visage d’Etienne Chouard

  Pour 10€, rien n’est gratuit avec ces gens là, on pouvait ainsi entendre à la même tribune Paul Watson (traduit en direct par Lamya Essemlali), Pierre Rhabi, Nancy Huston et Thomas d’Ansembourg qui se présente comme « auteur, conférencier international, formateur à la connaissance de soi et en communication NonViolente », tout un programme, la liste de ses conférences et des colloques auxquels il participe, entre coaching en développement personnel, comportementalisme et mystique zen, achève de cerner le personnage.

Pierre Rabhi, le prophète cosmique

La conférence en question étant modérée par Cyril Dion, membre fondateur et porte-parole du mouvement colibri et … directeur de la rédaction du Kaizen Magasine !

Etienne Chouard que l’on retrouve également sur le magazine anthroposophe Kaizen.

Etienne Chouard que l’on retrouve également sur le magazine anthroposophe Kaizen.

Les liens entre Sea Shepherd et le mouvement Colibri ne datent cependant pas de juin 2015. Trois mois plutôt, Watson donnait une conférence à La Rochelle dans le cadre des Journées Environnement organisées par Lea Nature. A cette occasion, Watson a invité le Pdg de Lea Nature, Charles Kloboukoff sur son navire.

Charles Kloboukoff, pdg anthroposophe avec Paul Watson sur son bateau.

Charles Kloboukoff, pdg anthroposophe avec Paul Watson sur son bateau.

Celui-ci, outre le fait d’être à la tête d’un groupe de près de 1000 salariés au Chiffre d’Affaire annuel se comptant en centaines de million d’euros est un très proches du mouvement colibri. Il est l’un 7 membres fondateurs de la fondation Pierre Rabhi, a co-écrit un livre avec Rabhi…

On pourrait également noter que Paul Watson est édité par les éditions Actes Sud, maison d’édition publiant du Pierre Rabhi ainsi que d’autres ouvrages anthroposophes.

Les patrons d'Actes Sud ; des anthroposophes fan de Steiner.

Un problème de fond

Le fond du problème de Sea Shepherd n’est ni ses amitiés pourries ni les phrases chocs de son dirigeant qui ne sont que les symptômes et les conséquences du réel problème de fond, un problème éminemment politique : le néo-malthusianisme de cette organisation.

La thèse de Malthus était que la population humaine croissant plus vite que les ressources naturelles, sauver l’humanité passait par en limiter la croissance et préconisait donc que les pauvres devaient cesser de se reproduire (mais contrairement à Watson de manière volontaire, par la chasteté).

Ici le graphique expiant la grande masse du ridicule de la théorie de Malthus et de ses nombreux comparses, théorie vaseuse qui, si elle avait été validée par le réel, aurait conduit il y a déjà bien longtemps à la disparition de l’espèce humaine par manque de nourriture.

Ici le graphique expiant la grande masse du ridicule de la théorie de Malthus et de ses nombreux comparses, théorie vaseuse qui, si elle avait été validée par le réel, aurait conduit il y a déjà bien longtemps à la disparition de l’espèce humaine par manque de nourriture.

Les thèses de Malthus ont été contredites par nombre de scientifiques et d’économistes, mais nous ne nous lancerons pas ici dans la controverse scientifique. Car l’important est que depuis, le malthusianisme a été prolongé et radicalisé par de nombreuses personnes et notamment nombre d’écologistes réactionnaires (on trouvera ici quelques citations saisissantes de personnalités engagée dans la conservation de la nature, dont ce cher Watson). Malthus avait identifié deux types d’obstacles possibles à la surpopulation exponentielle : les preventive checks (actions humaines visant à limiter la natalité de manière préventive) et les positive checks (éléments « naturels » faisant baisser la population brutalement comme les épidémies et les famines). Le courant néo-malthusien auquel appartient Sea Shepherd se propose d’influer sur les deux. D’une part en prônant un contrôle des naissances accru, y compris à l’aide de la science : avortements et contraceptions (voir stérilisation pour certains) forcés (voir l’itw de Watson citée supra). D’autre part en laissant les famines et épidémies tuer massivement. C’est ce qui a par exemple poussé David Foreman à répondre en 1987 à Bill Deval de la revue australienne Simply Living que

« Le pire que l’on puisse faire en Éthiopie serait d’aider les indigents. Le mieux serait de laisser la nature trouver son propre équilibre, de laisser les gens là-bas mourir de faim ».

Paul Watson, moins direct peut-être, ne dit cependant pas autre chose quand il conclut son interview à Reporterre par

« Il faudrait des décisions politiques pour limiter la natalité [preventive check] mais cela n’arrivera pas. Encore une fois, c’est la nature qui réglera le problème [positive check] » .

Il y a chez les écolos réactionnaires néo-malthusiens des illuminés complets qui prônent (somme toute assez logiquement) l’abandon des médicaments et de la médecine développée, de l’agriculture, de toute aide sociale et globalement de toutes les technologies et organisations sociétales permettant de faire baisser la mortalité dans nos sociétés. Mais Sea Shepherd n’en est pas, ils sont sûrement moins illuminés mais plus dégueulasses encore. Car leur néo-malthusianisme est purement de classe. Il ne doit pas s’appliquer aux riches des pays riches qu’ils enjoignent juste à plus de sobriété énergétique, à mettre un terme à la surconsommation et à l’élevage et la chasse intensifs, des préconisations somme tout très raisonnables et peu contraignantes par rapport à la contraception forcée, la famine et la maladie proposées aux pauvres et aux pays pauvres.

Non seulement, Sea Shepherd ne s’attaque pas frontalement au capitalisme , mais au contraire, leur stratégie pour sauver la planète est basée sur un renforcement des inégalités du capitalisme. Rappelons que s’il y a des pauvres et des pays pauvres, c’est évidemment du fait de leur domination et de leur exploitation par des riches et des pays riches. Et bien Sea Shepherd et leurs amis néo-malthusiens proposent tout simplement de renforcer cette exploitation en laissant crever les pauvres, en les empêchant de se reproduire (sans jamais aborder l’idée que le taux élevé de natalité peut être lié à un taux élevé de mortalité, donc justement à leur niveau de pauvreté et d’exploitation). Et pour que ces pauvres, leur misère et leur natalité ne viennent pas gâcher la vie et l’écosystème des riches, on combine ce beau projet de société avec une lutte acharnée contre l’immigration : les pauvres doivent crever, mais chez eux !

Une bien étrange façon de procéder au recrutement puisque ce dernier se révèle… payant!

Une bien étrange façon de procéder au recrutement puisque ce dernier se révèle… payant!

Après ça, Sea Shepherd peut se targuer d’un pacte de non-discrimination pour affirmer qu’ils ne sont pas racistes. Après ça, ils ont beau jeu de se fendre de temps en temps d’une tirade contre les grandes sociétés avides de profits et les lobbys industriels et de l’élevage, tirade toujours très oiseuses et sans conséquences puisque comme Watson le dit très bien pour résumer leur impuissance sur ce registre : les riches ne veulent pas devenir pauvres ! (cf lien précédent)
Cette vision des choses n’est pas seulement réactionnaire, elle est tout bonnement fondamentalement fascisante.

le mysticisme de la terre

La vision politique de Sea Shepherd est très empreinte de mysticisme.
D’ailleurs, Watson ne s’est jamais caché de ce mysticisme qui l’a poussé à s’intéresser aux amérindiens non pas en tant que peuple opprimé mais pour leur rapport à la mère nature. Il affirme même que son combat en faveur des baleines prend racine dans l’interprétation d’un de ses rêves par un chef indien à Wounded Knee (même si il est évident que le mégalo et mythomane Watson a postérieurement totalement exagéré ses engagements auprès de l’AIM que ce soit à Wounded Knee ou par la suite en soutient à Léonard Pelletier voir le texte déjà cité de Jim Craven , l’important ici est bien ce qu’il prétend et non ce qui fut). On retrouve chez nombre de membres éminents de SSCS les expressions de terre-mère (y compris la branche française) ou de mère nature et l’analyse de la situation écologique chez Sea Shepherd tient bien souvent plus de la croyance mystique que de l’analyse scientifique.Si Sea Shepherd est généralement en froid avec les grandes religions monothéistes (accusées notamment d’être natalistes étant opposées à l’avortement et la contraception et prônant la charité), leur écolo-mysticisme les a rapprochés des instances bouddhistes (probablement plus à des fins de promotion et de médiatisation que par conviction), ainsi, quand Watson se targue du soutien et des cadeaux reçus du Dalaï-Lama, Lamya Essemlali pose avec Matthieu Ricard, son principal représentant en France.

De gauche à droite : Yana Rusinovich militante de SSCS et épouse de Paul Watson, Paul Watson, Matthieu Ricard principal représentant du bouddhisme en France et Lamya Essemlali.

De gauche à droite : Yana Rusinovich militante de SSCS et épouse de Paul Watson, Paul Watson, Matthieu Ricard principal représentant du bouddhisme en France et Lamya Essemlali.

» L’attirance pour une femme vient surtout de la pensée que son corps est pur, mais il n’y a rien de pur dans le corps d’une femme. De même qu’un vase décoré rempli d’ordures peut plaire aux idiots, de même l’ignorant, l’insensé et le mondain désirent les femmes ; la cité abjecte du corps, avec ses trous excrétant les éléments, est appelée par les stupides un objet de plaisir.  »

Dalaï-lama, dans son ouvrage « Comme la lumière avec la flamme »

Paul Watson serrant la main du Dalaï-Lama.

Paul Watson serrant la main du Dalaï-Lama.

Les liens entre Sea Shepherd et les colibris de Rabhi et leurs amis anthroposophes (notons au passage que l’anthroposophie utilise aussi les notions de terre-mère et de mère nature), ou le soutien affiché à Sea Shepherd par un nombre certain de paganistes nazis (appréciant en plus, le rejet des grandes religions monothéistes) ne peut ainsi plus apparaître comme un simple hasard mais comme nous le disions plus haut, ces amitiés douteuses ne sont pas la cause de l’infréquentabilité de Sea Shepherd, mais une simple conséquence de leur ligne politique totalement réactionnaire.

Le site écolo-confusionniste Mr Mondialisation ne s’y trompe d’ailleurs pas en relayant abondamment l’organisation. mr-mondialisation_sea_shepherd

SSPC, drôles d’antisystèmes

Nous l’avons dit, non seulement Sea Shepherd refuse d’intégrer une vision de classe dans leur combat et de lier la destruction de l’écosystème au capitalisme mais ils pratiquent de fait la lutte des classes du côté de la bourgeoisie et donc des principaux destructeurs de cet écosystème. Pour autant, nombre de gauchistes ont encore une vision fantasmatique de Sea Shepherd comme  » antisystèmes « , formule très connotée politiquement en raison de ses origines fascistes.

Un système qu’ils combattent tellement que celui-ci le lui rend bien ; remise du prix Jules Vernes par Richard Dean Anderson en 2012, qualifié de héro par son ami Hulot, il n’est pas dit que Watson connaîtra un jour plus grande consécration que quand le Time Magazine l’a sacré héros de l’écologie en 2000.

Lamya Essemlali, Paul Watson, Yana Rusinovich et Nicolas Hulot

Lamya Essemlali, Paul Watson, Yana Rusinovich et Nicolas Hulot

Le plus intéressant est de regarder ce que Sea Shepherd disent d’eux-même, loin de prétendre combattre le système, ils disent vouloir en faire respecter le Droit, puisant leur légitimité dans une charte des nations unies.

Dans leur présentation Sea Shepherd dit vouloir « faire respecter les règles internationales concernant la conservation de la nature » et ajoute « Sea Shepherd coopère avec toutes les instances juridiques internationales. Pour faire respecter les droits, nous agissons en conformité avec les pratiques légales communément admises. Sea Shepherd adhère aux principes de non-violence lors de ses actions visant à protéger les océans. ».

C’est en pleine cohérence avec cette logique cogestionnaire que Sea Shepherd France a participé à la Conférence Environnementale organisée par le gouvernement français en septembre 2012 au sein du rassemblement pour la planète, soutenu par 4 anciens ministres et une sénatrice, qu’ils ont pleuré de ne pas avoir été invité en 2013 et que Watson affirme qu’il restera en France pour la version 2015 (COP 21) dont il espère que l’Europe prendra le rôle de meneur et la France le leadership, alors même que toutes les organisations écologistes conséquentes, sans forcément être anticapitalistes, se préparent à manifester contre cette même mascarade de COP 21, sachant ne rien devoir attendre de nos dirigeants4

Sea Shepherd prétend n’avoir un budget annuel que de 21 millions d’euros, ce qui paraît bien peu pour une organisation possédant une flotte de 8 navires amiraux (dont la plus part sont du haut de gamme high tech dont deux ont battu des records de vitesse du tour du monde) qui naviguent quasiment en permanence, « beaucoup d’autres petits bateaux et scooters des mers » , des hélicoptères, des drones, deux sièges permanents, qui est présent dans des dizaines de pays… Mais quelque soit le chiffre exact, même 21 millions ça fait une grosse somme quand on dit ne recevoir ses fonds que de dons de particuliers et d’entreprises et d’un autre côté une bien faible somme qui explique le fait que Sea Shepherd n’a quasiment pas de frais de communication contrairement aux autres organisations comparables (une grosse part de leur communication se fait d’ailleurs avec brio gratuitement sur le web). La conséquence de cette double contrainte budgétaire (un budget à la fois gros et trop petit), c’est que Sea Shepherd est en permanence en recherche de riches financiers et de médiatisation. Deux quêtes les amenant à frayer autant que faire se peut avec le gratin mondial.
Ils ne manquent donc jamais une occasion de se vanter de leurs nombreux soutiens très anti-système comme Pierce Brosnan, Martin Sheen, Richard Dean Anderson, Sean Penn, Christian Bale, Pharrel Williams, Mick Jagger, Pamela Anderson, Aidan Quinn, William Shatner, Edward Norton, Orlando Bloom, Uma Thurman, Shannen Doherty

Paul Watson ici avec Shannen Doherty

Paul Watson ici avec Shannen Doherty

  En France, c’est un peu plus difficile et ils doivent le plus souvent se contenter de vieilles gloires un peu has-been comme Brigitte Bardot, Nicolas Hulot, Jacques Perrin ou Pierre Richard, tant pis ils n’hésitent pas à faire avec.

Pierre Richard, Lamya Essemlali, Yana Rusinovich et Paul Watson

Pierre Richard, Lamya Essemlali, Yana Rusinovich et Paul Watson

Ça c’est surtout pour la médiatisation, mais la flotte de Sea Shepherd est également en grande partie financée par de riches donateurs.

Ainsi, c’est le don de 5 millions de dollars de la vedette TV américaine Bob Barker qui a permis de financer l’achat de l’ancien baleinier portant son nom ainsi que d’un hélicoptère. Un don à six zéros de Sam Simon (multi-millionnaire co-créateur des Simpson) a également permis d’acheter un navire de 56 mètres de long portant maintenant son nom. De même l’Ady Gil, petite merveille futuriste capable d’aller à 50 nœuds (coulée en 2010 par un navire japonais) tenait son nom de la société Ady Gil, un magnat de l’éclairage hollywoodien qui a donné 1 million de dollars à Sea Shepherd, sans oublier le financement reçu de la fondation Brigitte Bardot
Pour ses campagnes, Sea Shepherd s’associe à des multinationale comme G-Star et Bionic Yarn ou la très philantropique firme Adidas.

Au concert de Pharrell Williams, notre partenaire pour le Vortex Project.

Au concert de Pharrell Williams, notre partenaire pour le Vortex Project.

C’est évidemment leur droit d’être des légalistes non-violents souhaitant collaborer avec les instances internationales, proches du star-système et des milieux d’affaires, misant sur les individus plus que sur le collectif mais il serait bon que les gauchistes de pacotille respectent ce droit en arrêtant de vouloir en faire des partisans de l’action directe, anti-système, etc…

Les grands rebels

Les grands rebels « antisystèmes » Paul Watson et Yana Rusinovich, sur le tapis rouge au festival de Cannes.

Ce dernier chapitre ne fait pas de Sea Shepherd des fachos, mais renforce par contre l’analyse d’une organisation se dotant de moyens bien peu en adéquation avec leur but de préservation de l’écosystème.
Le capitalisme est inséparable de la surproduction, il est inséparable des logiques de rentabilité immédiate dans un but de plus-value flash, il est inséparable de la logique de compétition contraire à toute planification écologique. Bref le capitalisme est inséparable de la destruction de l’écosystème et la préservation de l’écosystème est inséparable de la destruction du capitalisme. Alors évidemment, tout étant une question de choix tactique, on peut être d’accord avec cette dernière affirmation et quand même choisir de militer dans un « cadre large » dans une organisation ne se posant pas clairement comme anticapitaliste. Mais à condition encore que celle-ci ne soit pas un pur produit du capitalisme dont elle reprend toute la logique, y compris dans ce qu’il a de plus abject.
Surtout, rien au delà des divergences idéologiques au sein de notre camp, ne peut justifier de militer avec des fachos au sein d’une organisation fondamentalement fascisante.

Paul Watson le fou

Conclusion

Il reste un argument que ne manqueront pas de nous opposer ceux qui tiennent malgré tout à travailler avec des groupes locaux. On nous dira que certes, Sea Shepherd est dirigée par des néo-malthusiens racistes et réactionnaires, que certes Sea Shepherd est cul et chemise avec l’élite du système et s’associe avec les pires racailles fascisantes. Certes, mais. Certes mais il y aurait au sein de Sea Shepherd des militants ni racistes, ni réactionnaires, ni néo-malthusiens, des militants vraiment écolos et sincères qui travailleraient avec Bardot et Rabhi a l’insu de leur plein gré…

Pourquoi pas, beati pauperes spiritu. Mais quand bien même, à quel moment cela justifierait-il de soutenir ou travailler avec leur organisation ? Cette idée n’est pas sans rappeler l’argument souvent apporté d’une base de sympathisants du FN où il y aurait des gens ni racistes, ni homophobes, ni sexistes, ni libéraux… des espèces de brebis égarées tombées dans le piège démagogique du discours sur les petites gens. Et bien dans ce cas là, personne n’ose quand même encore proposer de soutenir ou de s’allier avec les sections locales du FN ? Il n’existe alors que deux solutions, ne s’excluant pas forcément : faire preuve de pédagogie pour leur expliquer que leur organisation est une merde puante raciste ou rentrer dans le tas et comme disait Nizan « Tuez-les tous, le prolétariat reconnaîtra les siens » !
Par cet article, nous appliquons à Sea Shepherd la première solution, mais nous savons marcher sur nos deux jambes.

  1. comme en témoigne par exemple leur invitation au festival Unies Sont Nos Cultures à tenir une table de presse au côté de la CNT, d’AL, la FA, des collectifs antifascistes rennais et Quimperlois… []
  2. c’est d’ailleurs un point récurrent concernant nos sources sur cette organisation. Face à la cécité d’une majorité d’écologistes anticapitalistes sur Sea Shepherd, bon nombre d’informations compromettantes ne sont relayées sur le net que par des groupes dont nous ne partageons pas les idées, soit des groupes anti-écolos, soit le plus souvent des pacifistes bêlants outrés par les actions coups de poing de Sea Shepherd. C’est ce qui explique l’utilisation répétée de donotlink dans tout cet article. Nous ne reprenons pour autant que des infos confirmées et vérifiables, souvent assumées par Sea Shepherd même. []
  3. L’utilisation sexiste de l’image des femmes dans la communication de Sea Shepherd se remarque par ailleurs régulièrement.

    La beauté est une norme sociale, un concept clé du patriarcat. A travers la recherche de beauté se cachent l’apparence, la soumission, l’aliénation, la contrainte et l’argent […] Les femmes sont soumises à une pression constante qui leur demande d’adapter leur corps à des canons de beauté. La séduction par la beauté est l’un des pivots de la construction de l’identité féminine. C’est un diktat en cela qu’il se présente comme absolu, qu’il est arbitraire (conforme aux codes en vigueur) et entraîne les femmes dans la voie de la soumission et de l’aliénation par la valorisation dont il gratifie les femmes belles. C’est de plus un marché juteux, une connexion entre patriarcat et capitalisme […] C’est une aliénation qui altère la confiance en soi car elle nie et refuse l’imperfection […] elle divise les femmes, les met en concurrence pour la séduction des hommes. VANINA, « Le Mythe de la beauté »

    La beauté est une norme sociale, un concept clé du patriarcat. A travers la recherche de beauté se cachent l’apparence, la soumission, l’aliénation, la contrainte et l’argent […] Les femmes sont soumises à une pression constante qui leur demande d’adapter leur corps à des canons de beauté. La séduction par la beauté est l’un des pivots de la construction de l’identité féminine. C’est un diktat en cela qu’il se présente comme absolu, qu’il est arbitraire (conforme aux codes en vigueur) et entraîne les femmes dans la voie de la soumission et de l’aliénation par la valorisation dont il gratifie les femmes belles. C’est de plus un marché juteux, une connexion entre patriarcat et capitalisme […] C’est une aliénation qui altère la confiance en soi car elle nie et refuse l’imperfection […] elle divise les femmes, les met en concurrence pour la séduction des hommes. VANINA, « Le Mythe de la beauté »

    Ainsi sur la proue de leur trimaran le « brigitte bardot » cette dernière est peinte en maillot de bain fort décolleté dans un style très sexualisé.

    La proue du trimaran de Sea Shepherd le Brigitte Bardot.

    La proue du trimaran de Sea Shepherd le Brigitte Bardot.

    De même, les publications de Sea Shepherd ou de ses membres vantent régulièrement la beauté et la douceur de Yana Rusinovich ou Lamya Essemlali. En février dernier, Watson n’a d’ailleurs pas hésité à faire de son mariage un événement de communication glamour et people.

    Quand il ne pose pas avec sa femme, Watson s’affiche avec des célébrités ou avec des représentants locaux de SSCS, se trouvant alors auréolés de la gloire d’avoir côtoyé leur mentor. Dans tous les cas, les photos sont abondamment diffusées sur les sites de l’organisation, les blogs personnels et les réseaux sociaux.

    Pamela Anderson en combinaison Sea Shepherd, élément de la communication de l'organisation.

    Pamela Anderson en combinaison Sea Shepherd, véritable élément de la communication de l’organisation.

    []

  4. on retrouve par ailleurs souvent cette tendance chez SSCS, comme à la fondation Brigitte Bardot à opposer les bons pays (l’Europe, à l’exception de la Norvège et du Danemark, et notamment la France) aux méchants pays (Chine, Australie, Japon, Canada, USA…), une tendance qui peut les rapprocher du campisme qu’on retrouve et dans la gauche dite radicale française (autour du Front de Gauche) et chez les fachos type Colibris. []

Mouvement du 14 juillet FAIL

En attendant l’arrivée d’un article de fond qui ne devrait plus trop tarder, nous voulons juste enrichir la section objets trouvés du blog.

Il semblerait en effet que les vendéens du mouvement du 14 juillet aient perdu quelques banderoles.

-- Allo le mouvement du 14 juillet, vous avez perdu quelques banderoles !

— Allo le mouvement du 14 juillet, vous avez perdu quelques banderoles !

Ceci est évidemment surtout un prétexte pour rappeler quelle merde réactionnaire, conspirationniste et confusionniste se cache derrière ce mouvement du 14 juillet, par exemple en faisant lire cet article ou celui-là. Mais ceux qui préfèrent la presse bourgeoise au travail antifa sérieux pourront quand même aller lire avec profit StreetPress ou les inrocks.

Paternalisme colonial FAIL

La situation des migrants sans-papiers est un parcours du combattant perpétuel. Après avoir survécu à des situations extrêmement difficiles dans leur pays, directement liées à l’oppression coloniale et impérialiste des grandes puissances occidentales et notamment de la France (misère, guerres, dictatures, répression…), après avoir survécu au « voyage » vers l’Europe dans les conditions que l’on sait, c’est un véritable exercice de survie qui les attend en France. Laissés à la rue, traqués par les flics, livrés à la faim, la maladie, maintenus hors du marché de l’emploi ou intégrés dans une spirale de sur-exploitation illégale, en but au racisme quotidien… L’asile français est bien aigre ! Tout cela, la plupart du temps dans l’indifférence généralisée !

Banderole de migrants.

Banderole de migrants.

Mais de temps, en temps, le plus souvent grâce à leurs luttes collectives, la situation des migrants refait irruption sur la scène politique et médiatique. C’est ce qui s’est passé ces derniers jours, depuis l’expulsion du campement à La Chapelle le 2 juin où des centaines de migrants campaient sous le métro aérien depuis 8 mois, sans que rien ne soit fait pour eux.

Ah, ces immigrés qui viennent profiter de la générosité du système français ! Ici le campement de la chapelle.

Ah, ces immigrés qui viennent profiter de la générosité du système français ! Ici le campement de la chapelle.

Dans ces cas là, le pouvoir double sa répression physique par une guerre de l’information. Tout est alors bon pour décrédibiliser les migrants et leurs luttes et le mensonge est la norme. Toute les instances du pouvoir s’y mettent alors en chœur, le gouvernement, la préfecture, la mairie de Paris, le parti socialiste et bien sûr la presse aux ordres ont lâché un flot continu de désinformation et de saloperies. On a ainsi pu lire et entendre ces derniers temps que les migrants en question ne voulaient pas des logements qu’on leur proposait, qu’ils n’étaient pas demandeurs d’asiles… Quand bien même ces calomnies seraient vraies, elles n’excuseraient évidemment pas le traitement qui leur est fait, mais dès qu’on laisse un peu la parole aux premiers concernés, on se rend compte que c’est totalement bidon, et c’est donc pour ça qu’on donne si peu la parole aux migrants !

Comme en 1996, quand le ministre de l’intérieur Jean-Louis Debré avait envoyé 1500 CRS (!) déloger 210 migrants de l’église Saint-Bernard avec une violence inouïe, le gouvernement affirme aujourd’hui agir « avec humanité et fermeté ». Petit quiz, dans les éléments suivants, lesquels relèvent de l’humanité et lesquels de la fermeté : les coups de tonfa, les gaz lacrymogènes, les migrants jetés au sol et traînés par les jambes jusqu’aux cars de flics, les internements en CRA, les expulsions sommaires, le fait d’être chassés des qu’ils s’installent quelques parts, de mettre un seul point d’eau et deux toilettes là où des centaines de migrants survivent, de chercher à séparer à tout prix les migrants, la destruction de leurs seules affaires, de leurs papiers…

« Humanité et fermeté » : la dialectique gouvernementale peut casser des gueules. Frédéric Vielle, militant du NPA et CGT, venu soutenir les migrants s’est heurté aux tonfas, il a de multiples fractures à la face et devra être opéré après la résorption de l’hématome. Le parisien, dans sa folie mensongère a essayé de le faire passer pour un flic blessé par les manifestants.

Vous avez deux minutes pour répondre, nous on abandonne.

Depuis l’occupation jeudi 11 juin de la caserne Chateau-Landon (immense bâtiment appartenant à l’Etat, vide et inutilisé), la désinformation et la calomnie ont pris une autre tournure, puisqu’elles viennent également d’une partie des organisations se présentant comme soutiens des migrants dans leur lutte : EELV, PG, PCF… Bien sûr l’enjeu pour ces organisations n’est pas le même que pour le gouvernement et le PS et donc la calomnie n’est pas la même non plus. Ils ne ciblent pas directement les migrants mais préfèrent s’en prendre à une partie de leurs soutiens : « gauchistes », « trotskystes du NPA », « anars », « totos », « autonomes anarchistes » « énervés », « opportunistes », « récupérateurs »… Le rôle de FailFaf n’est pas de prendre la défense de ces militants (qui n’en ont nul besoin), même si on comprendra bien que ce sont avant tout les militants de terrain, les révolutionnaires et les antiracistes conséquents qui sont ciblés. Nous allons quand même relever rapidement et démentir quelques unes des contrevérités les plus évidentes que nous avons vu fleurir cette fin de semaine. Mais surtout, et c’est le but principal de cet article, nous allons démontrer que derrière ces apparentes querelles de chapelles, c’est bien vis-à-vis des migrants que ces attaques font preuve d’un mépris crasse !

L’armada réformiste s’est opposé de toutes ses forces à l’occupation de la caserne (avec l’inefficacité que l’on a pu voir). Pour se justifier, on les a ainsi vu affirmer sans honte que les gauchistes avaient manipulé les migrants, pris des décisions en leur nom et les leur avaient imposées, que la caserne en question était insalubre, pleine d’amiante, sans eau ni sanitaires. Que les gauchistes avaient amené les migrants à refuser les super possibilités de logements que les élus avaient dealé avec les autorités. Que les gauchistes n’avaient pas hésité à attaquer violemment les élus et leurs militants pour imposer leurs choix aux migrants, qu’ils cherchaient juste à se faire de la pub en débarquant sur une lutte dont ils étaient absents jusqu’ici, qu’ils provoquaient par opportunisme une conflictualité stérile nuisant aux migrants…

Les soutiens devant la caserne Chateau-Landon occupée.

Les soutiens devant la caserne Chateau-Landon occupée.

Nous reviendrons plus tard sur la question démocratique et les accusations de manipulation. Sur la caserne elle-même, il y avait contrairement à ce qui a été dit des toilettes et des lavabos où les migrants et leurs soutiens ont pu se laver à l’eau et au savon. Contrairement au parc où les réformistes voulaient les envoyer, les migrants y bénéficiaient d’un toit pour s’abriter des intempéries. Quant à l’amiante, il s’agit vraisemblablement (d’après les informations partielles dont nous disposons) d’un coup de bluff dénué de fondement. La caserne n’est sûrement pas un palace, et on peut évidemment rêver mieux en terme de salubrité, mais c’est de toute façon mille fois mieux que les campements en plein air qui font le quotidien de ces migrants depuis des mois, où ils multiplient les maladies liées aux conditions sanitaires, à l’exposition au froid et à la pluie. Quant aux agressions subies par les élus et leurs proches pour imposer des choix aux migrants, on touche le fond en terme de propagande. Oui, c’est vrai, ils ont été un peu bousculés. Pourquoi ? Parce qu’ils se sont mis en chaîne au travers de la route pour empêcher les migrants de poursuivre la manif vers la caserne ! Sans compter qu’il faut manquer totalement de décence quand, alors que les migrants subissent ce qu’ils subissent, que les flics se sont déchaîné envoyant plusieurs manifestants à l’hôpital, on utilise le terme de violence … pour dénoncer une légère bousculade sans coups portés ni conséquences physiques !

La réalité est simple, ces mensonges ne servent à couvrir qu’une seule chose : les élus réformistes et leurs quelques pantins voulaient à tout prix éviter toute conflictualité avec leurs amis du pouvoir en place. Par idéologie, parce que si ces gens reconnaissent la prédominance du rapport de force dans les luttes pour arracher de petites victoires et des améliorations minimes des conditions de survie, ils perdent le rôle central de leurs élus et de leurs négociations de salon, mais surtout par opportunisme, pour garder les meilleures relations possibles avec leurs véritables amis qui ne sont pas les migrants mais leurs collègues élus socialos. D’ailleurs ils le disent clairement dans l’humanité : le but était « la garantie d’une négociation sereine avec la Ville » !

Mais alors quid de ces histoires de manipulations des sans-papiers par les gauchistes ? De manière préliminaire, notons que cette notion est traditionnellement utilisée dans deux cadres précis : les mobilisations des migrants (on se rappelle par exemple que les mêmes saloperies étaient sorties lors de l’occupation de la bourse du travail par la CSP 75, occupation à laquelle les gros bras de la CGT avaient mis fin en attaquant eux même les occupants pour les déloger !), et les mobilisations de jeunesses et particulièrement de lycéens (les adversaires de leurs mobilisations, qu’ils soient de gôche, de droite ou d’extrême-droite expliquent toujours que les lycéens ne savent pas pourquoi ils se battent et qu’ils sont manipulé par des gauchistes aux intérêts politiciens). En fait, on parle de manipulation pour les mobilisations de personnes considérées comme sous-citoyens, comme facilement manipulables car considérées comme n’ayant pas la capacité intellectuelle et politique de déterminer eux-mêmes leurs luttes, leurs revendications et leurs modalités d’action. La plus belle illustration du mépris complet des migrants comme sujets politiques, nous l’avons prise sur un article de France TV : « Dans la foule, les migrants, qui ne parlent pas français pour la majorité d’entre eux, n’ont pas l’air de saisir les batailles politiques à la gauche de la gauche dont ils sont l’objet. Sourires aux lèvres, ils chantent à tue-tête « So, so, solidarité » ». La presse d’État est ainsi pleinement sur la même longueur d’onde que les « soutiens » réformistes : les migrants ne mènent pas bataille, ils sont l’objet d’une bataille politique, à laquelle ils ne comprennent rien, et en bons noirs qu’ils sont, ils se contentent donc de chanter et de sourire (parce que ces gens là, madame, ils ont quand même une bonne humeur naturelle en toutes circonstances, ils sont simples mais ils savent vivre!). Les choses n’ont pas beaucoup changé depuis les expositions coloniales et les commentaires médiatiques les accompagnant.


Malien sans-papier expulsé de la Bourse du travail par rue89

Sur le déroulé de la journée, on peut lire (avec leurs défauts respectifs) cet article de Paris-lutte.info et celui-ci du secrétariat jeune du NPA. Si vous voulez vomir un coup ou vous rendre compte que de l’époque stalinienne l’huma a perdu le verbiage lutte des classes mais pas les méthodes d’intox et de calomnies, lisez ceci.

Ce qu’il faut savoir, c’est que c’est lors d’une réunion au Bois Dormoy le mercredi 10 juin au soir que les migrants ont décidé qu’ils exigeaient d’être logés avec un toit sur la tête et tous ensemble pour ne pas être éparpillés. Ces décisions ne sont pas le fruit de manipulations gauchistes mais d’un processus démocratique purement auto-organisé entre migrants. Parce que oui, ces gens là savent s’organiser entre eux, savent prendre leurs propres décisions et faire vivre une démocratie directe. Pendant ce temps, les élus EELV, PG et PCF et quelques bureaucrates, décidaient seuls dans leur coin, sans les migrants que ça serait vachement bien de les envoyer dans le parc Eole, remonter un campement de fortune en plein-air. Le jeudi 11, ce sont donc bien ces réformistes qui ont tenté de manipuler (en jouant sur les peurs) des migrants pour les faire monter dans des cars à l’encontre des décisions qu’ils avaient pris entre eux. Quand l’huma explique que les gauchistes ont « désorganisé le SO de la manif » et « poussé les migrants » pour les contraindre à l’occupation, il faut comprendre que le soit disant SO de la manif, ce sont les militants principalement du PCF qui se sont mis dans le travers de la route pour empêcher la manif d’aller à la caserne, en conformité avec la décision des sans-papier d’aller vers un toit pouvant accueillir la majorité d’entre eux. Les seuls migrants qui ont été poussé l’ont été par ce SO autoproclamé qui n’était pas celui de la manif mais celui destiner à empêcher la manif d’aller à son terme.

Quant à l’AG qui s’est tenue dans la caserne, oui les soutiens participant à l’occupation qui le voulaient ont participé, et oui, les barrières linguistiques compliquent parfois l’exercice démocratique. Mais c’est bien dans ce cadre que l’ensemble des migrants présents dans la caserne étaient réunis, débattaient et cherchaient la meilleure solution. Pendant ce temps là, les élus dont l’huma vante tant l’action, snobaient totalement le cadre démocratique des migrants pour mener à leur sauce avec les représentant de la pref et de la mairie coupables de la situation « des négociations sereines » en présence d’un seul migrant, choisi par ces élus et non par ses pairs. Bref cherchaient une solution dans le dos des migrants et en harmonie avec la mairie et l’intérieur, contre les migrants.

Ces tristes sires sont sempiternellement des ennemis de la démocratie directe dans les luttes, et cherchent toujours à diriger à la place des travailleurs et des opprimés en lutte. Mais quand il s’agit de migrants (ou, nous en avons parlé, de jeunes), leur paternalisme ne prend plus la peine de se draper d’un tant soit peu de vernis démocratique, ils assument pleinement leur mépris des migrants qui encore plus que le reste de la classe ouvrière, sont considérés comme des objets de batailles politiques qui sont l’apanages des petits élus français de la grande République. Entendons-nous bien, il peut y avoir sur les différentes mobilisations des bisbilles politiciennes entre réformistes et « gauchistes », et dans ces bisbilles, les groupes révolutionnaires formels et informels peuvent très bien avoir leur part de tords et de manipulation. Mais ce à quoi nous avons assisté ce jeudi, ce n’est pas principalement à ça. C’est une lutte entre l’auto-organisation des migrants, avec le soutien de la majorité des présents dont des militants d’extrême gauche contre quelques manipulateurs élus et leurs proches s’opposant de tous leurs poids à la lutte des migrants.

Sans-papiers en lutte lors des grandes grèves en 2011.

Sans-papiers en lutte lors des grandes grèves en 2011.

In fine, l’occupation de la caserne et le rapport de force qu’elle a permis d’instaurer n’ont pas été totalement inutiles. Ce sont finalement 110 personnes et non pas 60 comme prévues initialement qui ont pu bénéficier de vrais logements décents, avec nourriture, soins … Pour autant l’heure n’est pas à la satisfaction mais à la poursuite de la mobilisation : les 110 migrants ne sont logés que pour « quelques jours », des centaines d’autres dorment encore à la rue, au fameux parc Eole notamment mais aussi éparpillés, entre autres quartier Austerlitz mais pas seulement.

Il est important de maintenir le rapport de force mais aussi de poursuivre les actes de solidarité concrète : présence auprès des migrants, collecte de nourriture, de vêtements, de couvertures et matériel de camping… Cette solidarité et cette mobilisation ne doit être l’apanage de personne, elle doit être ouverte à toutes et tous, militants ou non, gauchistes, rien-du-toutistes ou réformistes (y compris membres ou sympathisants des organisations ciblées ci-dessus (EELV, PCF, PG) s’ils sont là pour lutter sincèrement au côté des migrants et il y en a, cet article ne vise pas à monter une cabale contre les membres d’une sensibilité politique mais à dénoncer les vils agissements d’un quarteron d’élus et de bureaucrates qui ne pèsent rien dans la mobilisation et sont bien plus intégré aux appareils d’Etat qu’à la lutte des opprimés), mais surtout, elle doit être clairement en soutien des migrants. C’est-à-dire que ce ne doit pas être des soutiens qui luttent pour les migrants, mais bien des soutiens qui comme leur nom l’indique appuient, renforcent la mobilisation des migrants. Cette mobilisation doit être celle des premiers concernés, guidée par leurs décisions, selon leurs modalités ! Quelle que soit l’hypocrisie de certains signataires, l’appel unitaire à la mobilisation peut et doit être un appui, a condition de rester vigilant en permanence. Un rendez-vous émerge notamment pour une manifestation mardi 16 juin à 18heures au départ du 18ème arrondissement.

Par ailleurs, au-delà du travail dans l’urgence, nous ne devons pas perdre de vue des objectifs qui paraissent peut-être plus lointains mais qui sont la condition sine qua non pour que la situation ne se reproduise pas à l’infini : régularisation de tous les sans papiers, ouverture des frontières, contre l’impérialisme et le néocolonialisme retrait de l’État français des pays d’Afrique et de son ingérence économique, militaire et politique, réquisition des logements vides et un toit pour toutes et tous, quelque soit le statut, la nationalité…

Dégager les provocateurs fascistes WIN

Même à l’étranger, les fachos français s’invitent dans les manifestations progressistes. Mardi 26 mai, c’est Laurent Ozon qui s’est pointé à un rassemblement de sans-papier à Bruxelles dans le but évident de chercher la baston. Laurent Ozon est un des principaux tenants français de l’écolo-fascisme. Après avoir grenouillé quelques temps avec une partie de la nouvelle droite, il s’est rapproché des identitaires, ce qui n’a rien d’étonnant au vu de sa principale marotte, le localisme (il est le fondateur et le président du mouvement localiste identitaire Maison Commune). À l’occasion du congrès de Tours du FN en janvier 2011, il est directement catapulté au bureau politique du Front National par la toute nouvelle présidente du FN, Marine Le Pen. Il y est délégué à la formation, mais devient surtout le M. écologie du Front National et est pendant quelques temps de plus en plus en vue. Mais ça ne durera pas car son obsession pour l’immigration cadre mal avec la politique de dédiabolisation du Front et qu’il apprécie peu de se faire recadrer par sa présidente. Dès le mois d’août de la même année, il quitte donc le FN après avoir été désavoué par Marine Le Pen suite à des propos trop ouvertement racistes. Depuis, Ozon fait ce qu’il aime le plus : être le chef et cracher sur les immigrés, il est ainsi le président du faible mouvement pour la remigration.

L’appel de son mouvement à venir perturber le rassemblement des sans-papier, n’a pas soulevé les foules, si ce n’est Ozon lui-même. On voit bien à quel point ce mouvement est une coquille vide servant juste à ce mégalo à exister.

L'appel du mouvement remigration à venir perturber le rassemblement.

L’appel du mouvement remigration à venir perturber le rassemblement.

Comme le relate la LCR, l’intention belliciste de Ozon, ne fait pas le moindre doute et le sens de « perturber » est évident puisqu’il s’est tout bonnement pointé au beau milieu du rassemblement de sans papier pour se mettre à beugler sans sono « « Ici c’est chez nous, vous n’avez rien à faire ici ! ». Les sans papiers et leurs quelques soutiens ne l’ont évidemment pas laissé causer bien longtemps de la sorte.

Mais Ozon est peut-être con mais pas tout à fait fou. Faute de troupes, il s’était adjugé pour l’occasion les services d’une mini milice locale et s’était trouvé 4 membres de Nation (groupe nationaliste-révolutionnaire de Belgique francophone) pour lui servir de gros bras.

Les 4 agresseurs de Nation prenant la pause (photo tirée de l'article de La Horde)

Les 4 agresseurs de Nation prenant la pause (photo tirée de l’article de La Horde).

Il avait cependant probablement vu un peu juste car les sans papiers ont eu une très bonne réaction déterminée et surtout très collective et la bagarre déclenchée par les fachos n’a pas duré bien long avant qu’ils ne doivent s’enfuir comme le montre la vidéo ci-dessous (elle aussi due à la LCR-SAP). Cette fois pas de SO philofasciste pour venir aider les fachos !

Pour voir la vidéo cliquer ici !

En l’occurrence, le coup d’éclat d’Ozon tient surtout du ridicule coup de cuillère émoussée dans l’eau. Mais Ozon a immédiatement après appelé à réitérer ce genre de tentative et, de pareils abrutis tombent un jour sur une manif un peu moins apte à la riposte immédiate, ou s’ils arrivent à être plus nombreux et mieux équipés, ce genre d’initiative peut toujours se révéler dangereuses.

D’où la nécessité d’être toujours vigilants et de toujours agir sans tarder, sans leur laisser le temps d’instaurer de panique notamment. Frapper vite, frapper fort, un bon faf est un faf mort !

On conclura en rappelant (lire le compte-rendu de la LCR) que comme toujours le comportement des flics est puant. De réelles suspicions existent sur le fait que ce ne soit pas eux qui ont rencardé les fachos sur le lieu du rassemblement (qui n’était pas public), ils ont évidemment laissé les nervis foutre la merde tranquillement, pour se retourner ensuite contre les sans-papier quand ils ont viré les fafs, avant de taper tranquillement la discute avec Ozon. Dans notre lutte contre les fachos, il faut avoir toujours en tête que les flics ne sont jamais de notre côté, jamais. Ils peuvent ponctuellement (même si ça devient rare) protéger d’une attaque de faf, voir filer des infos sur les mouvements de fafs, ils peuvent ponctuellement s’opposer aux fachos. Mais in fine, ils ne sont jamais du côté des antifascistes ni des principale victimes des fachos ; les racisés. Chaque fois qu’on fait confiance à un flic en tant qu’individu ou à la police en tant qu’institution, chaque fois qu’on leur file un renseignement ou qu’on coopère avec eux, on créé une faille qu’on leur dévoile et qu’ils ne manqueront jamais d’exploiter.