Archives mensuelles : septembre 2013

Culture française de la courtoisie et même de la séduction populaire, traditionnelle et si attrayante en France FAIL

Le titre est un peu long. Mais ce n’est pas de notre fait si les frontistes délayent l’absence de qualité dans la quantité et affectionnent tant les phrases pompeuses !

Vous vous rappelez l’épisode féministe du FNJ? Le crime des racailles qui agressent les filles, d’après leur article, c’était de bafouer « la culture française de la courtoisie et même de la séduction populaire, traditionnelle et si attrayante en France ». Oui, c’est vrai, c’est quand même dommage quand on a une si belle culture, si attrayante. Heureusement, on peut compter sur le Front National pour nous faire connaître cette culture si respectueuse des femmes. D’ailleurs, il y a encore plus exemplaire et plus vertueux qu’un militant du Front National, il y a les candidats du Front National. Qui mieux que ces prétendants au titre de maire, peuvent faire contrepoids à l’exemple si mauvais et irrespectueux des femmes qu’est celui des racailles?

A Marseille, par exemple. On entend toujours dire que c’est une ville sale, violente, à fort taux de délinquance et haut degré de harcèlement de rue. A Marseille donc, Stéphane Ravier, le candidat du FN sait ce qu’est la courtoisie envers les femmes et l’art de la « séduction populaire », on peut donc compter sur lui pour nous montrer l’exemple de ce qu’est « la culture française de la courtoisie et même de la séduction populaire, traditionnelle et si attrayante en France ».

Culture française de la courtoisie sauce Ravier.

Culture française de la courtoisie sauce Ravier.

Ou pas!

Antifascistes suédois WIN (2)

Vous verrez, les antifascistes suédois de RF communiquent pas mal et vous trouverez un certain nombre de vidéos sur internet, on ne va bien sûr pas toutes les mettre ici. Celle-ci n’est cependant pas dénuée d’intérêt.

Sur cette vidéo, tournée place Sorgel à Stockholm, on voit un groupe de 8 membres des nationalistes libres (groupe néo-nazi informel, lié à info 14) se faire provoquer par deux antifascistes suédois du Front Révolutionnaire, puis se réfugier dans le métro, sous protection. Peu d’intérêt me direz-vous, il serait stupide de blâmer les fachos qui ont l’intelligence de refuser de se battre?

Sauf quand on sait que les nationalistes libres, jouent uniquement sur un registre ultra-viriliste, cherchant constamment à imposer la terreur physique aux immigrés…  Sauf quand on sait que le leader du groupe qu’on voit sur ces images très désireux de protéger son beau faciès n’est autre que Viktor Sjölund, chanteur nationaliste à la grande gueule. Jouer les gros bras avec celles et ceux qui n’ont jamais demandé à se battre et battre en retraite à 8 contre 2 face à des gens motivés et habitués, c’est ce qu’on appelle un FAIL!

Une dizaine de militants antifascistes suédois du Front révolutionnaire ont été arrêté lors de raids synchronisés mardi 19 novembre à 6 h du matin, à Stockholm et Eskilstuna (voir ici). La méthodologie comme les premières déclarations policières laissent penser que les charges pourraient être lourdes, il y a un but clairement assumé de porter un coup fatal au Front Révolutionnaire dont l’antifascisme et l’anticapitalisme radicaux gênent le pouvoir en place, nous devons assurer les camarades suédois de toute notre solidarité et de tout notre soutien !

Voir également la campagne de solidarité internationale qui s’en est suivie.

Antifascistes suédois WIN

On m’a récemment transmis un lien vers une vidéo accompagnée du hashtag #Antifa dont le titre annonçait le bilan 2012-2013 du Front Révolutionnaire (groupe d’antifascistes suédois radical). Autant dire que je ne me suis pas précipité sur la vidéo, ayant beaucoup d’autres choses à faire (et écrire) que de regarder un montage d’auto-congratulation.

Professionnalisme oblige (et puis, il faut bien l’admettre, la réputation du RF (pour Revolutionära Fronten) m’a permis d’espérer étancher ma soif de riot porn. Je cliquai donc sur le lien dans une moment d’oisiveté et voici ce que je vis:

Youtube censure les antifascistes suédois.

Youtube censure les antifascistes suédois.

Il va s’en dire que ma volonté de voir cette vidéo s’en est vue décuplée! Ce ne fut d’ailleurs pas bien compliqué et sans même changer de plateforme de vidéo. En effet, si une vidéo est signalée à Youtube, elle peut être effacée mais ils ne chercheront pas s’il y a des vidéos similaires ! Le plus drôle, c’est que la 1ère version que j’ai trouvée (mais je vais vous en mettre une autre), était elle même postée par un faf suédois qui dans la présentation de la vidéo se plaignait à quel point tout le monde faisait parti d’un méchant complot visant à cacher ce genre d’images pour cacher le fait que les antifascistes soient de méchants violents… le tout pendant que ces amis fafs faisaient retirer la même vidéo sous des prétextes fallacieux ! Quoique, à regarder la vidéo, il s’agit bien d’activité dangereuses … pour les nazis!

 

Bon, au delà de l’anecdote, les RF sont vraiment un mouvement sympa. Leur antifascisme place toujours la lutte des classes au centre de tout, inclut bien les différentes oppressions et réponses nécessaires (féminisme, internationalisme…), ils ont un réel sens de l’esthétisme… Et font réellement reculer (du moins dans la rue) les nazis des démocrates suédois, des nationaux-démocrates, du parti suédois ou des différents groupes informels qui gravitent autour d’info 14 par exemple.

Une dizaine de militants du Front révolutionnaire ont été arrêté lors de raids synchronisés mardi 19 novembre à 6 h du matin, à Stockholm et Eskilstuna (voir ici). La méthodologie comme les premières déclarations policières laissent penser que les charges pourraient être lourdes, il y a un but clairement assumé de porter un coup fatal au Front Révolutionnaire dont l’antifascisme et l’anticapitalisme radicaux gênent le pouvoir en place, nous devons assurer les camarades antifascistes suédois de toute notre solidarité et de tout notre soutien !

Voir ici pour quelques images des démonstrations de cette solidarité internationale.

Apprendre les ficelles du métier FAIL

Quand on est maire d’un petit village comme celui de Guainville (28), 660 habitants, on n’est pas un professionnel de la politique et on a donc parfois du mal à se glisser dans un moule fait pour des pros qui en manient tous les secrets.  C’est visiblement le cas de Philippe Glanard qui, s’il avait maîtrisé les ficelles du métier, n’aurait pas dit texto «Les bougnoules c’est de la merde» ou du moins pas sans s’être bien assuré qu’il ne risquait pas d’être filmé.

Mais oui, parce qu’il peut très bien le penser, c’est à la mode, quand on regarde les média, il parait même que c’est ce que tout le monde pense tout bas. Et oui, il peut le dire, on parlera alors de son courage, mais pas comme ça. Parce que là, ça manque de classe. Alors on ne peut pas approuver et c’est évident que ça fait du tord. Pourtant il suffit de savoir y mettre les formes et, en guise d’exemple, il n’en manque pas en ce moment.

Par exemple, Manuel Valls n’aurait pas pu dire, « il faut foutre ces sales romanichels dehors » ou « c’est pas des gens comme nous », par contre il a très bien pu dire « les roms ont vocation à rentrer en Roumanie et en Bulgarie » et qu’ils ont des « modes de vie extrêmement différents des nôtres ».

De même, Francis Chouat, maire lui aussi PS d’Evry, n’a pas dit que les roms sont « des dealers, des exploiteurs d’enfants et des grosse putes », non, il dit que le Rom exerce « des commerces illégaux, la mendicité des enfants, la prostitution ».

Philippe Glanard a dit n’avoir pas l’intention de se représenter aux élections municipales de 2014. Cependant, s’il venait à changer d’avis, nous ne pourrions que lui conseiller de ne pas rester sans étiquette. Rejoins-donc le PS, ils t’apprendront les ficelles du métier, te donneront des cours de langue de bois et t’inscrirons à leur séminaire « dire des propos racistes de manière policée ».

L’élève et son maître FAIL

Le mardi 24 septembre eut lieu cet échange entre André Vallini, Sénateur et Président du Conseil général de l’Isère (Parti Socialiste) et Marion Maréchal Le Pen, députée (Front National). Cet extrait circule abondamment sur la toile en raison du lapsus de Marion Nousvoilà Le Pen. Pourtant, la bourde – qui ne révèle pas grand chose à moins d’être assez stupide pour s’être fait des idées sur son niveau culturel – a totalement éclipsé la phrase à laquelle répondait la demeurée.

Qu’à dit exactement l’élu PS?

« La gauche naïve c’est fini, l’angélisme c’est fini, la culture de l’excuse c’est fini. C’est fini tout ça. Nous sommes réalistes, autant que vous Madame Maréchal le Pen »

Non, non vous ne rêvez pas. Un élu du parti socialiste est bien en train d’expliquer que oui, le FN avait raison, le parti socialiste était naïf, faisait de l’angélisme et avait une culture de l’excuse (on parle ici de la délinquance), mais que ça, c’était avant, parce que maintenant c’est fini, ils sont aussi réalistes que le FN. On apprend donc que toutes les différences qui existaient entre FN et PS sur la question de la délinquance et de son traitement, ont disparues, au nom du réalisme?

Ce qui est sûr, c’est que si leur représentante a une sacrée propension à s’humilier dans les débats, c’est bien le FN qui mène les débats et que le PS (mais pour celles et ceux qui ont regardé l’émission, vous verrez que c’est aussi valable pour l’UMP vu comment il était dur de distinguer les propos de Estrosi de ceux de Le Pen) court derrière.

L’élève PS dépassera-t-il le maître FN ?

Qu’ils se méfient, à force de courir derrière, ils vont finir par les dépasser sans même s’en rendre compte! Il suffit de voir les propos sur les Roms pour se persuader qu’on n’est pas loin du jour où le PS se contentera de dire que la délinquance c’est juste du à l’immigration, qu’il faut rétablir la peine de mort et envoyer l’armée contre les grévistes comme le prône le FN!

Le disciple / élève PS et son maître FN

Le disciple / élève PS et son maître FN

Bataille de Lewisham : antifascistes WIN

La bataille de Lewisham, le 13 aout 1977, fut la plus grosse trempe infligée aux fascistes britannique depuis la bataille de cable street, en 1936 (voir également sur la bataille de Waterloo en 1992).

 Ce 13/08/1977 à Lewisham, il n'y a bien que le ciel qui ne soit pas tombé sur la tête des fachos... et des flics (2 photos de Homer Sykes)

Ce 13/08/1977 à Lewisham, il n’y a bien que le ciel qui ne soit pas tombé sur la tête des fachos… et des flics (2 photos de Homer Sykes)

 Ce 13/08/1977, il n'y a bien que le ciel qui ne soit pas tombé sur la tête des fachos... et des flics (2 photos de Homer Sykes)

La bataille de cable street avait provoqué un réel coup d’arrêt au développement du mouvement fasciste anglais. Au sortir de la seconde guerre mondiale, le Royaume-Uni s’était construit une identité de résistance et avait créé une unité interclassiste de façade autour de la victoire contre le nazisme. L’extrême-droite n’avait pas bonne presse.

Le contexte des années 70

Pourtant, dans les années 70, les choses commencèrent à (mal) tourner (toute ressemblance avec des faits ayant déjà eu lieu auparavant ou ayant lieu actuellement ne saurait être une pure coïncidence mais est fortement liée à des mécanismes structurels que les antifascistes ne peuvent choisir d’ignorer et doivent étudier attentivement. Fin de la parenthèse curé rouge moralisateur). Il y a bien sûr la crise économique qui marque la fin des trente glorieuses autour de 73-74. En 1974, de fortes grèves mettent à mal le gouvernement conservateur et le parti travailliste (le grand parti social-libéral anglais) en profite pour revenir au pouvoir. Seulement voilà, élus pour mener une politique sociale dans une période de crise mais refusant l’affrontement avec le patronnât et le système capitaliste dont ils sont les serviteurs, les travaillistes font de la merde, se retrouvent rapidement eux-mêmes confrontés à de grandes grèves, le chômage de masse fait son apparition à une échelle inédite… Le labour party perd la confiance d’une classe ouvrière désorientée (ils seront d’ailleurs largement battus en 79 par les conservateurs de Thatcher, pour le résultat qu’on sait) et l’extrême-droite en profite pour gratter à la porte.

Le Front National (NF) s’est créé en 1967, sur une ligne de dénonciation de l’immigration et du multiculturalisme qui rencontrera évidemment un écho important (notamment au sein de la petite bourgeoisie et de la classe ouvrière) avec le début de la crise économique. Officiellement le NF avait fermé ses portes aux mouvements ouvertement néo-nazis, en réalité il fut longuement dirigé par Tyndall et Webster, figures majeures du néonazisme anglais. En 1973, Webster fut le premier à obtenir un score électoral marquant pour son parti, raflant 16% des voix lors d’une élection locale. En mai 1976, le NF créé la surprise lors des élections locales de Leicester où ses 40 candidats atteignent 20% de moyenne. Le 1er semestre 1977 confirme ce qui parait être une inexorable ascension électorale. En mai, ils obtiennent près de 120.000 voix aux élections au Greater London Council, battant le parti libéral dans 33 des 92 circonscriptions et menaçant de prendre sa place comme troisième grand parti britannique. Sur l’année 1977, le NF a empoché environ 250.000 voix sur tout le territoire dans les élections locales et pèse 20000 adhérents.

Tyndall harangue ses troupes du NF, ce 13 aout (photo Homer Sykes)

Tyndall harangue ses troupes du NF, ce 13 aout (photo Homer Sykes)

De plus il ne se contente pas d’occuper les urnes, tentant régulièrement de s’imposer dans la rue et surfant sur tous les faits divers, étant en ce sens bien servi par la démagogie de la majorité de la classe politicienne (je rappelle, toute ressemblance…). En 1975, 400 de ses membres manifestent par exemple contre l’entrée dans la CEE.

La situation particulière de Lewisham

Mais c’est à Lewisham que la tension se matérialisa le plus à partir de mai 1977 (l’intro est un peu longue, mais nécessaire pour re-situer le contexte). Le 30 mai, les flics investissent comme des cow-boys 30 maisons des districts populaires de New Cross et Lewisham. Finalement, ce sont 21 jeunes de Lewisham, tous noirs, qui seront mis en examen pour vols, et accusés par la police d’être responsables de 90% de la délinquance dans le district. Un comité de défense des 21 est créé dans un contexte de racisme évident. La procédure policière est plus que douteuse et le procès se prépare dans une ambiance délétère, avec une exceptionnelle agressivité des pouvoirs publics.

Un drapeau piqué aux fascistes par les manifestants antifascistes lors de la bataille de Lewisham.

Un drapeau piqué aux fascistes par les manifestants antifascistes lors de la bataille de Lewisham.

Dans les mois qui suivent, les affrontements se multiplient dans le district de Lewisham. Affrontements entre organisations d’extrême-droite (particulièrement le NF et le National Party) et organisations antifascistes (notamment le SWP, tout nouveau parti trotskyste), affrontements entre fascistes et manifestants du comité de défense des 21, affrontements avec la police… C’est donc dans un climat de grande tension que le 4 juillet, le NF annonce une manifestation contre le multiculturalisme et le métissage pour le 13 aout, devant rallier Lewisham depuis New Cross. Webster, en charge de l’organisation de la marche, déclara à la presse « nous pensons que la société multi-raciale est mauvaise, que c’est le diable, et nous voulons la détruire« .

La préparation de la bataille de Lewisham

Le comité de défense des 21 de Lewisham est la première structure à appeler à contrer la marche fasciste. Lors d’un meeting regroupant 600 personnes le 21 juillet, le comité adopte (notamment sous la pression des militants très actifs du SWP) une motion appelant à une mobilisation unitaire pour stopper les nazis. Le mot d’ordre est clair « ils ne passeront pas » doit s’entendre au sens propre car le but est de les bloquer physiquement.

Pendant ce temps, l’ALCARAF (Campagne Tout Lewisham Contre Le Racisme et le Fascisme, cadre unitaire très large créé sur le district en 76, lors de la montée des scores de l’extrême-droite et qui repose en grande partie sur des élus, des représentants des communautés religieuses… mais qui a une vraie assise populaire), s’associe à une initiative soutenue par les élus locaux, le parti libéral et l’Église et qui vise à obtenir l’interdiction de la marche fasciste.

 La tête du cortège de l'ALCARAF avec R. Godsiff, Maire de Lewisham (portant une chaine), M. Power du parti communiste, M Stockwood, l'évèque de Southwark, et M. Savitt représentant de la communauté juive britannique.

La tête du cortège de l’ALCARAF avec R. Godsiff, Maire de Lewisham (portant une chaine), M. Power du parti communiste, M Stockwood, l’évèque de Southwark, et M. Savitt représentant de la communauté juive britannique.

Fin juillet ils remettent 1500 pétitions en ce sens au chef de la police qui reste inflexible. Cet échec décidera alors l’ALCARAF à appeler à une manifestation pacifique, devant se dérouler à Lewisham le matin de la marche fasciste et se dissoudre suffisamment tôt pour ne pas croiser (et donc affronter) la marche fasciste.

Le comité de défense des 21 lui, persiste sur sa ligne d’empêcher la marche fasciste et, le 1er aout, il initie la constitution d’un Comité Ad Hoc d’organisation du 13 aout, (dont le porte-parole sera Ted Parker, du SWP) qui se donne pour but d’organiser un rassemblement intitulé « ils ne passeront pas » à midi à Clifton Rise (soit au même lieu mais deux heures avant le rassemblement des fachos).

Les manifestants bloquant Clifton Rise à l'appel du comité Ad Hoc

Les manifestants bloquant Clifton Rise à l’appel du comité Ad Hoc

Pour rajouter à la confusion, un troisième appel antifasciste émerge pour le 13 août. L’ARAFCC, fédération de l’ensemble des comités anti-racistes et anti-fascistes du Grand Londres (dont l’ALCARAF) appelle à participer à la marche matinale de l’ALCARAF mais également à venir bloquer physiquement la marche fasciste en rejoignant ensuite Clifton Rise à 13h. Malgré une tentative, il n’y aura pas d’entente entre l’ARAFCC et le comité ad hoc pour unifier leurs deux appels au blocage physique.

C’est donc un peu le bordel du côté de l’organisation mais la détermination à bloquer la marche fasciste est là. Le NF semble accepter le défi, Webster déclarant à la presse « la seule façon de battre le communisme, c’est de l’affronter ». Les élus travaillistes flippent et plusieurs d’entre eux (dont le maire de Lewisham) réessayeront en vain de convaincre le chef de la police d’interdire la marche fasciste en vertu des ordonnances de 36, suite à la bataille de Cable Street. Le très institutionnel ALCARAF a également peur et demande à ce que des cordons de police viennent bloquer le passage entre le lieu de fin de leur manif matinale et Clifton Rise, pour empêcher les manifestants de rejoindre le lieu de blocage et assurer la dispersion.

La marche du NF sous haute protection policière

La marche du NF sous haute protection policière

Les pouvoirs publics essayent donc de se faire rassurants et annoncent la présence de 2000 policiers, équipés de 200 casques et boucliers anti-émeutes (ça peut paraitre risible, mais c’était la première fois qu’un tel équipement était utilisé sur le sol anglais, la police britannique le réservant jusqu’alors pour l’Irlande du nord). Plus, les magasins et bâtiments publics seront fermés, des personnes âgées ou handicapées déplacées…

La bataille de Lewisham a bien lieu

On ne va pas s’étendre sur les détails des différentes manifestations et affrontements (on trouvera autant de détails que possible sur ce site), mais il est clair que les fascistes (entre 2000 et 4000 venus de tout le pays suivant les sources) ont pris une sacré déculottée! Rien qu’à la manif matinale de l’ALCARAF, il y avait plus de 5.000 personnes, dont une grand majorité a rejoint les points de blocages. Les flics ont fait de leur mieux pour protéger les fachos, chargeant les antifascistes à de nombreuses reprises.

 La police montée ouvre la voie pour permettre aux fascistes de manifester (photo Paul Trevor)

La police montée ouvre la voie pour permettre aux fascistes de manifester (photo Paul Trevor)

C’est avec la police montée leur ouvrant la voie  et escortée de plusieurs rangs de policiers en protection rapprochée que la marche fasciste parvint à prendre le départ et faire son entrée dans Lewisham. Cependant, les antifascistes eurent tôt fait de se regrouper de nouveau et bloquèrent High Street. La protection policière ne suffit pas car les flics perdirent régulièrement le contrôle.

Dur pour les flics parfois!

Dur pour les flics parfois!

De nombreux antifascistes ont atteint le cortège fasciste qui subit de durs assauts et perdit un certain nombre de plumes (et de bannières). Finalement, le cortège fasciste et ses flics ouvreurs n’atteignirent jamais leur but au centre de Lewisham. Le NF se rassembla brièvement… sur un parking avant d’être exfiltré par la police. Il fallut en tout 17h d’affrontements aux policiers pour reprendre le contrôle du centre de Lewisham et des affrontements sporadiques eurent lieu jusqu’au lendemain soir.

Dans vos gueules les fachos (photos Peter Marlow)

Dans vos gueules les fachos (photos Peter Marlow)

La victoire fut surtout celle de la jeunesse populaire et métissée du sud est londonien. Le NF fut sérieusement émoussé par cet épisode. Ni les tentatives de l’ALCARAF de canaliser la population, ni l’incapacité à s’entendre de l’ ARAFCC et du comité Ad Hoc ne vinrent à bout de la détermination de jeunes excédés de subir le racisme quotidiennement. Cette leçon d’unité à la base et de détermination reste des plus valables.

La bataille de Lewisham : Une manifestation populaire et métissée

Une manifestation populaire et métissée

Plus d’informations sur:

lewisham77.blogspot.com

http://www.dkrenton.co.uk/lewisham_1977.html

Documentaire sur les antifascistes russes WIN

Être antifasciste en Russie, ce n’est pas facile, et pourtant, ils sont un certain nombre à avoir choisi d’occuper ce terrain, contre les bandes fascistes meurtrières qui ont souvent l’assurance de l’impunité, contre la répression d’Etat et les violences policières, ils tiennent le pavé, combattent les fachos dans la rue mais aussi par la création culturelle, la production intellectuelle, en faisant vivre des lieux de vie, par l’action sociale… En 2008, le collectif « les enfants de Bakounine » a réalisé un très bon reportage intitulé « Antifa Attitude » qui donne la parole aux antifascistes russes et nous plonge dans leur quotidien, tout en montrant leur diversité.

Le reportage date un peu mais reste pleinement d’actualité. Surtout, il en existe depuis cette année une version sous-titrée en français (on peut remercier pour cela Kaboc et Allpower du forum Resistance.tk) ce qui permet aux piètres polyglottes de suivre. A regarder et à méditer.

En avant goût, on vous offre quelques photos d’antifascistes russes.

Antifascistes russes : Ses camarades rendent hommage à Ivan Khutorskoy, fondateur du RASH Moscou assassiné le 16 novembre 2009.

Ses camarades rendent hommage à Ivan Khutorskoy, fondateur du RASH Moscou assassiné le 16 novembre 2009.

Antifascistes russes : Le RASH Moscou

Le RASH Moscou

Antifascistes russes : Militante du RASH Saint-Petersbourg

Militante du RASH Saint-Petersbourg

Antifascistes russes : Cortège antifasciste et libertaire à St-Petersbourg

Cortège antifasciste et libertaire à St-Petersbourg

Le 19/01/2010, 600 antifascistes russes manifestent à Moscou contre les assassinats dont ils sont victimes, par -20° et malgré la répression policière qui fut très violente.

Le 19/01/2010, 600 antifascistes russes manifestent à Moscou contre les assassinats dont ils sont victimes, par -20° et malgré la répression policière qui fut très violente.

Dictature socialo-bolchévique FAIL

Depuis quelques mois, ils l’ont suffisamment répété; nous vivons en dictature. Une dictature souvent qualifiée de dictature socialiste, voir dictature soviétique, voire dictature socialo-bolchévique ! Et tout le monde (ou presque) nous l’a dit.

Les orgas et « personnalités » d’extrême-droite nous l’ont dit:

Civitas parle de "dictature"Hollande "dictateur"Yvan Benedetti veut mettre à bas la "dictature socialiste"Manif pour tous : Bongibault compare Hollande à Hitler

 

La joyeuse petite famille des blogueurs réacs nous l’a dit unanimement:

Atlantico dénonce la dictature de Hollande et de la pensée de gaucheHollande mixé avec Mao, "semi-dictature" et "Etat policier"Encore "la dictature c'est maintenant""Non à la dictature de Hollande""Dictature socialiste" et Hollande "gros timonier"

 

Les élus UMP nous l’ont dit:

Cet élu UMP dénonce la dictature fiscale de Hollande

 

Le complot juif nous l’a dit:

 Le dictateur "Hollande 1er"

Les footballeurs nous l’ont dit:

Willy Sagnol trouve qu'une taxe est une dictature...

Même les petits n’enfants (que personne n’a manipulé ni influencé) nous l’ont dit!

"Police politique" et "dictature"

Du coup, on a finit par le croire, youpie! Enfin la dictature du prolétariat! On allait coxer du versaillais à gogo ! On pouvait jeter nos cagoules, maintenant on avait l’Etat, ses flics et sa justice de notre côté, la répression allait changer de camp!

Pourtant, cet été, ça ne nous est pas paru évident qu’on était sous une dictature socialiste. Par exemple, le 14 août à Marseille, lors du contre-rassemblement antifasciste face au FN, ce sont les antifas que la  « police d’Etat » de la « dictature socialiste » a gazés, matraqués et arrêtés.

La police "socialiste" gaze les antifascistes le 14/08/2013 à Marseille

La police « socialiste » gaze les antifascistes le 14/08/2013 à Marseille

Y aurait-il eu tromperie sur la marchandise? Non, fin août, les veilleurs nous apportaient deux bonnes nouvelles. D’une part  la police les aurait laissé se faire agresser par des hordes de lesbiennes et de lgbt-antifa hystériques sans intervenir pour les protéger lors de la veillée du 27 à Couëron, d’autre part leur manifestation parisienne du 31 serait interdite apprenait-on la veille. ça commence à sentir bon, peut-être qu’il fallait juste laisser le temps à notre nouveau régime de purger les derniers bourgeois capitalistes-démocrates qui étaient restés à la tête de la justice et de la police avant d’établir sa dictature socialo-bolchévique ?

La tendance à l’optimisme était immédiatement renforcée par l’annonce de l’ignoble censure qui a frappé les veilleurs. Non contente d’interdire leur démonstration de force parisienne et de les laisser se faire massacrer, la dictature socialiste a fait retirer de Youtube la vidéo que les veilleurs avaient posté pour montrer au monde entier la violence démoniaque qui s’était abattue sur eux avec la complicité passive des forces de l’ordre.

Bon, il faut bien comprendre que quand on a finalement pu visionner la vidéo sur Youtube on a été doublement déçus. D’une part, si elle a finalement pu rester en ligne, c’est que la censure révolutionnaire n’était pas encore au top, d’autre part, des agressions violentes, des coups etc. annoncés, on n’a pas vu grand chose. Tout juste de jeunes gens qui faisaient bien du bruit pour couvrir les pigneries emplies de foi (ceux qui ont la foi gémissent et le foie de génisse) des veilleurs, quelques slogans sarcastiques (Des classiques « Ah si Marie avait connu l’avortement… » ou « les grenouilles au bénitier, les gouines en liberté » au plus original « Nous on n’enterre pas nos enfants sous la terrasse », kassedédi à Dupont de Ligonnès).

Hélas, le 1er septembre, deux infos nous parvenaient confirmant que non, la dictature socialo-bolchévique, ce n’est pas maintenant, que les blogueurs réacs, les organisations et personnalités d’extrême-droite, les élus UMP, le complot juif et les petits n’enfants (que personne n’a manipulé ni influencé) prennent juste trop de drogue (les footballeurs eux n’ont pas besoin de drogue, ils prennent trop de ballons sur le crâne pour être lucides).

La première nous fut rapportée le 1er septembre mais concerne la veillée du 28 aout, à Nantes. C’était la dernière étape de la marche des veilleurs avant l’arrivée clandestine à Paris. Pour l’occasion, les homophobes avaient mobilisé assez massivement la bigoterie Ligérienne et vendéenne. En toute logique, en face, des progressistes de tous poils, notamment venus de la ZAD toute proche, sont venus se faire entendre. Immédiatement, on a pu constater que rien n’avait changé dans ce moche pays. Comme toujours les forces de l’ordre ont protégé les croisés de l’homophobie d’agressions hypothétiques (on les comprend, nous aussi nous sentons très agressés par les batucadas !). Comme toujours, gaz, matraquages, usage illégal des flashball et arrestations ont été pour les défenseurs de l’égalité pas pour ceux qui passent leur temps à débiter des conneries homophobes pourtant interdites par la loi.

Veilleurs Nantes

Quant à la fameuse marche finale des veilleurs sur Paris, elle a quand même été interdite, non ? Hum, disons que les socialauds ont trouvé un moyen de ne pas perdre la face. Ils ont dealé un truc avec les veilleurs; pas de manifestation en cortège déambulatoire afin que le ministre de l’intérieur ne passe pas encore plus pour un con que d’habitude, en échange ses sbires en bleu n’emmerdent pas les veilleurs et les laissent tranquillement faire leur rassemblement place de la concorde. C’est ce qui fut fait, on s’arrange bien entre socialauds et fachos-réacs.

Enfin, le 14 septembre, les nervis fascistes avaient appelé à une grande manifestation de soutien à leur camarade Esteban Morillo, assassin de l’antifasciste Clément Méric. De plus, le collectif SOS Tout petit avait ce jour là sa prière de rue mensuelle contre le droit à l’avortement à Tenon. Bien évidemment, les antifascistes, bien que beaucoup soient en déplacement à Marseille ce jour là, avaient décidé de ne pas lâcher le terrain aux complices du meurtrier fasciste et avaient annoncé des contre-initiatives. Le pouvoir ne s’est pas emmerdé à faire dans le détail, il a du même coup interdit toutes ces manifestations, celle des amis d’assassins comme des amis de victime, celles des fascistes et des sexistes comme celles des féministes et antifascistes. Bien sûr, des fachos comme des antifa sont quand même venus sur Paname. Si je vous dis qu’il y a eu au final 10 interpellations dont neuf suivies de garde à vue, devinez comment elles se répartissent?

Et oui, évidemment, une simple interpellation côté fachos et les neuf GAV pour les antifa !

Les antifascistes ne peuvent rien attendre de l’Etat, qu’il soit dirigé par le PS ou l’UMP, il ne feront rien contre les fachos qui servent avec zèle le capital et n’offriront aux antifascistes conséquents (donc anticapitalistes) que la répression, encore et toujours.

Bon, en vrai on vous l’avoue, on n’y a jamais trop cru à cette histoire de dictature socialo-bolchévique ! Vous savez pourquoi? Si il y avait réellement une dictature socialiste, les réacs et fachos de tous poils n’auraient peut-être pas la liberté de se plaindre partout dans les média et sur internet ! Ou alors ce serait une dictature socialo-bolchévique en carton, qui mériterait un EPIC FAIL pour son inefficacité!

Mort du front républicain FAIL

Marine Le Pen a affirmé lors de l’université 2013 du Front National qui s’est tenue à Marseille que le front républicain est mort. Ces propos font suite à l’appel de François Fillon à choisir entre PS et FN au coup par coup lors de seconds tours des élections municipales 2014 auxquels ne serait pas l’UMP (en gros la nouveauté, c’est qu’il dit qu’il faudra parfois voter FN face au PS). En s’appuyant sur la question des Roms, FailFaf vous prouve qu’il n’en est rien, le front républicain n’est pas mort, il a juste un peu muté. Pendant longtemps le front républicain consistait en un accord électoral entre formations politiques bourgeoises de droite et de gauche pour battre le FN au second tour (accord cependant souvent trahi par des alliances droite-FN, notamment par l’ancienne UDF). Le front républicain new-look consiste à tous dire la même chose que le FN afin d’essayer de lui piquer des voix… une nouvelle version bien entendu tout aussi contre-productive que la précédente!

                     Le front républicain va toujours de la droite:

Le maire UMP de Croix, Régis Cauche, prêt à soutenir qui assassinerait un rom

Le maire UMP de Croix, Régis Cauche

Ce mignon maire UMP appelle ses administrés à manifester contre la présence de familles Rom qu’il accuse de vols et de « pillages ». Il a prédit « un dérapage comme le bijoutier de Nice », précisant « et si un Croisien commet l’irréparable, je le soutiendrai. » puis a confirmé maintenir ses propos « Les Roms n’ont rien à faire à Croix. Oui, s’il y a un dérapage, j’apporterai mon soutien. La population en a assez. »

                       à la « gauche »:

Samia Ghali, sénatrice PS de Marseille ne condamne pas et comprend ceux qui incendient les camps de roms

Samia Ghali, sénatrice PS de Marseille

La sulfureuse sénatrice PS, connue pour rêver de reconstituer le siège de Homs dans la cité phocéenne, avait affirmé au sujet des « citoyens » qui avaient viré des Roms en brûlant leur camp avec toutes leurs affaires « ne pas les condamner » et « les comprendre ».

en passant par le « centre » droit:

Gilles Bourdouleix trouve qu'Hitler n'a pas tué assez de gens du voyage...

Gilles Bourdouleix, maire de Cholet, président du CNIP, ex UDI

Le 21 juillet dernier, Bourdouleix n’y est pas allé par quatre chemin pour essayer d’imposer sa dure loi. Devant des gens du voyage (je n’ai trouvé l’info nul part mais il parait probable qu’il s’agisse de sinté, donc de roms), il a déclaré sans détours « Comme quoi Hitler, il n’en a peut-être pas tué assez ». Point Godwin oblige, l’UDI l’a rapidement condamné et écarté, par contre le bureau politique du CNIP, parti dont il est président, lui a accordé un soutien unanime.

Il faut dire que tous, ils font mieux qu’égaler leur mentor:

kitd.html5loader(« flash_kplayer_13187f365e8s », »http://api.kewego.com/video/getHTML5Thumbnail/?playerKey=6fb32f01e9ad&sig=13187f365e8s »);

 

Alors, est-ce qu’ils ne font pas un joli front républicain nouvelle mouture, bien uni et dans lequel le FN est parfaitement à sa place?

Nazi-chic : provocation FAIL

Aujourd’hui, on connait un regain de succès du décorum nazi dans des milieux déconnectés de toute notion politique, une mode nommé le Nazi-chic. Un peu partout dans le monde mais surtout en Asie, des hipsters, des punks, des emo, trouvent que ça fait super chic de se balader avec un totenkopf, une croix gammée ou une croix de fer sur ses fringues, voir directement avec une imitation d’imper de la Gestapo. Pour être crédible, il s’agit de ne pas se pointer en hurlant au nazi, pour autant, il est hors de question de laisser ces symboles se banaliser en leur offrant une autonomie par rapport à la symbolique nazie dont ils sont chargés, faute de quoi c’est leur usage politique qui se banalisera ipso facto.

Cet attrait pour l’imagerie nazie n’est pas un fait totalement nouveau, dans les années 70, elle était très présente dans le milieu punk précurseur du Nazi-chic et a effectivement présenté une ouverture pour les militants nazis qui ont eu moins de mal à s’y insérer. Le nettoyage du milieu punk de toute référence nazie (en dehors de cercles restreints réellement nazis) a été le fruit d’un long combat et il ne faut pas occulter cette histoire. Il faut au plus vite faire un travail de conviction dans les milieux qui ne trouvent pas ça dérangeant, reprenant parfaitement l’argumentaire de n°4 en disant qu’il faut en finir avec le mythe intouchable. Briser le mythe ne servira qu’à ceux qui veulent réhabiliter l’idéologie avec l’esthétique.

La croix gammée est omniprésente dans l’univers rock et particulièrement punk des années 70. Ceux qui l’arboraient (ainsi que d’autres insignes nazies) n’étaient bien sûr généralement pas nazis. Être jeune dans les années 70 signifiait être de la génération directement après celle qui a connu la seconde guerre mondiale. En Angleterre, aux USA, au Canada, en France… il n’y avait probablement pas de sujet plus sensible pour la génération des parents de ces jeunes là. Ainsi, afficher les insignes nazis était la provocation ultime pour ces jeunes « rebelles » des années 70. C’était évidemment surtout la connerie ultime, d’autant plus que le seul goût de la provocation ne suffit pas toujours à expliquer cette attirance pour l’imagerie du 3è reich (ainsi,  chez les punks première vague et les proto-punks, certains étaient particulièrement intéressés par l’aspect mystico-occulte du régime nazi, ou se sont dit fascinés par le charisme de Dodolf Hitler…). Mais comme souvent, la connerie a connu un succès fulgurant chez les artistes proto-punks et dans la première vague punk. Le jeu du jour consiste donc à reconnaître les différents personnages à croix gammée ci-dessous. Peut-être y reconnaitrez vous votre artiste préféré et apprendrez-vous à n’en porter aucun sur un piédestal, parfois les mythes tombent et c’est ce qui peut leur arriver de mieux…

Provo-failer n°1

Sid Vicious portant la croix gammée

On commence par du facile, vu qu’il s’agit indubitablement du punk dont le port de la croix gammée est le plus célèbre. Si vous avez quand même besoin d’un indice, le re-voici, ci-dessous avec sa compagne, presque aussi célèbre.

Sid Vicious portant la croix gammée et Nancy Spungen

Provo-failer n°2

Brian Jones déguisé en SS et Anita Pallenberg

Provo-failer n°2 est en fait le provo-failer number ouane, vu qu’il fut le premier célèbre pour cette provocation douteuse en 1966.

Provo-failer n°3

John Lydon, dit Johnny Rotten portant la croix gammée et faisant un salut nazi

Petit indice, provo-failer n°3 a fait parti du même groupe que n°1, même si, comme on le verra, le port de croix gammée était chez lui moins habituel et moins assumé.

Provo-failer n°4

Susan Janet Ballion dite Siouxsie Sioux, addict à la croix gamméeSusan Janet Ballion dite Siouxsie Sioux, addict à la croix gammée

Qui est cette jeune demoiselle au brassard nazi? Premier indice, elle a joué avec provo-failer n°1 (mais pas n°3) et était une habituée de l’esthétique nazie.

Provo-failer n°5

Affiche d’Electric Eels avec des croix gammées

Affiche d'Electric Eels avec le marteau et la faucille

Quoi, vous voulez encore un indice? Et vous ne voulez pas que je vous donne directement le nom pendant qu’on y est ? Ah oui, c’est vrai, c’est ce que j’ai fait. Désolé mais malgré les nombreux témoignages écrits, je n’ai pas trouvé de photos des membres du groupe arborant des insignes nazis. Dans le même temps, ce groupe m’a paru trop important pour le sauter (allez voir la réponse pour comprendre pourquoi), du coup j’ai mis une affiche, alors oui, c’est vrai, sur une affiche de concert, il y a (souvent) le nom du groupe, même quand il s’agit de punk!

Provo-failer n°6

Stiv Bators, chanteur des Dead Boys

C’est qui ce gus? Il ne vous dit rien? On le retrouve ci-dessous avec les membres de son groupe. Le mélange des genres vous rappelle quelque chose? Ce n’est pas un pur hasard!

Les Dead boys, avec figures communistes et maoistes.

Ci-dessous, une autre photo du groupe sur scène, hélas plus en adéquation avec le thème de ce jeu.

Les Dead boys sur scène avec leur batterie nazie

Provo-failer n°7

Les new-York Dolls avec une croix gammée

Bien que plus proches géographiquement des n° 5 et 6, les provo-failer n°7 ont un lien évident avec les n°1, 3 et 4. Vous n’y comprenez plus rien? C’est normal.

Provo-failer n°8

Ron Asheton, guitariste des Stooges, déguisé en nazi pour égorger son chanteur, Iggy Pop

On a au moins là un vrai effort de mise en scène. Le problème, c’est que l’égorgeur du groupe est passionné par tout le décorum nazi depuis sa tendre adolescence, passion qui va bien au delà de la provocation ponctuelle.

Provo-failer n°9

"Day-Glo Svastikas" d'Arturo 'Ramones' Vega

Mais qui avait fait de ces « Day-Glo Svastikas » sa spécialité?

Un indice? Voici le groupe dont il assurait la déco et la communication.

Les Ramones dans un bunker décoré d'une croix gammée

Provo-failer n°10

Jimmy Page, guitariste et fondateur de Led Zeppelin a une belle casquette de Nazi !Jimmy Page, guitariste et fondateur de Led Zeppelin a une belle casquette de Nazi !

Il parait qu’il aurait fait ça pour rester à la … page!

Provo-failer n°11

David Bowie faisant le salut Nazi

David Bowie faisant le salut Nazi

Chez lui, les incartades ont été répétées et y compris théorisées et intellectualisées. Cependant, ça n’a pas duré longtemps et dans la période où il se piquait le plus… de là à l’excuser! Un indice? Il est beau, oui.

Provo-failer n°12

Steven Leckie, alias nazi dog, chanteur et leader des Viletones

Bon celui-là, non seulement il n’est pas connu, mais en plus il n’est pas reconnaissable. Alors pourquoi je l’ai mis lui, alors que tant d’autres auraient pu figurer ici et n’y sont pas? Parce que je me suis rendu compte que j’avais parlé du Canada en intro, or, une intro, c’est une sorte de contrat à honorer !

 Réponses

1/ Sid Vicious, éphémère. Éphémère batteur de Siouxsie and the banshees, éphémère bassiste et parfois chanteur des sex pistols, éphémère artiste solo… Éphémère.

2/Brian Jones, guitariste et harmoniciste des Rolling Stones (et probablement le plus talentueux du groupe) . En 1966, il pose en uniforme SS pour une série de photo en compagnie d’Anita Pallenberg (sa compagne d’alors) pour la couverture du magasine Stern. La couverture ne sera jamais publiée mais les photos ont rapidement fuité, provoquant un tollé du diable. Jones se défendit immédiatement en déclarant « I wear a Nazi uniform to show I am anti-Nazi. The meaning of it all is there is no sense to it » (en gros « je porte un uniforme nazi pour montrer que je suis anti-nazi. La signification de tout ça, c’est que ça n’a pas de sens »). S’il n’est pas question d’affubler Brian Jones d’un quelconque militantisme nazi, cette histoire d’acte engagé anti-nazi ne tient pas trop la route et il est évident pour tout le monde qu’il s’agit plutôt d’une provocation non-assumée, teintée d’une fascination (ce qui ne veut pas dire admiration) avérée pour le nazisme, partagée entre autre avec Keith Richards. D’ailleurs, la réponse d’Anita Pallenberg est bien loin d’une revendication militante : ‘It was naughty, but what the hell! He looked good in an SS uniform!’” (« C’était mal, mais bon dieu! Ce qu’il avait la classe en uniforme nazi! »). En réalité, c’est elle qui a été la plus clairvoyante puisque effectivement nombre de rockers et punk ont par la suite dit avoir trouvé Brian Jones tellement swagg que ça leur a donné envie de faire pareil.

3/Johnny Rotten. Le leader et chanteur des sex pistols était un grand proche de Sid. C’est plutôt en suiviste qu’il s’est laissé allé à un ou deux salut nazi et port de croix gammée, car en fait ce n’était pas vraiment son trip. Il a d’ailleurs tenu à l’égard de ses amis fans de svastika ces propos surprenamment pertinent pour Johnny Pourri : « I thought [provo-failer 4] and Sid were quite foolish, »  « Although I know the idea behind it was to debunk all this crap from the past, wipe history clean and have a fresh approach, it doesn’t really work that way. »(England’s Dreaming, de Jon Savage, St Martin’s Press 1992, p240 – 242) (« Je pensais que [provo-failer 4] et Sid étaient assez stupides » « Même si je sais que l’idée était de démystifier toute cette merde du passé, de balayer l’histoire afin d’avoir une approche nouvelle, ça ne marche pas vraiment comme ça ».

4/Siouxsie Sioux. La chanteuse adorait afficher la croix gammée, au point d’en mettre Rotten mal à l’aise. Dans son autobiographie (Rotten par Lydon, p. 108), il écrit « Siouxsie Sioux  fut un cauchemar quand nous sommes allés à Paris. La folle, elle ne portait pratiquement rien excepté des svastikas et un soutien-gorge transparent – dans un pays anciennement occupé par les nazis !« .

Siouxsie Sioux alliant provocation sexuelle et nazie !

« elle ne portait pratiquement rien excepté des svastikas et un soutien-gorge transparent »

Elle est la preuve vivante que la thèse de la provocation générationnelle n’est pas une fausse interprétation exogène, ayant déclaré à la réalisatrice Mary Harron en 1976 « It was always very much an anti-mums and anti-dads thing. We hated older people…always harping on about Hitler. » (cité par Jon Savage, op. cit.) (« il y avait toujours beaucoup de trucs anti-mamans et anti-papas. Nous détestions les gens plus vieux… toujours à rabacher à propos d’Hitler »).

Allons, comme on ne va pas tous les faire à la suite, autant le dire cash; dans toute la bande du Bromley Contingent, ils étaient un paquet à jouer sur les codes nazis. Par exemple sur la photo ci-dessous,  Siouxsie ne porte pas de croix gammée mais sa copine Debbie Juvénile si.

Debbie Juvénile portant un T-shirt à croix gammée. A sa gauche, Siouxie Sioux.

Debbie Juvénile portant un T-shirt à croix gammée. A sa gauche, Siouxie Sioux.

Il y a une théorie qui existe sur l’omniprésence de croix gammées dans ce milieu, elle vaut ce qu’elle vaut mais mérite d’être citée. La croix gammée aurait fait son arrivée dans le milieu via le magasin de Vivienne Westwood et Malcom MacLaren sis au 430 kingsroad à Londres. Quand en 1974, la boutique devint Sex, il n’y a pas que l’univers sado-masochiste et pornographique qui y firent leur apparition. Vivienne Westwood prit un malin plaisir à y introduire la croix gammée qui fit tout d’abord son apparition dans ses propres créations. La plupart des T-shirts floqués nazi portés par les membres de la bande étaient de ses créations. Cette même année ses vêtements furent utilisés par Ken Russel pour son film Mahler, dont la magnifique mini-jupe ci-dessous, ce qui ne serait pas étranger dans la passion du symbole autour d’elle.

Mini-jupe brodée d'une croix gammée, réalisée par Vivienne Westwood pour Mahler, le film de Ken Russel

Mini-jupe brodée d’une croix gammée, réalisée par Vivienne Westwood pour Mahler, le film de Ken Russel

Westwood fit aussi une chemise sur laquelle se côtoyaient la croix gammée et le portrait de Marx ! Vers 1975, le nazisme devenait obsessionnel chez elle et, selon Jon Savage (op. cit.) la boutique était pleine d’objets nazis qu’elle y avait apportés. Une précurseur du Nazi-chic.

 5/Electric Eels. Les anguilles électriques, c’est le proto-punk prolo directement issu de Cleveland, rien avoir avec les glam-rockers arty de new-york… Au mitan des années 70, ils ont joué une éspèce de free jazz noisy qui déménage, accompagnant leurs rares concerts de bastons et de provocations. La symbolique néo-nazie était très présente chez eux, des croix gammées aux inscriptions white power. Si ce groupe, qui n’est pas le plus connu des provo-failer, méritait absolument d’être cité c’est qu’il a influencé beaucoup de groupes de la première vague punk US et notamment les meilleurs… pour le pire!

6/Stiv Bators, chanteur des Dead Boys. C’est très suggestif, mais voilà ce que j’entends par le meilleur de la première vague punk US. Et voilà en quoi les Electric Eels les ont aussi influencé pour le pire ! Au moins, contrairement aux Electric Eels, les dead boys ne se sont jamais amusé à entretenir la confusion sur ce qu’ils pensent politiquement des idées nazies, qu’ils ont clairement rejetées. Il n’en reste pas moins qu’ils sont parmi ceux qui sont allé le plus loin dans l’utilisation permanente de l’imagerie SS, allant jusque créer une espèce d’ordre où les insignes à croix de fer, jouaient un rôle prépondérant.

7/New-York Dolls. Et oui, même si ce n’était pas leur spécialité, les Dolls s’y sont prêtés… dans la période où ils étaient managés par Malcolm McLaren, sûrement une pure coïncidence …

8/Ron Asheton, le guitariste (puis bassiste après la reformation du groupe) des Stooges ici en train d’égorger son chanteur Iggy Pop (geste qu’il rêvera sûrement par la suite de faire pour de vrai).

9/ Arturo Vega, le « ministre de la propagande » des Ramones, principalement connu pour avoir créé leur logo, assurait aussi la déco de leurs lieux de vies (surtout qu’ils ont longtemps habité chez lui) avec ses toiles. A noter que les Ramones n’avaient pas besoin de lui pour ce genre de provocations, ils ont notamment assuré un concert en portant tous des croix de fer autour du cou… cadeau des dead boys !

10/Jimmy Page. Le guitariste et fondateur de Led Zeppelin s’y est mis sur le tard, mais y a sombré quand même. Cette provocation d’autant plus douteuse qu’elle devenait commune, lui a pris en 77 lors de la première tournée depuis le long arrêt lié au grave accident de Robert Plant, le chanteur du groupe. Les mauvaises langues diront que le seul but était de concurrencer sur leur terrain les punk et particulièrement les Sex Pistols, qui commençaient à les éclipser…

11/David Bowie. En 1976, Bowie est totalement toxico, c’est lors d’un voyage à Berlin qu’a été prise la photo sur le journal (c’est très paradoxal que ce soit la ville où il a touché le fond puisque c’est en s’installant dans cette ville un an plus tard qu’il trouvera le chemin de sa rédemption). Dans cette période, Bowie ne se contente pas de taper des zieg heil, il fera plusieurs déclarations se revendiquant du nazisme. La plus connue est l’interview à Playboy en septembre 1976 (mais c’est loin d’être la seule déclaration du genre):

« Vous avez souvent dit que vous croyez très fortement dans le fascisme. Pourtant, vous affirmez également que vous serez un jour en lice pour le poste de premier ministre de l’Angleterre. Une manipulation médiatique de plus?

Jésus! Tout est manipulation des médias. J’aimerais entrer en politique. Je le ferai un jour. J’adorerai être Premier ministre. Et, oui, je crois fermement dans le fascisme. La seule voie pour sortir du genre de libéralisme fétide du moment, c’est l’extrême-droite, la tyrannie totalement dictatoriale et d’en finir aussi vite que possible. Les gens ont toujours répondu avec une plus grande efficacité sous une direction autoritaire. Le déchet libéral du moment dit «Eh bien, maintenant, quelles idées avez-vous? » Montrez-leur ce qu’il faut faire, pour l’amour de Dieu. Si vous ne le faites pas, rien ne sera fait. (…) Adolf Hitler était l’une des premières stars du rock (…) Je pense qu’il était aussi bon que Mick Jagger. C’est incroyable. (…) Le monde ne verra jamais son pareil. Il a mis un pays en scène. »

Rendons tout de même hommage à Angie, son épouse d’alors qui l’a quitté dès le premier salut nazi.

12/Steven Leckie chanteur et leader du groupe de la 1ère vague punk canadienne The Viletones. Ce groupe n’est aujourd’hui pas très connu en France, mais c’est pourtant un groupe majeur de la scène punk nord-américaine de la fin des années 70. Oups, un détail, le surnom de Steven, c’était nazi dog.